Maison du peuple - Clermont-fd :

MEETING DÉPARTEMENTAL DU PCF ET DE LA GU

En alternant et en partageant analyses politiques et celles de syndicalistes sur les réalités locales ce meeting a su admirablement éviter la lourdeur des grands discours tout en apportant profondeur et légèreté à la dizaine d’interventions qui se sont succédées. Ce que la salle bien remplie a su apprécier.


6 février 2014

Des luttes, des élus pour protéger, une perspective à ouvrir

 : C’est sur ces thèmes que Pierre Laurent ouvre le meeting en soulignant que nous ne pouvons assister aux 3 mois cruciaux à venir en dénonçant une catastrophe prévue par la rupture de confiance entre le peuple et le gouvernement. Alors que la droite et l’extrême droite comptent s’engouffrer dans l’espace politique en refermant le piège contre le peuple, Il s’agit de s’opposer à la politique du gouvernement tout en rassemblant localement, de mettre dans l’action toutes les forces qui ne se retrouvent pas dans la politique de F. Hollande.

Agir, c’est montrer que ce qui pèse c’est le coût du capital, c’est constituer un front de large riposte. La grande marche du 12 avril contre l’austérité en France et en Europe se situe dans cette démarche. Le contrat avec le MEDEF ne suscite pas l’adhésion populaire. Les 3 courants de gauche du PS ont dit leur opposition et le débat est le même chez les Verts, chez les syndicalistes. Cela montre la possibilité de construction d’un large rassemblement. Les municipales sont un moment de cette construction en travaillant à des politiques locales utiles aux citoyens. Le gouvernement sera conduit à se heurter à ces politiques municipales refusant l’austérité. Il importe donc de conforter nos positions. Dans les 7500 communes où nous avons des candidats on pourra compter sur eux s’ils sont élus, comme on pourra compter sur nos députés européens, particulièrement dans la grande circonscription centre –auvergne où, cette fois ci, nous avons la possibilité d’avoir une élue.
Redonner confiance, tendre la main à tous, ne jamais quitter notre ligne de rassemblement et recréer de l’espoir : Voilà notre obsession !

La lutte, les salariés de la librairie des Volcans savent ce que cela signifie.

L’un des leur, François Henri est très heureux d’être reçu ce soir et il en remercie le PCF et tous les militants pour leur soutien. Ils veulent continuer à exercer leur passion, et leur bataille pour créer une SCOP commence à obtenir des résultats : 30 000 euros de promesses de dons en une semaine, l’adhésion d’un éditeur qui va participer au capital de la SCOP et mettre sa production en dépôt vente.

Claude Debons, pour la Gauche Unitaire, intervient sur le besoin de débouché politique du mouvement social

qui peine face à l’obstination dans l’erreur du gouvernement : CICE, ANI, Pacte de responsabilité. Si l’on ne sort pas de cette situation délétère le pire peut survenir, c’est pourquoi les luttes ne doivent pas rester sans perspective politique. D’où la nécessité de montrer qu’il est possible de faire une autre politique en mettant en débat au sein de la gauche des propositions ambitieuses. Il y a besoin d’une plate forme de mesures d’urgence portées par un mouvement populaire à vocation majoritaire. Le Front de Gauche ne peut à lui seul ouvrir une perspective politique à gauche, le croire conduit à désespérer le peuple ! Il s’agit au contraire de redonner un élan au peuple de gauche. Dans tous les cas, y compris aux municipales, il y a besoin de majorités à gauche. Les élections européennes vont poser des questions très importantes. Y répondre c’est dire quelle Europe nous voulons et quelles ruptures avec le fonctionnement actuel.

Christophe Boucheix, syndicaliste du commerce apporte un éclairage sur la réalité de ce secteur où les décisions de justice sur le travail du dimanche sont allègrement transgressées par le patronat.

Il montre l’utilité des élus locaux pour s’opposer à ce détournement du code du travail qu’il serait catastrophique de généraliser. Pour preuve, là où le travail du dimanche est généralisé les salariés n’ont aucune rémunération complémentaire. Il donne à réfléchir sur l’installation de IKEA. Une promesse de 170 emplois, mais combien de suppressions liées à cette nouvelle concurrence ? On n’est pas à l’abri de quelques fermetures retentissantes ! Enfin qui finance les infrastructures routières pour accueillir IKEA ?

Pour sa part André Chassaigne limite son intervention à l’utilité des élus locaux.

En référence au débat au sein du Front de Gauche il démonte l’idée qu’il y aurait ceux qui feraient le choix pur et noble de s’opposer au gouvernement et d’autres qui seraient des vendus. Arroser tout ce qui bouge et apporter sa vérité supérieure devant les journalistes ne fait pas une réponse aux urgences sociales. Redonner confiance en la politique suppose des actes concrets comme être systématiquement aux côtés des salariés et construire des perspectives avec eux. En quelques exemples il donne à voir l’utilité pratique des élus qui ont cette démarche. Ce qui souligne le rôle primordial de nos 10 000 élus. Ne pas laisser le champ libre à la droite ou à la social-démocratie c’est le choix de la responsabilité.

Avant de présenter nos têtes de liste ou chefs de file aux municipales, Dédé souligne combien il y a de quoi être blessés quand, à Clermont, certains ont l’ambition d’apparaître comme les seuls représentants du Front de Gauche. Ceux là mêmes qui de 2008 à 2012 ont été des opposants farouches au Front de gauche avant de le rejoindre en 2013.

Militant syndical infatigable du secteur du bâtiment, René Defroment dénonce par l’exemple la mise en concurrence des salariés à l’échelle européenne

 : 2, 86 € de l’heure sur des chantiers comme le centre Jaude. Il demande que les règles qui s’appliquent soient les mêmes pour tous sur la base de nos acquis sociaux. Enfin il indique que les collectivités locales, donneuses d’ordre en matière de construction, ont une responsabilité lors de la passation des marchés. Elles doivent s’engager, comme à Clermont, pour une déontologie sociale en la matière.

Le secrétaire national de la Gauche Unitaire Christian Piquet revient sur l’incontournable nécessité du rassemblement face à une droite qui ne s’est jamais montrée aussi agressive.

Si F. Hollande a choisi de rompre avec la gauche, alors il nous revient de la rassembler. Dans ce climat où se proclame la haine des Juifs, des arabes, des homosexuels nous devons rassembler toutes les énergies disponibles, sans exclusive et sans préalable. Il nous faut mettre sur la table un programme de salut public. Un programme pour les luttes et pour les élections qui ouvrira le chemin de l’espoir dans la perspective d’un nouveau bloc majoritaire à gauche. Sur le Front de Gauche, il rappelle qu’il est une construction pluraliste, qu’il peut y avoir des désaccords, mais que c’est désespérer les autres que d’avoir un discours de division.
Damien Roméro nous rappelle la lutte des salariés de la T2C et l’apport des élus communistes de Clermont et de l’agglo. Ces élus qui en aidant à convaincre les autres élus et en étant présents à chaque assemblée générale de grève ont montré une bien plus grande utilité que ceux qui, comme Laffont, se sont satisfaits d’un communiqué de soutien par l’intermédiaire de la Montagne.

Cyril, secrétaire départemental du PCF, précise que les militantes et les militants du PCF sont engagés dans les élections municipales avec un seul objectif : améliorer le quotidien de nos concitoyennes et de nos concitoyens.

Il met en évidence la cohérence de ces militants à s’engager localement sur des valeurs de partage, de solidarité, pour défendre et faire vivre les services publics (Crêches et cantines scolaires, écoles, maisons de retraite, logement, postes, transports collectifs, gares et réseau ferré, etc..) et à combattre dans le même temps la politique d’austérité du gouvernement. Car c’est cette politique, dont le credo est la réduction des dépenses publiques, qui met en cause la solidarité. Partant d’exemples de propositions locales des candidats communistes, Cyril montre en quoi ils veulent et peuvent être utiles à la population. Il en est ainsi de la proposition de transports gratuit sur l’agglomération Clermontoise : Liberté, égalité, gratuité.

Les forces réactionnaires sont elles aussi en campagne. Elles veulent profiter de la déception provoquée par les politiques du gouvernement pour conquérir ou reconquérir des positions locales. Alors ne nous trompons pas d’adversaire. Nous avons des désaccords à gauche, des différences d’approche et des divergences profondes quant aux solutions à mettre en œuvre nationalement. Mais ces différences-là ne nous feront jamais confondre la droite et la gauche car à ce petit jeu, il n’y a qu’un seul vainqueur : l’extrême droite.

Gérard Bonher explique alors les raisons qui ont conduit GU et PCF à rencontrer le PS à Clermont

 : S’il est normal que PG et GA défendent leur poulain en la personne d’A. Laffont, ce qui est anormal c’est de casser le Front de Gauche. Et de remarquer que ce candidat ne donne pas une interview sans taper sur la gauche alors qu’il ne dit rien sur la droite.

Gérard souligne alors les orientations essentielles qui ont conduit à un accord avec le PS clermontois : La démocratie, le respect des règles sociales, l’engagement d’un vaste débat sur les transports, y compris avec l’hypothèse de la gratuité, la garantie d’une indépendance totale d’intervention et de réflexion.

Roland Champrobert, militant syndical cheminot détaille les enjeux de la bataille pour la défense du service public ferroviaire

 ; Les raisons de l’endettement du réseau ferré et le désengagement de l’Etat, l’abandon du fret divisé par 2 en dix ans et récupéré par la route qui assure 90 % du transport de marchandises ; Les revendications et projets de la Cgt pour enrayer le désert ferroviaire sur notre département, pour relancer le transport par rail. Les usagers et les élus ont un rôle significatif à jouer pour faire aboutir ces projets et empêcher un nouvel éclatement de la SNCF.

Enfin, cerise sur le gâteau Anne Sabourin, jeune candidate aux européennes pour notre circonscription, nous donne un aperçu de la campagne qu’il est nécessaire d’aborder, tant le temps sera court après les municipales.

Cette Europe, si loin et pourtant si proche puisqu’elle est partout jusque dans nos assiettes, a dépassé toutes les lignes rouges, avec une seule ambition : sauver le capital et nous faire payer l’adition ! Sa dernière trouvaille : le grand marché transatlantique, paradis des multinationales et pour nous le poulet à l’eau de javel.

Face à l’Europe de la régression on peut retrouver celle du non au traité et être en tête de la gauche. Il nous faut des députés de résistance mais aussi porteurs d’une autre vision, d’un autre projet. Celui d’un grand plan d’investissement pour relancer l’économie ; d’indépendance de la BCE ; D’une harmonisation par le haut du droit du travail ; D’une sortie de l’OTAN, de paix et de coopération entre les peuples.

C’est ce que permet le mouvement d’unification de la gauche européenne derrière la candidature d’Alexis Tsipras, une candidature qui suscite enthousiasme au-delà de nos forces. On peut faire de grandes choses à l’occasion de ces élections et comme le dit Alexis Tsipras : prendre la bastille néolibérale !


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