Projet de loi de modernisation de l’agriculture et de la pêche :

Un texte creux, sans garantie pour le revenu des agriculteurs

Alors que débutent demain les débats sur le texte, son contenu n’apporte aucune avancée sur la question essentielle de la répartition de la valeur ajoutée et des marges au sein de la filière.


29 juin 2010

S’abritant derrière le paravent de la contractualisation et de l’assurance privée, sensées à elles-seules régler tous les maux de notre agriculture, le gouvernement botte en touche sur la question des prix d’achat des productions, question qui cristallise pourtant depuis des mois l’attention de tous ceux qui vivent de la terre et se trouvent aujourd’hui sans revenus.

Ce texte anticipe aussi sur une réforme de la Politique Agricole Commune 2013 au rabais, qui laissera les agriculteurs seuls face au marché. Il ne dit rien des engagements que notre pays compte prendre pour assurer la transformation de notre agriculture vers un modèle plus durable, rien sur les soutiens aux productions de qualité et les plus respectueuses de l’environnement. Par inconscience ou hypocrisie, il se charge par contre d’accompagner et d’accélérer la libéralisation des échanges agricoles.

Les députés communistes et républicains ne se satisfont pas de ce texte « rideau de fumée », sans réponses de fond, qui laisse les mains libres aux géants de l’agroalimentaire, à la grande distribution et aux spéculateurs.

Pour sortir l’agriculture française de cette crise « de revenus », de véritables solutions étaient pourtant à la disposition du gouvernement, notamment la mise en œuvre d’un coefficient multiplicateur, la définition de prix minimums indicatifs, la mise en place d’une conférence annuelle par production associant l’ensemble du monde agricole, et donnant lieu à négociation sur les prix.


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