Entretien avec Eric DUBOURGNOUX :

Regards sur les Elus du Conseil Régional

Avec cet article, nous entamons la présentation des conseillers régionaux communistes élus à l’occasion des élections en mars 2010. Ancien président du groupe des élus communistes et du parti de gauche et réélu le 21 mars dernier, Eric Dubourgnoux répond à nos questions.


24 septembre 2010

Regards : Eric, tu entames un troisième mandat de conseiller régional. Quelles sont tes impressions après les élections de mars et surtout quel bilan tires-tu des deux mandats écoulés ?

Eric Dubourgnoux : J’ai été élu en 1998 dans l’opposition sous la présidence de Giscard. .Dès 2000, je suis devenu président du groupe communiste. Pendant 10 ans, j’ai donc assuré cette responsabilité dans des contextes différents. En effet, en 2004, avec la victoire de Pierre Joël Bonté, nous nous sommes engagés dans l’exécutif avec deux vice-présidences. C’est durant cette période que les choses ont été plus compliquées à gérer d’autant plus qu’au cours du même mandat, il a fallu composer avec l’arrivée de René Souchon à la tête de l’exécutif après le disparition de PJ Bonté en 2006.

Regards : A cette époque, tu avais un emploi du temps bien chargé puisque tu étais secrétaire de la fédération. Or, depuis 2006, tu n’assumes plus cette responsabilité. Ton mandat de conseiller régional occupe-t-il tout ton temps ?

Eric Dubourgnoux : Non, bien sûr ! Être secrétaire fédéral est une très lourde responsabilité, exaltante mais usante. Après 10 ans d’une activité aussi prenante, la pire des choses aurait été d’être confronté à un vide militant. C’est pourquoi, dès l’année 2005, sachant que j’allais renoncer à cette responsabilité, j’avais anticipé cette situation en demandant ma réintégration à la SNCF. Or, en début d’année 2006, André Chassaigne a appris que son attaché parlementaire à Paris quittait son poste pour rejoindre l’équipe de Marie George Buffet. Il m’a donc proposé d’intégrer l’équipe parlementaire au terme de mon mandat de secrétaire fédéral. Après en avoir discuté avec la direction fédérale, j’ai donc accepté la proposition d’André à titre bénévole dans la mesure où mon détachement SNCF ne m’autorise pas à percevoir un salaire. Je me suis donc engagé dans cette nouvelle mission en assurant mes revenus dans les mêmes conditions que précédemment, c’est-à-dire avec mon indemnité de conseiller régional.

Regards : Connaissant le dynamisme du « Dédé », tu n’as pas du sentir le vide tant redouté quand tu as occupé ton nouveau poste  ?

Eric Dubourgnoux : J’ai d’abord du m’imprégner de choses nouvelles sur le fond et sur la forme puisqu’une telle mission nécessite d’abord un travail de lecture, d’analyses et d’écriture en rupture avec la fonction de secrétaire fédéral pour laquelle il faut avant tout être disponible, prendre le temps de la rencontre et de l’écoute avec l’objectif de rassembler et de faire travailler ensemble les camarades du parti. Mais, pour répondre à ta question, c’est vrai que je ne me suis pas ennuyé dans la mesure où André m’a confié des dossiers importants tels que les anciens combattants, l’agriculture et la santé auxquels se sont ajoutées de nombreuses interventions auprès des administrations pour répondre aux attentes des personnes qui le sollicitent régulièrement au cours des permanences. André m’a demandé également d’assumer un certain nombre de représentations liées à son mandat de député.

Regards : Le travail parlementaire occupe donc une place importante de ton activité. Quelles sont plus précisément tes missions ?

Eric Dubourgnoux : Régulièrement, j’interpelle les ministres, les services de l’Etat ou ses représentants par le biais de courriers ou de questions écrites. Je prépare également les interventions qu’André prononce au sein de l’Assemblée en relation avec les dossiers dont j’ai la responsabilité. Mais, le travail le plus prenant, qui est aussi le plus passionnant, c’est la rédaction de missions ou d’enquêtes parlementaires. Ce sont les tâches qui exigent le plus de travail. Il faut lire, analyser, rédiger. Mais surtout, nous privilégions les rencontres et les réunions avec les gens pour les associer à la démarche et en faire des acteurs décisifs du travail parlementaire. André est très attaché à cette implication des habitants. C’est dans le cadre permanent de cet engagement citoyen que, durant les trois dernières années, j’ai rédigé 2 documents d’une brûlante actualité qui, durant plusieurs mois, ont fortement mobilisé les élus et les habitants de la circonscription : « une proposition de loi sur la démographie médicale et l’allongement de la vie » et « une proposition de résolution pour demander une commission d’enquête sur la politique de présence territoriale de La Poste »


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