11 avril 2013 au Polydôme :

Le Front de Gauche en lutte contre l’austérité - en vidéos !

Dans le cadre de ses assemblées régionales de lutte contre l’austérité, initiées en janvier à Metz, le Front de Gauche a organisé à Clermont une réunion où se sont exprimés les représentants de ses différentes composantes ainsi que des délégués des partenaires européens, die Linke pour l’Allemagne et Syriza pour la Grèce.


FRONT DE GAUCHE PUY DE DOME par pcf63


15 avril 2013

« Etre homme c’est [...] sentir en posant sa pierre que l’on contribue à bâtir le monde » écrivait Saint-Exupéry.


Telle sera la conclusion du premier orateur, Eric Dubourgnoux (PCF), conseiller régional et suppléant d’André Chassaigne à l’Assemblée Nationale. Le président du groupe parlementaire ne peut en effet être présent en personne, retenu par l’étude d’un projet de loi sur les biens des sections (une section est une subdivision d’une commune érigée en personne morale distincte et les biens des sections posent toujours d’épineux problèmes dont André Chassaigne est devenu spécialiste- NDLR). Eric s’attache à décrire le courage d’une poignée de députés FdG seuls face à la meute parlementaire dans la discussion sur l’intégration de l’ANI à la loi française. Tout comme l’affaire Cahuzac, la conclusion de cet ANI est révélatrice de la gangrène d’un système qui donne la priorité à l’argent. Depuis un an, au lieu du changement attendu, on assiste à une dramatique continuité dans la soumission aux forces de la finance : TSCG, pacte de compétivité, ANI. Il y a là une politique que le Front de Gauche combat avec la volonté de faire vivre des perspectives. Nous subissons les effets désastreux de 30 ans de politique européenne de libéralisme. Tous les gouvernements ont fait de l’austérité leur fil conducteur. Aujourd’hui on reconnaît qu’elle n’est pas la solution mais le problème. L’humain d’abord ! Il faut avoir en effet une vision humaine et lutter contre les ravages de l’austérité.


INTERVENTION D’ERIC DUBOURGNOUX par pcf63

Trop, c’est trop.

La parole est ensuite à Martine Billard, co-fondatrice du Parti de Gauche. Elle souligne le fait que M. Hollande, une fois encore, vient de rappeler qu’il ne mène pas une politique d’austérité. Le déni a des limites ! Nous vivons l’austérité tous les jours, de la casse des services publics à la mise en œuvre de l’Acte III de la décentralisation, conçue comme une soumission aux puissances financières. Des petites voix se font entendre au sein même du gouvernement pour dire que c’est trop, que l’austérité ne peut mener qu’à la récession. Il y a un an les Français ont voté pour une autre politique. Aujourd’hui la nécessité d’un front commun des peuples d’Europe s’impose. C’est dur pour le Front de Gauche de se battre en ayant l’impression de ne pas être écouté. Pourtant (l’ « affaire » Cahuzac le met en évidence) il propose les vraies solutions alternatives : empêcher l’évasion fiscale, séparer les banques de dépôt des banques d’affaires. Le service de l’Etat ne peut pas se mélanger à celui de la finance. Le FdG est constamment avec les travailleurs qui, en luttant pour le maintien de leur emploi, luttent pour le maintien d’une industrie dans notre pays. ANI, affaires, austérité...il faut en finir et cela passe par la construction de la VIème République (appel à la marche du 5 mai).


Intervention de Martine Billard par pcf63

Deutsches Modell. Wo ist die Wahrheit ? Modèle allemand, où est la vérité ?


C’est ensuite au tour de Klaus Ernst représentant de la gauche allemande, die Linke, de donner à la réunion une dimension politique à l’échelle de l’Europe. Il le fait en démystifiant le fameux modèle allemand sous la forme d’une saisissante confrontation entre la thèse officielle et la réalité. La crise est dramatique, les états du Sud ont vécu au-dessus de leurs moyens et menacent la zone Euro de la ruine. En fait qui a vécu au-dessus de ses moyens sinon les banques et les spéculateurs ? En 2008, pour sauver le système on a bien vite (pour des fauchés) réussi à injecter sensiblement la moitié du PIB de la France. Le modèle allemand se caractérise, entre autres choses, par une baisse de l’impôt sur les capitaux. Le proposer à l’UE c’est appauvrir tous les états membres avec ce renoncement aux ressources fiscales. En Allemagne les milliards des exportations ne sont jamais restitués aux citoyens. Le modèle allemand, qui sait si bien exploiter le déficit des partenaires, a conduit à une totale dérégulation du marché du travail. Les salaires sont faibles, voire très faibles, pour 20% de la population active mais la peur du chômage fait tout accepter. Les salaires allemands sont cassés ! Le modèle allemand c’est aussi un démantèlement social : les retraites (dont les caisses sont en partie privatisées) ne sont pleinement perçues qu’à partir de 67 ans. Tout est mis en œuvre pour alléger ce que devrait être la contribution des entreprises au financement du social. Le bilan est dramatique : les revenus des entreprises explosent et le succès de l’Allemagne se fait sur le dos de ses partenaires européens. Mme Merkel en imposant aux états européens la destruction de leur système social leur apporte chômage et récession. Le chantage, les menaces et la peur président en fait à l’application à toute l’UE du fameux modèle. Face à cela, die Linke avance des propositions pour une autre politique :
- permettre aux états d’emprunter à la BCE au même taux que les banques
- mettre à contribution le patronat et les grandes fortunes, exclure la fraude fiscale
- développer un programme d’investissement pour les pays du Sud
- contre la casse du bien public défendre les salaires, exiger le contrôle démocratique des banques pour une Europe démocratique et sociale
Il faut une gauche forte et combative partout en Europe.


INTERVENTION DE KLAUS ERNST par pcf63

La « mue libérale » des socialistes.


Représentante de la Gauche Anticapitaliste, Myriam Martin aborde son intervention en dénonçant la prodigieuse rapidité de la mue libérale des socialistes qui s’assoient sur la souveraineté populaire. Tout est à rejeter dans l’ANI, c’est une honte d’y voir une avancée sociale. Sur ce terrain, des vraies solutions le FdG en a : donner des droits nouveaux aux travailleurs, interdire les licenciements aux entreprises qui réalisent des bénéfices. Nous devons mener la campagne anti-austérité, prendre l’argent où il est pour le restituer à ceux qui produisent des richesses. Il y a quelque chose de pourri dans la Vème République avec le mariage incestueux entre le monde politique et le monde des affaires. Cela fait émerger le besoin d’une VIème République sociale et démocratique, avec des élus qui ne soient pas des professionnels de la politique. c’est une véritable alternative politique à gauche.


Intervention de Myriam MARTIN par pcf63

Nous ne lâchons rien.


Au nom de la gauche unitaire, Christian Piquet rappelle combien nous avions raison dès 2005 de dénoncer le TCE qui allait faire « entrer dans une zone de convulsion et de tempête ». Avec le seul objectif de baisse des déficits publics, « les grands prêtres de ce dogme mortifère » nous ont conduits dans la pire des récessions. Cette logique folle et impitoyable met toute l’Europe au bord de l’abîme. Et dans notre pays, le refus de la gauche au pouvoir d’affronter la finance conduit à renier tous les engagements pris devant les Français ; après l’affaire Cahuzac qui n’est pas la conséquence d’une dérive individuelle, mais bien celle d’un système permettant notamment à « un petit groupe à prendre plaisir à l’argent facile et à l’économie casino » la question d’une autre perspective politique se pose avec force. « L’heure n’est plus aux ruses », poursuit l’orateur, ni aux discours moralisateurs, mais « au sursaut », ou alors ce sera la débâcle. Il nous revient donc au Front de gauche, de mettre sur la table le programme de salut public, pour rassembler le peuple de gauche en France et en Europe, en portant des mesures d’urgence sur un autre modèle de développement économique, social, sociétal. C. Piquet conclut son propos en citant Edgar Morin qui invite à revenir « aux sources de la gauche qui sont à la fois révolte et aspiration, révolte contre tout ce qui dégrade l’homme et aspiration à un monde meilleur ».


Intervention de CHRISTIAN PICQUET par pcf63

Un génocide social.

La gravité des propos de Zoé Konstantopoulo, députée de Siryza (Gréce) envahit l’assistance, lorsqu’elle décrit la terrible souffrance de ses compatriotes, acculés par la politique impitoyable de la troïka*. Derrière les chiffres terrifiants, un chômage qui touche 27 % de la population active contre 8 % en 2008, un salaire moyen de 870 € en 2009 à 586 € aujourd’hui, la pénurie de médicaments dans les hôpitaux publics, des écoles sans chauffage, 120 000 jeunes scientifiques qui ont quitté le pays, des salariés chassés de leur logement, des centaines de suicides… se dessine un spectre qu’on peut qualifier de « génocide social », indique ZK et « pas d’une simple politique d’austérité ». Dénonçant la renonciation du Pasok et de Papaandréou aux injonctions de l’Europe, elle souligne l’espoir suscité par le bon score de 27 % de Siryza aux élections législatives de juin 2012, aussitôt anéanti par la dictature imposée par « la troïka intérieure » composée des dirigeants du gouvernement Samaras qui ferment non seulement les yeux sur la lutte contre la fraude fiscale et notamment après la publication de la liste Lagarde comportant plus de 2000 noms d’évadés fiscaux grecs mais y compris sur les exactions du parti nazi. Sur cette liste détenue dès 2010 mais cachée par le Pasok, figurent en effet des personnalités connues chez les politiciens, médecins libéraux, hommes d’affaires ou grandes fortunes. Alors, souligne la députée de Siryza, « même si les images de la Grèce d’aujourd’hui sont peut-être celles de la France de demain et l’Europe d’après-demain, ce futur n’est pas une fatalité, il reste à la gauche, à nous, à changer notre avenir »


Intervention de Zoé KONSTANTOPOULOU, députée de... par pcf63

Le 5 mai, le signal d’une remobilisation générale.


Il revient au secrétaire national du PCF, Pierre LAURENT, également président du Parti de la Gauche Européenne (PGE), « la lourde tâche » de conclure la soirée. Après avoir repris à son compte la description catastrophique de la politique européenne par les autres intervenants, il souligne combien la politique d’austérité imposée aux peuples est une impasse cruelle dans laquelle la France se trouve désormais. Toutes les mesures prises actuellement, avec l’ANI, la réduction des allocations familiales… s’inscrivent dans cet objectif de soumission aux marchés financiers. C’est tout le système social français qui est dans le collimateur. Puis le dirigeant du PCF s’arrête un moment sur l’évasion fiscale, pratiquée « comme un sport dans toute l’Europe », grâce à un système qui veut cela. PL propose des mesures concrètes au gouvernement pour la combattre véritablement. Il y a effectivement l’évasion fiscale frauduleuse qu’il faut éradiquer, mais il y a toute l’évasion fiscale légale qui est encore plus importante. Puis il souligne le besoin impérieux que les peuples européens, le peuple de gauche, reprennent la marche de leur mobilisation. « Puisque ce gouvernement ne veut rien changer à son cap, nous devons ensemble reprendre la parole ; le 5 mai prochain, il faut envoyer au pays le signal d’une remobilisation générale, sinon ce sera le désespoir et la résignation ». Le PCF propose quant à lui d’organiser ensuite des assises de la refondation sociale et démocratique jusqu’à dégager « des axes de transformation de la société » et il est important de mener cette bataille à l’échelle européenne.


Intervention de Pierre LAURENT, président du... par pcf63


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