N'est-ce qu'une crise de la finance dérégulée ?


28 novembre 2008

Bien plus qu’une crise du libéralisme et de la finance dérégulée, tout cela témoigne d’une maturation nouvelle de la crise systémique du capitalisme mondialisé. Le système est devenu “ fou ”, non parce qu’il aurait dévié d’un capitalisme “ normal ” et “ sain ”, comme le prétend N. Sarkozy, mais parce que sa logique de rentabilité financière, “ l’argent pour l’argent ”, est poussée à son paroxysme.

C’est donc des règles fondamentales du capitalisme qu’il faut commencer à s’émanciper, au lieu de parler de “ moralisation ” ou de “ transparence ” sans avancer sur de nouvelles règles.

Surtout, on ne peut revenir en arrière vers “ le capitalisme de grand papa ”.

Le capitalisme s’est beaucoup transformé depuis les années 1970. Ce système s’est exacerbé en devant financier. C’est “ un capitalisme au carré ” dans lequel la spéculation prend une dimension structurelle .

En effet, les débuts de la révolution technologique informationnelle diminuent fortement le besoin pour les entreprises de dépenser pour les salaires et les équipements du fait de formidables gains de productivité. Cela rend disponible des masses considérables d’argent pour la spéculation, tandis que la mise en concurrence des salariés du monde entier, à partir des bas salaires des pays émergents, incite en permanence à la recherche de très hauts taux de profit.

De plus, depuis 1971, avec le décrochage des monnaies de l’or, le dollar est devenu une monnaie commune mondiale de fait. Il permet aux Etats-Unis de s’endetter énormément auprès du reste du monde dans leur propre monnaie et de rembourser leurs prêts par l’émission de nouvelles dettes libellées en dollars. D’où une inflation folle de billets verts dans le monde favorisant et accentuant la spéculation.

D’où aujourd’hui cette exacerbation de l’opposition entre les intérêts du capital et ceux des populations. Le système tourne de plus en plus en rond, pour lui-même, de façon perverse. Une obsession domine : faire de l’argent pour l’argent, contre la vie et l’avenir de l’immense majorité des populations, avec l’explosion du parasitisme, de l’immoralité de la rentabilité financière intrinsèque au capitalisme.

Ces transformations sont irréversibles et rendent illusoire la promesse d’un “ bon capitalisme ” des entrepreneurs contre le “ mauvais capitalisme ” des spéculateurs comme dit Sarkozy. Elles appellent un dépassement du capitalisme, le maintien des règles fondamentales de ce système conduisant désormais à la catastrophe. C’est dire si les prétentions des uns à mieux le “ réguler ” et des autres à le “ refonder ” sont autant de pare-feux pour tenter de conserver l’ordre existant, alors qu’il faut commencer à le révolutionner.


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