Conseil Départemental du 6 mai 2010 :

RAPPORT INTRODUCTIF


10 mai 2010

Je souhaite débuter ce Conseil départemental en saluant notre camarade Jean NICOLAS qui a démissionné en début d’année de son mandat de 1er adjoint au Maire de Blanzat qu’il assumait depuis 2001. Elu depuis 1995 comme adjoint, Jean a souhaité prendre un peu plus de temps pour lui. Je rappelle que Jean a été conseiller régional de 1976 à 1992, vice-président au transport à partir de 1981, 2éme adjoint au Maire de Clermont Ferrand de 1977 à 1987.
Dans le même temps, il a assuré les responsabilités de secrétaire fédéral de 1971 à 1982. Une vie militante bien remplie que Jean continue, puisqu’il était là lundi pour prendre livraison de 1550 journaux sur les retraites pour la cellule de Blanzat. Je crois que les camarades de sa section peuvent lui apporter le salut fraternel et chaleureux du Conseil Départemental.
J’en viens maintenant à l’actualité politique et à la situation de la Grèce. La crise, démarrée en 2006 avec l’éclatement de la bulle immobilière aux USA, et qui a contaminé tout l’économie mondiale depuis, est en train de mettre la Grèce sur la paille. Incapable de rembourser ses dettes, le Pays demande l’aide de l’Union Européenne et celle du FMI. Après le krach financier, voici le krach de la dette publique qui se profile en Europe. Face à cette situation, l’Union européenne est divisée sur la manière de répondre, l’Allemagne refusant de prêter de l’argent à la Grèce et conseillant même à celle-ci de sortir de la zone euro pour régler ses problèmes sans risques de contagion pour d’autres pays de l’Union.
Pour comprendre la situation de la Grèce, il faut remonter en 1998-2000 où le pays se préparait à entrer dans l’UE. Pour être autorisé à le faire, il fallait réduire les déficits publics selon le dogme libéral Maastrichien. La Grèce l’a donc fait en vendant, en titrisant, une partie de sa dette : de cette façon, de l’argent frais entrait, le remboursement de la dette était repoussé de 10 ans, et le pays affichait des résultats positifs en termes de réduction des déficits publics. Deux phénomènes sont intervenus depuis : le 1er c’est que la possibilité pour un état de titriser sa dette, a été interdite en 2004 ; le 2ème c’est la crise qui met à mal l’économie mondiale a entrainé en Grèce comme dans tous les pays une baisse des rentrées fiscales.
La dégradation de la situation économique grecque a été accentuée par les comptes rendus des agences de notation internationale qui ont attribué une mauvaise note à la Grèce. Ces agences évaluent la solvabilité de chaque pays et leur capacité à rembourser leur dette. Par un effet pervers, typiquement capitaliste, la situation dégradée de la Grèce entraîne de mauvaises notes qui inquiètent les investisseurs, investisseurs qui, à leur tour, augmentent leur taux d’intérêt entraînant une conjoncture encore plus difficile. Mais cette situation attire aussi tous les spéculateurs de la planète qui entrevoient la possibilité de faire beaucoup d’argent en spéculant sur la dette grecque.
Face à cela, le 1er ministre grec socialiste, président de l’internationale socialiste, s’en remet à l’aide et à la potion amère de l’UE et du FMI sans avoir un seul instant envisager de combattre la spéculation financière qui ruine son pays. Le plan d’urgence devrait se partager entre un prêt de l’UE de 30 Milliards à 5 %, plus 15 milliards du FMI. Cette aide vise en 1er lieu à « restaurer la confiance des marchés » dans la capacité de la Grèce à rembourser ses dettes. Elle est accordée sous la condition que soit mis en place un super plan d’austérité !
Après avoir renflouer les banques en leur accordant des crédits à 1% consentis par la BCE, les Etats les plus riches de l’Union vont donc accorder à Athènes des prêts d’usuriers (certains dépassants les 18 %), obligeant le gouvernement à des réductions budgétaires qui pourraient être celles d’un Etat en guerre. N’oublions pas que c’est l’article 123 du traité de Lisbonne qui interdit à la BCE de prêter aux Etats alors qu’elle peut le faire pour les banques à des taux d’intérêts extrêmement faible.
Ce qui se passe en Grèce vient de prouver une chose : l’Europe politique, l’Europe solidaire qu’on nous avait vantée au moment du débat sur le TCE n’existe pas. L’Histoire n’aura pas attendu longtemps pour donner raison à tous ceux qui, à gauche, ont combattu le projet de Constitution Européenne, puis le traité de Lisbonne. Nous dénoncions ces 2 traités avec raison précisément parce qu’ils ne permettent pas une solidarité entre les états, et font de la BCE la gardienne d’un temple inexpugnable de l’orthodoxie monétaire, alors qu’elle pourrait être un outil pour une politique de crédit au service du développement et du progrès social. On nous avait promis la crise en Europe si le traité de Lisbonne n’était pas ratifié. Ses promoteurs ont méprisé les votes des français, des néerlandais, des irlandais, puis ont refusé aux autres peuples, dont le peuple grec, de se prononcer librement sur leur avenir. Aujourd’hui, nous avons le traité de Lisbonne et l’Europe connait sa plus grande crise.
Trois types de mesures pourraient permettre au contraire de relancer la croissance, l’emploi, assurer les dépenses publiques et même autoriser leur développement. En premier lieu, la BCE doit utiliser son pouvoir monétaire pour financer à très bas taux les dépenses publiques des États de la zone euro. Est-il acceptable qu’elle refinance des banques à 1 % et que celles-ci puissent se « gaver » en prêtant à la Grèce à 11 % ou 18 %  ? Par ailleurs, ses prêts ne doivent pas être conditionnés à des plans d’austérité mais au contraire à des mesures en faveur du développement humain, de la croissance et de l’emploi. En second lieu, il faut restructurer la dette publique grecque et la rééchelonner sur des durées plus longues. Cela permettrait de soulager les finances publiques grecques et de mettre à contribution les banques et les fonds qui ont spéculé sur le dos des Grecs. En troisième lieu, si le FMI doit intervenir, il ne peut le faire crocs en avant. Il peut faciliter le travail de la BCE par une allocation de sa propre monnaie (les droits de tirage spéciaux, DTS) ; cela donnerait à l’institution européenne un moyen important et complémentaire pour financer les dépenses publiques utiles dans de meilleures conditions. Pour ne pas imploser, l’Europe doit changer.
La création d’une monnaie unique, à marche forcée, et d’une BCE indépendante des Etats, au service des marchés financiers, mène à la faillite et à la misère des populations. Dans tous les pays européens, ce sont les mêmes recettes qui s’appliquent. Toujours contre les peuples, toujours au service du capital.
C’est pourquoi nous devons soutenir le peuple grec, signer et faire signer la pétition de l’Humanité, expliquer ce qui est en train de se passer. Mais il faut aller plus loin. Nous pourrions, dans l’urgence, appeler à un rassemblement symbolique dans les prochains jours, par exemple lundi soir, pour apporter notre soutien au peuple grec, indiquer comme l’ont fait avec détermination les députés communistes et du Parti de Gauche que nous refusons de saigner les travailleurs grecs et attirer l’attention de nos concitoyens sur les menaces semblables qui pèsent sur notre pays.
Le financier Alain MINC, conseiller de Nicolas Sarkozy, déclarait vendredi dernier : « Personne n’évitera la rigueur » puis évoquant la France, il précisait : « La politique économique française est accrochée à un principe : ne pas perdre le triple A que nous donnent les agences de notation et, de ce point de vue la réforme des retraites est la clé ».
Le soutien que nous devons apporter au peuple grec dans la lutte qu’il a engagé contre le plan de l’UE et du FMI va bien au-delà du devoir d’assistance. Des mesures analogues à celles infligées à la population grecque sont déjà engagées au Portugal, en Espagne, en Irlande. En France, la ministre des Finances, Christine Lagarde, a promis de ramener le déficit public, dés 2012, dans les clous du pacte de stabilité et le lancement de la contre réforme des retraites entre dans cette logique d’austérité.
Cette réforme des retraites, Sarkozy en a fait « la mère des batailles », celle qui décidera du sort du quinquennat et de sa réélection en 2012 et en même temps, c’est la réforme qui permettra à toutes les autres de passer. Pour l’instant, cette réforme n’est pas dévoilée, même si quelques bruits filtrent et que l’on ne s’attend à rien de très progressiste, et le principal parti d’opposition, le PS, ne dévoile pas ses propositions de peur que le gouvernement ne lui pique ses idées. Le débat se déroule très loin du peuple, il a lieu principalement dans les médias où experts et spécialistes sont convoqués pour venir tous nous dire qu’il n’y a pas 36 solutions pour sauver le système de retraite par répartition : il faudra travailler plus longtemps et toucher moins.
Dans ces circonstances, notre campagne sur les retraites doit en 1er lieu s’attaquer au « politiquement admis », au consensus politique qui voudrait que la bataille est perdue d’avance, qu’il faudra en passer par le recul de l’âge légal de départ à la retraite ou l’augmentation de la durée des cotisations.
Comment procéder ? Tout d’abord en montrant l’injustice sociale des solutions proposées et en dénonçant les véritables buts du gouvernement.
C’est dans ce sens qu’a été bâti notre journal sur les retraites : il montre que l’ont vit plus vieux grâce, en partie, à la retraite et que travailler plus longtemps, c’est vivre moins longtemps. Il montre aussi que la retraite est une affaire de jeunes car se seront eux les premières victimes d’une réforme réactionnaire. Notre journal pointe le véritable problème de la retraite par répartition : contrairement aux idées reçues, les variations économiques et notamment la crise joue bien plus sur le financement des retraites que l’évolution démographique. Il met en lumière les motivations réelles du gouvernement : la réforme des retraites doit aboutir à une baisse des pensions pour tous, à vider le système de retraite par répartition de sa substance, comme cela est fait pour les services publics, pour permettre aux retraites par capitalisation de se développer.
Enfin, nous montrons que d’autres choix sont possibles, notamment en taxant les revenus financiers à la même hauteur que les salaires.
Nous le disons sans cesse : nous sommes face à un choix de civilisation, c’est même un choix entre la civilisation et la barbarie. C’est aussi pour cela que nous avons décidé d’intitulé cette campagne « Ça suffit ! » car nous voulons dire stop à la régression, à la machine qui broie les hommes. Ce refus du recul social se retrouve aussi sur les questions d’emploi et de salaires.
Il nous faut porter la colère des salariés, montrer que le refus de ces politiques de régression rassemble très largement.
Le 1er pas de la rébellion, de la résistance, c’est de dire stop. De refuser. De ne plus baisser la tête.
Mais pour que cette colère soit bénéfique, il faut qu’elle soit nourrie d’espoir. Espoir dans la possibilité de faire autrement : c’est là que la qualité de nos propositions doit faire la différence et que la démarche unitaire, le rassemblement des forces progressistes doit crédibiliser la possibilité réelle et concrète de mettre en place nos propositions.
Nous devons mener une campagne de dialogue, de débat au plus près des citoyens, une campagne de terrain. Nous avons un atout exceptionnel pour nous permettre de multiplier initiatives et rencontres, c’est l’huma spécial retraites. Argumentée, à la portée de tous, cette Huma peut servir de la même façon que celle que nous avons utilisé sur le TCE. Elle peut permettre d’organiser dans les quartiers, dans les villages, dans les entreprises, une multitude de petites réunions pour démonter les arguments du gouvernement et présenter d’autres solutions.
Nous pourrions d’ailleurs organiser une conférence de presse pour présenter nos propositions concernant les retraites et surtout présenter l’Huma spécial retraites, outil unique dans notre pays pour écouter un autre son de cloche sur la question des retraites.
Avec le Front de Gauche, nous organisons un meeting le 19 mai avec André Chassaigne, Claude Debons et Michel Husson à la salle Leclanché. L’investissement des communistes va être nécessaire pour réussi cette initiative.
Par ailleurs, nous avons décidé lors de notre dernier Conseil départemental de mener une campagne d’adhésion au parti. C’est pourquoi il y a sur notre journal retraites une invitation d’André à rejoindre le PCF. J’ai demandé à Boris d’assurer la responsabilité de cette campagne. Nous la voulons différente des précédentes où, il faut bien l’avouer, nous n’avons pas su durer dans le temps. Nous proposons de mener cette campagne jusqu’au prochain congrès de 2011 avec l’ambition de repasser au dessus de la barre des 700 adhérents. Cela nécessite évidemment parallèlement à cette campagne d’assurer une bonne remise des cartes.
Nous souhaitons aussi inscrire cette campagne de renforcement dans une volonté de revitalisation de nos sections. Une ou deux personnes de plus en réunion de section, différentes, nouvelles, cela amène souvent une réunion de section complètement différente, plus dynamique et par conséquent plus motivante.
J’en viens maintenant à la préparation de notre congrès d’étape qui aura lieu comme vous le savez les 18, 19 et 20 juin à Paris. Il doit permettre aux communistes d’apprécier l’orientation décidée lors de notre dernier congrès et mise en œuvre depuis. Tous les communistes ont reçu les 2 textes introductifs aux débats du Congrès.
Le 1er propose de distinguer d’abord les enjeux de la séquence politique qui nous mènent en 2012 puis d’évaluer notre démarche de Front en se fixant des objectifs pour une nouvelle phase et enfin de réfléchir aux décisions d’initiatives et d’actions pour l’année à venir.
Le 2nd texte soumet à la réflexion des communistes quelques pistes de travail pour un PCF transformé. Évidemment les transformations du Parti sont en lien avec les orientations politiques et doivent permettre à notre Parti d’être un outil plus efficace pour notre peuple au service des idées de la transformation sociale.
Le but est de penser et réaliser les conditions d’une organisation révolutionnaire à la hauteur des enjeux contemporains.
Ces réflexions devraient déboucher sur 3 types de décision au congrès d’étape : des décisions engageant immédiatement notre Parti, des décisions de travail pour le prochain congrès ordinaire et enfin des chantiers de réflexion à ouvrir et travailler.
Nous devons regarder ce soir de quelles façons nous organisons notre Conférence Fédérale qui aura lieu le samedi 5 juin. Doit-on l’organiser sur toute la journée ou sur la demi-journée ? En faisons-nous une Conférence Fédérale ou une Assemblée Générale ?
Concernant la réélection de la direction départementale, nous proposons, comme le fait le CN, qu’elle soit reconduite telle qu’elle est aujourd’hui, mis à part quelques ajustements. Ces ajustements, cela peut être des camarades qui souhaitent quitter le Conseil Départemental au Congrès d’étape, cela peut aussi être l’occasion pour les sections non représentées à la direction départementale d’avoir un représentant au Conseil départemental.
Nous devons également réfléchir à la délégation que nous enverrons au Congrès d’étape. Vraisemblablement, nous aurons droits à 5 délégués. Je l’ai dit, de ce congrès d’étape sortira les orientations, les chantiers et les pistes de travail jusqu’au congrès ordinaire de juin 2011. Nos délégués seront donc bien préparés pour mener le débat au sein de notre fédération. C’est en fonction de cette responsabilité future qu’il nous faut réfléchir et que les sections feront des propositions.
Je finis en vous indiquant que la liste aux élections régionales se réunira le samedi 26 juin pour faire le point après la mise en place du Conseil Régional et mettre en place une nouvelle façon de travailler en lien avec le groupe Front de Gauche. Bien évidemment, cette réunion ne se limite pas aux seuls candidats et les composantes du Front de Gauche y seront également présentes.
Voilà les éléments que je souhaitais porter à votre connaissance.

Cyril Cineux


Je contribue
La contribution

forum info modere