Communiqué de presse :

Un Front de gauche élargi, mobilisé contre l’austérité

Ces trois premiers mois de gouvernement Parti Socialiste – Europe Ecologie les verts auront laissé une impression d’improvisation et d’incapacité à affronter rapidement les problèmes auquel est confronté notre pays. Pour toutes celles et ceux qui voulaient et qui veulent encore le changement, le réveil est douloureux. Le candidat qui proclamait lors de son discours au Bourget que la finance était son ennemi semble avoir été supplanté par le candidat qui, à la city, rassurait les marchés financiers. Autant en 2007, Nicolas Sarkozy avait su montrer immédiatement lors de la session parlementaire extraordinaire de l’été quelles allaient être les orientations de fond de son quinquennat : cadeaux aux plus riches avec loi TEPA, politique sécuritaire avec la loi sur la récidive, loi LRU et loi sur le service minimum dans les transports, suivi de l’adoption d’une nouvelle loi restreignant l’immigration. Soit 5 lois majeures, on chercherait en vain une telle volonté de changement du côté du nouveau gouvernement. Si le conseil constitutionnel n’avait pas annulé la loi réprimant le harcèlement sexuel, la session extraordinaire se serait contentée d’effacer quelques cadeaux fiscaux trop énormes du quinquennat Sarkozy. Et aucune session n’était prévue en septembre avant que François Hollande ne se rende compte que cela devenait intenable et n’annonce finalement, deux jours après que le premier ministre ai dit à la télévision qu’il n’était pas question de changer de rythme, une reprise des travaux du Parlement en septembre.


26 octobre 2012

Ces trois premiers mois de gouvernement Parti Socialiste – Europe Ecologie les verts auront laissé une impression d’improvisation et d’incapacité à affronter rapidement les problèmes auquel est confronté notre pays. Pour toutes celles et ceux qui voulaient et qui veulent encore le changement, le réveil est douloureux. Le candidat qui proclamait lors de son discours au Bourget que la finance était son ennemi semble avoir été supplanté par le candidat qui, à la city, rassurait les marchés financiers. Autant en 2007, Nicolas Sarkozy avait su montrer immédiatement lors de la session parlementaire extraordinaire de l’été quelles allaient être les orientations de fond de son quinquennat : cadeaux aux plus riches avec loi TEPA, politique sécuritaire avec la loi sur la récidive, loi LRU et loi sur le service minimum dans les transports, suivi de l’adoption d’une nouvelle loi restreignant l’immigration. Soit 5 lois majeures, on chercherait en vain une telle volonté de changement du côté du nouveau gouvernement. Si le conseil constitutionnel n’avait pas annulé la loi réprimant le harcèlement sexuel, la session extraordinaire se serait contentée d’effacer quelques cadeaux fiscaux trop énormes du quinquennat Sarkozy. Et aucune session n’était prévue en septembre avant que François Hollande ne se rende compte que cela devenait intenable et n’annonce finalement, deux jours après que le premier ministre ai dit à la télévision qu’il n’était pas question de changer de rythme, une reprise des travaux du Parlement en septembre.

Mais ce temps perdu ne l’a pas été pour tout le monde. Alors que François Hollande renie ses engagements sur l’amnistie des syndicalistes condamnés et sur une loi donnant un droit de véto aux représentants des salariés sur les plans de licenciement dans les entreprises qui ne sont pas en difficulté financière, il a multiplié les gestes en direction du Medef. Le patronat a vite compris qu’il pouvait en conséquence multiplier les plans de licenciement (PSA, SANOFI, ARCELOR MITTAL…) et que, une fois passées les rodomontades d’Arnaud Montebourg, la résistance du gouvernement se limiterait à mendier quelques améliorations des conditions de licenciement des travailleurs.

Face à cette situation et au message envoyé par le gouvernement, le Front de Gauche entend organiser la solidarité avec les luttes pour éviter que la révolte populaire ne tourne à la résignation, au dégout de la politique, et en démontrant qu’une autre politique est possible en France et en Europe, que l’austérité n’est pas la solution mais bien le problème et que ce n’est qu’en reprenant le pouvoir aux marchés financiers qu’il y aura le changement.

Le Front de Gauche n’a pas souhaité participer au gouvernement et s’est abstenu sur la déclaration de confiance au 1er ministre. Avec nos parlementaires, nous nous situons en toute indépendance en faisant le choix de voter pour les textes qui vont dans le bon sens, en participant au maximum à leur amélioration grâce aux propositions qui ont été portées pendant la campagne électorale sur la base de notre programme « l’humain d’abord » ; comme en exprimant nos réserves et nos désaccords avec ceux qui vont à l’encontre des attentes, des aspirations et des besoins populaires. Le Front de gauche entend bien proposer une alternative aux politiques d’austérité qui jettent les peuples européens dans la misère. Cela commence par l’annulation de la dette illégitime, la mise sous contrôle de la BCE et la mise en place en Europe d’une harmonisation sociale et fiscale par le haut. Cela passe aussi par l’interdiction des licenciements boursiers, par une vraie sécurité sociale professionnelle. François Hollande n’aurait pu être élu sans les 4 millions de voix du Front de Gauche. Nous avons donc à juste titre le droit d’exiger qu’il en soit tenu compte. C’est pourquoi nous conservons notre totale autonomie, continuons à défendre nos propres propositions et à dénoncer les politiques qui n’introduisent pas de rupture avec les orientations précédentes.

Nous rejetons toutes les politiques gouvernementales guidées par le seul impératif de l’austérité. Ce n’est pas aux peuples européens de payer la crise de la finance. Les dégâts d’une telle politique se voient déjà en Grèce, Espagne et Portugal avec comme seule conséquence la montée de la récession dans toute l’Europe, avec son cortège de chômage et de pauvreté. Pourtant François Hollande persiste dans sa volonté de ratifier le TSCG bien qu’il n’ait obtenu aucune modification, que le pacte de croissance annexé ne représente aucun apport sérieux en termes d’investissement et qu’aucune orientation ne soit donnée sur les priorités, et notamment sur la nécessité d’investissement massif pour la transition énergétique. La catastrophe climatique se rapproche à grand pas mais les gouvernants continuent à refuser de remettre en causes les intérêts du capitalisme financier.

Dans ce cadre entre les Estivales du Front de Gauche de Grenoble, la fête de l’humanité et la manifestation nationale du 30 septembre, le Front de Gauche, autonome, conquérant et constructif, est à l’offensive partout. Plus de 80 000 personnes ont participé à la grande manifestation contre le TSCG. Le soutien à notre combat d’un certain nombre de parlementaires du Parti Socialiste et d’Europe Ecologie les Verts est un acquis important. Il permet d’augmenter la pression sur les parlementaires qui ne peuvent ignorer qu’ils ont aussi été élus sur la promesse d’une renégociation du Traité. A partir du moment où cette dernière n’a pas eu lieu, il est juste de revenir devant le peuple pour savoir s’il accepte cette ratification. Passer en force au Parlement comme cela a été le cas pour le Traite de Lisbonne est une atteinte à la démocratie qui laissera des traces. Cette exigence démocratique nécessitait un référendum sur le TSCG. Le gouvernement a commis une faute politique en ne l’organisant pas.

La grande réussite de la manifestation du 30 septembre constitue un premier point d’appui aux mobilisations contre l’austérité qui vont se poursuivre tout au long de ce dernier trimestre .Nous devrons aussi lancer une mobilisation pour exiger la loi contre les licenciements boursiers et pour l’amnistie de tous les syndicalistes et militants associatifs (RESF) condamnés pour des faits de militantisme.

La meilleure preuve que le Front de gauche est un élément important de la vie politique française est son renforcement. Nous ne ferons pas une conférence de presse à chaque fois, rassurez-vous, mais l’évènement nous paraît suffisamment important pour être noté et communiqué à nos concitoyens. Une partie significative du NPA et notamment quelques-uns de ses principaux dirigeants, tels Pierre-François Grond et Myriam Martin ont il y a quelques mois constitué un courant de ce parti : la Gauche anticapitaliste. Ce courant après avoir mené bataille pour que le NPA rejoigne le Front de gauche, avoir été minoritaire sur cette orientation, a décidé en juin de rejoindre le Front de gauche. Sur notre département c’est la quasi-totalité des adhérents du NPA qui font maintenant partie du Front de gauche.

Le Front de gauche dans toutes ces composantes les a accueillis avec grand plaisir et d’ores et déjà leur intégration et leur participation aux initiatives du FG sont une réalité bien tangible. Nous ne pouvons que partager la vision commune du FG développée dans leur contribution :
« Le Front de gauche est la seule construction politique à disposer d’une audience dans le pays la rendant crédible pour porter une alternative de gauche. C’est de là que nous partons pour modestement contribuer à son orientation, à son élargissement et à sa consolidation. »
On ne saurait mieux dire.

Bien sûr le Front de gauche est divers, cette diversité est d’ailleurs un de ses atouts. Les histoires, les expériences de ses composantes ont parfois été conflictuelles. Dépasser ce passé est notre chalenge quotidien, nous n’avons pas mal réussi jusqu’alors, cela va continuer.


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