Plus le Front de gauche monte mieux la gauche se porte

Les cris d’orfraie qui ont accueilli 
à droite la proposition du candidat socialiste de porter à 75 % l’imposition des revenus dépassant 1 million d’euros par an sont à la fois cocasses et édifiants. Cocasses par 
l’excès, d’aucuns voyant déjà Marx percer sous François Hollande et la moitié de la France prendre le chemin 
de l’exil après une nouvelle nuit du 4 août abolissant 
les privilèges, d’autres comme François Bayrou parlant 
de «  déconomètre  », tandis que Mme Le Pen parlait 
d’une idée «  absurde et idéologique  ». Absurde, vraiment, pour celle qui feint de se réclamer de la France populaire ? Mais ces cris étaient aussi édifiants, car cette proposition, somme toute très limitée si l’on se souvient que l’impôt Roosevelt dès les années trente était de 90 % au-dessus 
de 200 000 dollars, a aussitôt déclenché chez les défenseurs des riches les réactions épidermiques de ceux à qui 
l’on arrache la peau.


12 mars 2012

Certes, la portée de la mesure est bien limitée, loin, très loin d’une véritable réforme fiscale juste, ambitieuse, allant vers plus d’égalité. Ce n’est pas avec ça que la France sera remise d’aplomb et le coup, si coup il y a, est assez largement symbolique. Mais, outre qu’un symbole de cette sorte ne fait pas de mal après tout, peut-être faut-il y voir, comme lors du discours du Bourget désignant la finance, 
une manière de prise 
en compte par le candidat du PS de ce qui bouge dans l’opinion, en particulier avec la campagne du Front de gauche. Et cela, c’est l’intérêt de toute la gauche et 
de tous les Français qui veulent du vrai changement.

Plus le débat viendra sur les questions de la justice sociale 
et fiscale, des salaires, de l’emploi, et plus les thèmes 
de la droite et ceux du Front national, dont ont sait qu’ils 
se confondent, reculeront dans l’opinion.

Il est dommage, fort dommage de ce point de vue que les sénateurs socialistes n’aient pas voulu s’opposer à l’adoption du mécanisme européen 
de stabilité, comme les communistes et le Front de gauche 
le leur avaient instamment demandé. Le choix de l’abstention, c’était accepter de laisser décoller le premier étage du traité européen Sarkozy-Merkel, que les Vingt-Sept sont appelés à mettre en place, au prix d’un véritable déni de démocratie.

Nicolas Sarkozy agite ses deux référendums sur les immigrés et les chômeurs comme des étendards de la démagogie et de la xénophobie, mais il rejette toute idée de référendum, comme le demande 
le Front de gauche, sur un traité européen qui va dessiner pour des années un paysage politique soumis aux marchés 
et posant un talon de fer sur les peuples. Le candidat socialiste dit partager l’inquiétude des opposants à ce traité visant à établir «  une discipline budgétaire et une austérité injuste qui risque d’empêcher le retour de la croissance  ».

Mais où est 
la cohérence quand les sénateurs et les députés socialistes ont accepté en s’abstenant que soit posée la première pierre de ce projet ?

Au fond, la logique de tout cela est assez claire. Que ce soit en matière de fiscalité, de lutte contre la finance ou pour une autre construction européenne dont nous traçons ici les grands axes, plus le Front de gauche montera et mieux la gauche se portera.


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