Mardi 19 octobre 2010 :

Retrait du texte sur les retraites

Les manœuvres, pressions, injonctions, mensonges du pouvoir ne font pas reculer le mouvement social.

+ de 50 000 personnes aujourd’hui à Clermont-Ferrand }


19 octobre 2010

Au contraire ! Il prend de l’ampleur, s’enracine au plus profond du pays, mobilise les salariés des secteurs publics comme du privé, les retraités, des agriculteurs et maintenant la jeunesse. La droite n’a cessé de répéter que c’était pour cette dernière qu’elle déchirait le droit à la retraite à 60 ans. Terrible farce !

L’instrumentalisation des jeunes contre la mobilisation sociale, à laquelle se livre le gouvernement, est abjecte. Il y a quelques mois, il décidait que la majorité pénale était descendue à 13 ans et aujourd’hui il reproche aux mêmes de s’exprimer sur des décisions qui les concernent. À croire qu’à droite, on n’aime les jeunes que devant les tribunaux ou en prison ! Les intéressés ne sont pas dupes. Ils savent que le maintien de leurs parents ou grands-parents au travail jusqu’à l’usure à 67 ans retardera d’autant leur accès à un emploi, sans savoir, au train où vont les choses, à quel âge ils pourront prétendre à la retraite ou même s’ils en auront une.

Quand, par millions, nos concitoyens manifestent, nos ministres – devenus pourtant intérimaires – parlent avec morgue et dédain de « rituel social ». Leur mépris ne parvient pas à cacher leur peur du mouvement populaire en germe, aux dimensions inconnues depuis très, très longtemps. Dans leur diversité, les Français ont une histoire commune, profondément marquée, plus que nulle part ailleurs, par l’aspiration à la justice et à l’égalité, déjà au cœur de la Révolution de 1789. Ce peuple a, ces derniers mois, de plus en plus pris conscience que ce gouvernement était celui des riches dans un pays classé au 3e rang mondial pour sa proportion de millionnaires alors que le chômage, la précarité et la pauvreté, la pénibilité et le stress au travail cassent la vie de millions de nos concitoyens.

Les riches et les puissants n’ont pas eu à manifester et à négocier pour obtenir de leur pouvoir : le bouclier fiscal, la remise en cause de l’impôt sur les grandes fortunes, les 173 milliards d’euros de cadeaux fiscaux octroyés aux grandes entreprises, révélés par le Conseil des prélèvements obligatoires, le refus de taxer les revenus financiers. Tout cela leur a été gracieusement accordé au détriment de la justice et de l’intérêt général. Telle est l’insupportable fracture sociale qui éclate à la face de M. Sarkozy et des siens.

Certes, cette puanteur des injustices pourra demain être jetée au fond des urnes lors des prochaines élections cantonales puis présidentielles. Mais la mobilisation exceptionnelle du monde du travail, des retraités et de la création, son exaspération appellent des résultats immédiats. Le président de la République doit cesser de singer Mme Thatcher et se rendre à l’évidence. Sur les retraites, il a perdu la bataille des idées. À moins de rechercher sciemment le chaos, une issue digne s’offre à lui : retirer ce texte et négocier avec les organisations syndicales, favoriser un grand débat public et rouvrir le chantier des retraites au Parlement.

Les propositions du PCF intégrées dans le projet de loi du Front de Gauche :

1 - Désintoxiquer notre économie de la finance : contribution des revenus financiers des entreprises à un taux de 9,9% soit 30 milliards de recettes supplémentaires. Cotisation additionnelle des entreprises qui favorisent la financiarisation au détriment de l’investissement et de l’emploi.

2 - Favoriser l’emploi et les salaires : majoration de 10% des cotisations des entreprises de plus de 20 salariés dont le nombre de salariés à temps partiel est supérieur à 20% et suppression des exonérations au titre des heures supplémentaires : 25 milliards de recettes supplémentaires.

3 - Promouvoir la justice sociale : suppression du bouclier fiscal et augmentation des contributions des revenus issus de l’intéressement, des bonus et stock-options.


Je contribue
La contribution

forum info modere