Conseil Départemental :

Rapport Introductif du 25 novembre


3 décembre 2010

RAPPORT INTRODUCTIF Conseil départemental du 25 / 11 /2010

Nicolas Sarkozy vient de démarrer sa campagne présidentielle en mettent en place un équipe ministérielle resserrée comptant en majorité des anciens du RPR. Si certains pensaient que Nicolas Sarkozy allait infléchir sa politique en y ajoutant un peu de social après la bataille des retraites, ce remaniement est une réponse assez claire. C’est un gouvernement de combat qui est mis en place pour la fin du quinquennat.

Un gouvernement de combat au service des marchés financiers et des plus riches. La crise sert maintenant de prétexte pour imposer des cures d’austérités partout en Europe. Après la Grèce, c’est au tour de l’Irlande de subir la potion amère du FMI et le vampirisme des marchés financiers. Le gouvernement irlandais annonce un plan d’austérité sur 4 ans visant à économiser 15 milliards d’ici 2014, soit 10% du PIB afin de ramener le déficit public de 32% à 3% du PIB. L’Etat s’est considérablement endetté pour renflouer les banques irlandaises qui s’étaient elles aussi lancé dans les prêts hypothécaires et qui ont subit de plein fouet l’éclatement de la bulle financière.
Cette politique d’austérité débutée dès 2008, va se traduire par de nouvelles baisses de salaires pour les fonctionnaires, la réduction du salaire minimum, des allocations familiales et des indemnités aux demandeurs d’emploi.

Ce 11 mai, nous appelions à un rassemblement de soutien au peuple grec en disant « ce qui arrive au peuple grec, c’est aussi ce qui risque d’arriver en France ». Depuis, nous sommes effectivement rentré dans des politiques d’austérités, peut être moins brutales que celles imposées à l’Irlande et à la Grèce mais qui vise le même but : permettre aux marchés financiers de continuer à faire de l’argent. Dans le prolongement de sa réforme des retraites, le pouvoir entend maintenant s’attaquer aux dépenses utiles du budget de l’Etat afin, dans l’esprit du pacte de stabilité renforcée décidé par les chefs d’Etat et de gouvernement de l’Union Européenne, que le déficit des comptes publics soit ramené de 7,7% du PIB en 2010 à 3% en 2013.
Cette austérité, elle est surtout pour les salariés car pour les actionnaires, les rentiers, les détenteurs de capitaux et les patrons des grandes entreprises, la fête va continuer. De 2004 à 2009, les revenus supérieurs à 500 000€ ont progressé de 80% et les foyers redevables de l’ISF de 70%. Quoi de plus normal quand on voit les prévisions de profit pour les entreprises du CAC 40 qui devraient réaliser plus de 84 milliards d’€ de résultat net. Un chiffre en hausse de 90% sur 2009, ce qui les ramène vers le niveau record historique atteint en 2007 avec 101,4 milliards d’€ de profits.

Cette austérité qui va tailler dans les dépenses utiles du budget va s’accompagner du gel du point d’indice des fonctionnaires, de la poursuite de la RGPP et d’une modération salariale sans précédent. Pourtant, une étude de l’Insee révèle qu’un salarié sur 4, c’est-à-dire 8 millions de salariés, gagne moins de 950€/mois et qu’à peine plus de la moitié de la population travaille à temps plein toute l’année.
Cette politique de modération salariale ne peut que provoquer une hausse du chômage et une volonté de plus en plus forte notamment dans la fonction publique d’accroître la productivité pour faire « toujours plus avec toujours moins ». Cette productivité va donc provoquer inévitablement une dégradation des conditions de travail et une pression toujours plus forte sur les salariés. Mais ce scénario va peut être se heurter à un regain de combativité des salariés.
Car si le mouvement contre la réforme des retraites n’a pas permis jusqu’à aujourd’hui de faire reculer le gouvernement, il semble pourtant que ce ne pourrait qu’être un demi échec au vu de ce qui s’est passé et de ce qui a germé au cours de ce mouvement.
Tout d’abord, il a permis que la question de la retraite comme temps de vie, comme progrès social soit posée à l’ensemble de la société. Le mouvement social a lié cette réforme à l’affaire Woerth/Bettencourt en permettant à une conscience de classe de se développer même si cela reste insuffisant notamment pour franchir le pas politique. Mais ce faisant, la question centrale de la répartition des richesses a été posée. Cette bataille a redonné de la force, du courage et de la confiance aux salariés. Les patrons commencent même à s’en inquiéter. Voici comment le président de l’Association Nationale des Directeurs de Ressources Humaines analyse les futures négociations salariales : « il y a des revendications qui n’ont pas trouvé de débouchés concrets. Ce mauvais climat social risque d’engager les négociations dans un contexte un peu plus tendu, où les salariés et les syndicats seront un peu plus revendicatif que l’an dernier ».
Sans idéaliser ce mouvement social, il peut jouer un rôle déterminant dans les 18 mois qui nous sépare de la présidentielle si nous sommes capable de poser à ce mouvement et au 70% de français qui n’ont pas accepté cette réforme la question essentielle pour 2012 : si la gauche revient au pouvoir, que devra-t-elle faire ? Quels seront les valeurs et les principes qui devront guider son action ? Quelles seront les mesures qu’elle devra prendre ? Quel projet de société devra-t-elle présenter ? N’ayons pas de crainte à aborder ces questions. Notamment quand on voit le sondage public paru dans l’Huma

Dimanche du 4 nov. Si la gauche revenait au pouvoir en 2012 :

-  78% des sondés seraient favorables à l’augmentation du SMIC, des minimas sociaux et des pensions,
-  74% seraient favorables au développement des services publics,
-  67% sont d’accords pour créer un impôt sur les revenus du capital,
-  78% pour augmenter les impôts des plus riches, 53% pour que la gauche supprime les exonérations de cotisations sociales,
-  51% pour qu’elle revienne sur le changement de statut de la poste
-  et enfin 57% pour que la gauche garantisse les retraites à 60 ans et à taux plein.

Sondage édifiant quant à longueur de journaux on nous informe que ces idées là sont des idées du passé, que l’on est archaïque quand on prononce le mot de services publics, qu’il ne faut plus jurer que par le « chacun pour soi et le capitalisme pour tous ».
Sondage édifiant évidemment sur la radicalité des contenus. D’ailleurs, on peut se demander à la lecture de ce sondage si nous ne sommes pas quelques fois en dessous des aspirations nos concitoyens.
C’est en partant de ces ambitions là que nous pouvons et devons construire un projet partagé avec eux en posant la question des droits sociaux, des services publics, de la retraite, de l’écologie, de la démocratie, la question centrale de la production et de la répartition des richesses. Plus fondamentalement, débattons de la vie que nous voulons et de la société qu’il faut pour cela.

Comment travailler à ce projet partagé ? Deux solutions se présentent à nous : une dont on connait la mise en œuvre et l’autre que nous devons explorer, essayer et apprendre à pratiquer en avançant. La 1ère est simple : elle consiste à faire des réunions publiques sur les thématiques du projet partagé, à exposer nos propositions et à en discuter avec les participants mais cette façon de faire ne peut s’assimiler à la construction collective d’un projet.
Or, c’est bien cette ambition que nous donnons au projet partagé : construire avec nos concitoyens un projet qui donne la feuille de route à la gauche si elle reprenait le pouvoir en 2012. Faire de l’intervention populaire le moteur de notre action, permettre aux gens de reprendre leur avenir en main en les rendant acteurs de la politique, en les amenant à être co-élaborateurs d’un projet est la seule voie pour permettre un réel changement majoritaire et non pas une alternance sans contenus.

Karl Marx donnait cette définition du communisme : « Pour nous, le communisme n’est pas un état de choses qu’il convient d’établir, un idéal auquel la réalité devra se conformer. Nous appelons communisme la mouvement réel qui abolit l’état actuel des choses ».

He bien, tout comme le communisme n’est pas une chose figée mais un mouvement, il faut que nous fassions de l’intervention populaire le but et tout à la fois le chemin que nous empruntons.
La deuxième méthode est donc de travailler plus en proximité, de recenser les gens intéressés par cette démarche de co-élaboration ou par les thématiques que l’on souhaite aborder pour ensuite leur remettre le cahier citoyen, leur expliquer notre conception et notre démarche. C’est ce que nous avons initié lors des élections régionales avec le Pacte citoyen qui même s’il n’a pas été parfait ni pu aborder tous les thèmes, a permis une élaboration collective et a été soumis au débat avec la population. Pour ne prendre qu’un exemple dans la dernière période de l’efficacité d’une démarche qui consiste à aller au contact des gens, regardons ce qu’a fait la section de Clermont Ferrand durant le mouvement social. Les camarades avaient invité une vingtaine de personnes présentes depuis le début dans le mouvement en leur proposant de discuter de ce que propose le Parti notamment sur la question des retraites. Alors que, présents sur toutes les manifestations, ils avaient eu, à un moment où à un autre, un tract du PCF ou du FDG expliquant la proposition de loi des députés communistes, républicains et du Parti de Gauche, ce n’est que dans cette réunion, au contact des communistes qu’ils ont réellement pris conscience de la portée de ce projet de loi, pour certains de son existence, et surtout de la possibilité d’une alternative à la réforme du gouvernement et de la nécessité de réfléchir à ce niveau, c’est-à-dire de faire de la politique.

Cet exemple doit nous encourager et vaincre le craintes qui, je le sais, anime certains d’entre nous. Chaque communiste connait forcément une ou deux personnes qui peuvent être intéressés, celles-ci peuvent à leur tour nous donner 1 ou 2 noms. Faisons leur parvenir le cahier citoyen, expliquons leur notre démarche, invitons les enfin à prendre leur place dans la construction de ce projet.
A partir de là, nous pouvons imaginer plusieurs initiatives : de la réunion publique à la réunion de travail avec celles et ceux qui sont intéressés, cela peut se faire au niveau du département comme par secteur géographique. Pour donner de la visibilité et de la lisibilité à cette démarche, pourquoi ne pas organiser une initiative publique d’explication de la démarche, une sorte de lancement officiel du projet partagé ? Sans que cela télescope les cantonales, nous pourrons étudier cela pour le début de l’année.

Cette construction citoyenne que nous voulons mettre en oeuvre, cette co-élaboration à multiples voix doit nous permettre d’investir des citoyens dans la bataille décisive des présidentielles.

C’est dans ce contexte que nous devons aborder le débat sur la candidature à la présidentielle. Tout d’abord, sommes-nous d’accord avec la candidature unique du Front de Gauche ? Dans quelles conditions ? Comment faire vivre la diversité du Front de Gauche dans une élection ultra personnalisée ? Plus fondamentalement, quels messages voulons nous porter à l’occasion des ces présidentielles ?
Et puis, il faut maintenant aborder ce débat sereinement : qui pour porter notre ambition commune ? 2 candidats sont en lice : Jean Luc MELENCHON et André CHASSAIGNE. Chacun a des qualités et des défauts. Chacun est porteur d’une histoire, d’une tradition politique, de valeurs qui lui sont propres. Chacun porte aussi une démarche. Nous connaissons celle d’André : une pratique de la démocratie au quotidien au plus près des citoyens, une démarche permettant aux gens de coélaborer les propositions et de participer aux décisions.
Sans faire de culte de la personnalité, permettez-moi de citer une phrase du discours d’André lors du meeting de Japy le 8 novembre sur sa conception de la démocratie.

« La démocratie, c’est l’art d’être ensemble et de se respecter, d’analyser et d’échanger, de co-élaborer et de porter des projets partagés. C’est avec cette démocratie là qu’il nous faut bâtir une nouvelle communauté humaine ».

La démarche de Jean Luc Mélenchon est quelque peu différente. Plus centré sur la discussion et la négociation entre partis, elle porte moins la volonté de faire intervenir les citoyens dans le débat politique et s’inscrit plus dans une démarche délégataire.

Le Conseil National de ce week end va proposer une méthode et un agenda pour discuter de la candidature à la présidentielle. Cet agenda sera adopté définitivement lors de l’Assemblée des animateurs de section le 8 janvier qui aura pour ordre du jour le projet partagé, le débat sur la présidentielle et les élections cantonales. Nous devons veiller à ce que le maximum de nos sections puisse y être représenté.
J’en viens maintenant aux élections cantonales. Elles auront lieu les 20 et 27 mars prochain. Avec 5 conseillers généraux du groupe de la gauche Républicaine solidaire et communiste dont 3 sortants, nous avons l’ambition de retrouver nos sortants, de renforcer notre présence au sein de l’Assemblée départementale et de constituer un groupe Front de Gauche qui pourrait regrouper une dizaine de conseillers généraux et peser fortement sur l’avenir politique du conseil Général.

6 mois après le mouvement sur les retraites, ces élections seront marquées très lié au contexte national et se situeront dans une opposition très forte entre la droite et la gauche. Nous avons d’ailleurs tout intérêt à politiser, à nationaliser ces élections pour qu’elles puissent servir tout à la fois à la construction d’une alternative politique représentée par le Front de Gauche et à sanctionner fortement la droite et ses relais locaux. Ces élections auront également un impact local d’autant plus important dans notre département que la situation du conseil général du Puy de Dôme est inédite.

Le Front de Gauche propose de réunir tous les candidats et les militants pour une matinée d’échanges et de concertation sur ce que nous voulons que porte le Front de gauche dans ces élections. Car, même si nous sommes d’accord sur beaucoup de choses, certains sujets ne font pas l’unanimité au sein du Front de Gauche comme l’incinérateur, par exemple. Il faudra donc que nous convenions d’un message commun qui, sans gommer nos différences d’approche, puisse permettre au Front de Gauche de s’exprimer sur ces questions.
Nous aurons aussi besoin de nous mettre d’accord sur l’attitude que devra avoir le Front de Gauche par rapport à l’exécutif et à la présidence du Conseil Général, suivant les conditions politiques qui sortiront des cantonales.

Cette matinée d’échanges pourrait se conclure par la présentation officielle des candidats du Front de Gauche et le lancement de la campagne du front de Gauche. Elle pourrait avoir lieu le 22 janvier.
Lors de la dernière réunion du Front de Gauche, nous avons évoqué l’idée de faire un meeting de fin de campagne en lui donnant une tonalité nationale très forte.

Pour finir, sur les candidatures, vous avez les informations dans votre pochette. Je vous propose qu’après discussion, nous validions le maximum de candidatures.


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