MES :

NOUVEAU HOLD-UP

Le 21 février, l’Assemblée nationale a approuvé la mise en place du Mécanisme européen de stabilité (MES). Extrêmement risqué du point de vue financier, antidémocratique et destructeur sur le plan social, le MES a été voté par l’UMP. Dans leur grande majorité, les députés du Parti socialiste ont préféré s’abstenir, plutôt que de voter contre.


23 février 2012

Un FMI à la sauce européenne


Le MES est une société financière, basée au Luxembourg. Son capital est colossal : 700 milliards d’euros. Les actionnaires sont les 17 États de la zone euro, les deux principaux étant l’Allemagne et la France qui devra verser 142 milliards. Ce versement doit se faire de manière « irrévocable et inconditionnelle ».

Une structure toute puissante et opaque


Les décisions sont prises par le « conseil des gouverneurs » qui choisit s’il faut répondre à la demande d’un État. Cela se fait dans la plus grand opacité. Les décideurs, soumis au secret professionnel, sont intouchables, inattaquables. L’Allemagne et la France seules disposent d’un droit de veto. Les autres pays ne peuvent opposer aucun recours à l’encontre des décisions du MES. Ils ne sont pas considérés comme des partenaires mais comme des valets soumis.

Pour la démocratie, on repassera


Les conditions de l’octroi d’une « aide » par le MES ne manquent pas de sel. Elles sont « strictes » et conditionnées l’application sans condition de la « règle d’or ».

Le remède sera fixé par la « troïka » : Commission européenne, Banque centrale européenne et FMI, trois entités non élues et sur lesquelles aucun contrôle n’est possible. Les gouvernements, les parlements ne seront même pas consultés. « Il ne peut y avoir d’amendement et il n’y en aura pas », a déclaré Angela Merkel.
Sauce grecque pour tout le monde !

Le MES consiste, au nom d’une prétendue solidarité, à entériner les plans d’austérité dans une opacité sans limite. Ce qui a été mis en place en Grèce donne une idée de la sauce à laquelle les pays demandant l’aide du MES seront mangés : privatisations massives, réductions des salaires, des retraites, remise en cause du salaire minimum, attaques contre le droit du travail, la protection sociale, hausse de la TVA... Les plans d’austérité définis par la troïka ne pourront en aucun cas être contestés ou amendés, ni par les gouvernements, ni par les parlements.
Rigueur pour les uns, impunité pour les autres
Les créateurs du MES savent se protéger. Ils « ne peuvent faire l’objet de poursuites à raison des actes accomplis dans l’exercice officiel de leurs fonctions ». Chapeau !

En 2005, les Français rejetaient à plus de 55 % le projet de Traité constitutionnel européen. Nicolas Sarkozy a trahi leur vote en faisant adopter le Traité de Lisbonne sans référendum, avec les voix du Parti socialiste et le soutien de François Hollande. Aujourd’hui, ils veulent récidiver.

Seul le Front de gauche s’y oppose et a voté contre le MES à l’Assemblée nationale et propose un référendum. Seul le Front de gauche dit non aux politiques d’austérité qui mènent droit dans le mur, en France comme en Grèce.


Pour une Europe démocratique, votons Front de gauche, votons Jean-Luc Mélenchon !


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