Mobiliser, unir, transformer

Un parfum de décomposition plane au-dessus de l’UMP. En décidant d’en arracher un pan pour faire du vieux avec du vieux – « Au secours, l’UDF revient ! » –, Jean-Louis Borloo prend acte du rejet croissant de Nicolas Sarkozy et ouvre un refuge pour accueillir à droite ceux qui ne se retrouvent pas dans l’adoption des thèmes du Front national. On ne sait ce qui l’emportera de la déférence soumise au président ou du sauve-qui-peut qui s’empare d’un nombre croissant de députés de la majorité. Á l’Élysée, on espère cependant que le ministre des gaz de schiste élargira l’espace politique pour la prochaine présidentielle. Puisqu’il paraît bien difficile de rassembler pour gagner, il s’agit de diviser pour ne pas perdre, et un Jean-Louis Borloo ferait œuvre utile en neutralisant les dissidences de Bayrou et de Villepin, tandis que l’état-major UMP donnera des gages au Front national. Calculs politiciens échafaudés au sein du cabinet noir présidentiel...


19 avril 2011

Calculs toujours, mais plus sanglants, qui conduisent le régime à lancer guerre sur guerre. Quelle réussite pour Alain Juppé, deux conflits durant les trente premiers jours où il a été en charge de la diplomatie ! De cette fuite en avant qui fait de notre pays la force de frappe de l’Otan, Nicolas Sarkozy attendait des dividendes de popularité. Sa cote continue de chuter. Elle le fera encore plus quand les questions gênantes viendront sur le devant de la scène. Les massacreurs d’Ouattara, qui ont égrainé les charniers au fil de leur avancée, ont-ils été formés, armés et guidés dans les combats par les forces spéciales françaises ? Comment peut se justifier le silence embarrassé de Paris sur les atrocités de Bouéké, de Bloléquin, de Guiglo ? Il s’agit de centaines de personnes massacrées et brûlées vives. Quand on parie sur le pire, il arrive bien souvent qu’il advienne...

Mais revenons à la politique intérieure. La droite se porte mal mais François Hollande est bien présomptueux en affirmant que le prochain président de la République ne peut « être que socialiste ». Cette illusion a coûté cher en 2002. « Nous avons un seul devoir : le devoir de victoire », a proclamé Martine Aubry en concluant le conseil national de son parti qui venait d’adopter à l’unanimité le programme du PS. Pourtant, la responsabilité de la gauche ne s’arrête pas là. Si elle veut surmonter le fossé creusé entre le peuple et la politique, renouer avec la confiance, dessiner une espérance collective et une ambition française, elle a encore du travail. Beaucoup de travail. Et il faudra du courage. Comment promettre en effet de tourner la page du « libéralisme financier » si l’on accepte les menottes du traité de Lisbonne et la camisole de force du pacte pour l’euro ? Quelle crédibilité accorder à l’ambition de restaurer les services publics si, comme François Hollande, on accepte de maintenir le nombre des enseignants au niveau où Luc Chatel l’aura fait chuter en 2012 ? Qui se satisferait du maintien de la réforme des retraites après un léger lifting ? Pour que l’exaspération populaire et l’exigence de changement ne soient pas dévoyées, il est impératif de construire un projet capable de chan-ger la vie et d’unir notre peuple.

Si les échéances de 2012 seront décisives, l’année 2011 n’est pas de trop pour mobiliser les citoyens dans les luttes urgentes contre la vie chère, la précarité, l’école, la santé ou les contre-réformes libérales, comme dans l’éla-boration d’objectifs de transformation. C’est à cela que le PCF a décidé de consacrer ses efforts, tandis qu’il frappait les trois coups de la consultation de ses militants pour désigner le candidat qui affrontera l’élection présidentielle.


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