MÉCANISME EUROPÉEN DE STABILITÉ :

le courage du Front de gauche

À voir la hargne toute réactionnaire qui s’est déployée à l’Assemblée, on ne peut que saluer le courage politique des députés 
du Front de gauche qui sont les seuls 
à avoir réclamé et obtenu un vote solennel sur les traités instituant le mécanisme européen de stabilité.


12 mars 2012

Et tenu tête à cette droite qui, suivant son chef comme un seul homme, accompagne en meute hurlante le «  putsch austéritaire  », selon le mot de Pierre Laurent, avec la signature au Conseil européen du traité Merkel-Sarkozy. On laisse à Daniel Cohn-Bendit sa réaction de dépit de voir les députés de son camp ne pas le suivre dans l’alignement le plus plat sur la ligne ultralibérale qui lance son offensive ces jours-ci.

Car, derrière les termes technocratiques, la machine de guerre contre les peuples tourne à plein régime. D’un côté, le mécanisme élaboré prétendument pour aider les pays européens « en difficulté » conditionne ses crédits à des plans d’austérité drastiques déterminés en toute opacité par la Commission européenne et la Banque centrale européenne.

De l’autre, leur obtention est subordonnée à la ratification par les pays demandeurs du traité Merkozy mis en route ce 1er mars et instituant la règle d’or budgétaire, soit la mise sous tutelle des budgets nationaux par les mêmes instances supranationales et non élues. Plutôt que de s’attaquer à la spéculation financière et à son bras armé, les agences de notation, plutôt que de réorienter le rôle de la BCE vers une aide directe aux États plutôt qu’aux marchés, les actuels dirigeants européens visent à enfermer nos peuples dans une camisole de force.

L’infâme chantage en cours s’appuie sur le sort de la Grèce. Parlons-en ! Huit plans d’austérité, et la misère qui gagne un tiers de la population, les hôpitaux publics sabordés, le chômage qui explose à 40 % des jeunes, tout comme les suicides, la toxicomanie… Voilà pour l’efficacité sociale de ces plans. Et pour l’exemplarité, ces textes, comme le modèle dont rêverait un Sarkozy II, devraient nous amener à suivre la voie d’une Allemagne où la soupe populaire est le lot de millions d’hommes et de femmes, dont plus de deux millions de salariés gagnent moins de 5 euros de l’heure, et où les retraités, par centaines de milliers, de 65 à 74 ans, doivent chercher un travail pour tenter de se nourrir.

«  Sommes-nous condamnés au sarkozysme à perpétuité, même si nous chas-sons Nicolas Sarkozy de l’Élysée ? Sommes-nous condamnés à l’austérité même si nous votons contre ? » s’interroge Jean-Luc Mélenchon dans 
une tribune parue dans la presse. Tel est l’enjeu 
de ce mécanisme et du traité. Comment combattre efficacement l’austérité et la finance tueuses 
de croissance et d’emploi ? En se taisant ? Ou en envoyant un message de fermeté et d’espoir ?

La question sera posée 
au peuple le 22 avril et lors des prochaines législatives.


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