Vaincre la pauvreté en milieu rural

La France compte plus de 8 millions de personnes pauvres. La situation des plus vulnérables s’est dégradée et s’accentue de plus en plus dans le contexte actuel d’austérité aggravée. Qu’en est-il en milieu rural ?


9 décembre 2013

Le taux de pauvreté moyen dans l’espace rural est plus élevé (de 3 à 4 points) par rapport à celui de l’espace urbain.

Dans plus d’un tiers des départements de France métropolitaine, le taux de pauvreté dans la population rurale, dépasse les 20%.

Les situations ne sont pas identiques selon le degré d’enclavement des territoires ruraux, la densité et la nature de leur tissu économique, le dynamisme de leur démographie.

Parmi ces populations concernées par la pauvreté et la précarité, on trouve des agriculteurs dont l’exploitation dégage peu ou plus de revenus, des personnes victimes de la désindustrialisation, des personnes âgées à faibles revenus, isolées et mal logées ainsi que des jeunes sans qualification et parfois en rupture familiale. Ces catégories de la population font peu valoir leurs droits.
On trouve aussi des néo-ruraux installés à la campagne pours des raisons de coût du logement et confrontés à des difficultés financières, des familles urbaines en situation de pauvreté s’installant en milieu rural et des personnes en « errance ».

Pour ces publics, le milieu rural a parfois été idéalisé, sans prise en compte suffisante des problèmes de mobilité, d’organisation de garde des enfants, de rareté de l’emploi, d’accès à divers services et notamment au logement très social.

Faire ses courses semble être un acte simple et pourtant ces personnes, qui vivent en dessous du seuil de pauvreté, près de 150 familles sur le secteur de Billom, sont amenées à fréquenter des structures d’aides alimentaires d’urgence ou la dignité s’estompe, où l’estime de soi diminue.

C’est pour répondre à cette situation, en complémentarité avec les autres structures alimentaires, que les épiceries sociales ou solidaires ont été imaginées.
L’alimentation est une des composantes majeurs du bien être ; le droit à la nourriture est un droit fondamental.

Une épicerie solidaire, c’est un magasin, type supérette, qui met à disposition des produits que l’on trouve dans un supermarché. Les personnes admises, sur établissement d’un dossier, font leur course comme dans un autre magasin et règlent leurs achats à la caisse. Bien entendu, les prix sont en moyenne de 15% inférieur par rapport à ceux pratiqués dans les supermarchés.

L’épicerie donne la possibilité aux personnes en difficulté de retrouver une parcelle de liberté et de dignité par le choix des achats ; elle donne la possibilité de rester acteur de ses courses. C’est un espace qui permet de se réconcilier avec soi-même, avec les autres, avec sa santé.

L’épicerie s’est aussi un lieu d’accueil, d’écoute, de solidarité, de prise d’initiatives et de convivialité. A Billom, l’épicerie dispose d’ateliers cuisine, couture, informatique, communication, relooking, conseils, … Des actions sont initiées comme par exemple la pétition pour exiger de l’Europe qu’elle ne supprime pas l’aide alimentaire.

Loin d’être une structure de charité, l’épicerie solidaire ou sociale est une association de rassemblement et de solidarité populaire, qui met en œuvre une démarche collective faisant du bénéficiaire un acteur de la vie de l’épicerie.

Jacky GRAND
Billom


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