A Clermont-Ferrand, :

Les volcans s’éveillent !

De cette fin mai 2014, les peurs qui naissent d’un résultat électoral dangereux ne doivent pas servir à éclipser les luttes victorieuses engagées par les salariés. Un de ces combats du quotidien, celui des salariés des Volcans à Clermont-Ferrand vient en effet d’aboutir à de vraies solutions innovantes et garantes du maintien de nombreux emplois. Faut-il y voir un simple clin d’œil à l’histoire ou un exemple à suivre, riche d’enseignement politique ?


10 juillet 2014

Nous penchons naturellement vers la deuxième solution. Car nous retrouvons les mêmes ingrédients. Celui d’actionnaires qui sont prêts à marchandiser la culture et ses salariés devenus proies de nettoyeurs recrutés pour mener tambour battant le plan social. Celui d’une implantation syndicale forte (CGT), grâce à laquelle des salariés font le choix de ne pas se laisser enfermer dans le seul jeu de l’abandon d’activité et de l’indemnisation pour perte d’emploi.

Hâtivement justifié par le basculement vers le tout-numérique ou la concurrence des ogres du commerce électronique, c’est la destruction du métier de libraire par une multinationale qui transparaît. La chaîne voulait raréfier le livre papier pour inciter ses clients à passer par son site Internet, elle n’a réussi qu’à saccager les librairies.

«  On est devenus des commerces comme les autres, souffle une libraire. On fait le choix d’aller dans le secteur du livre, on sait qu’on ne va pas bien gagner notre vie, mais on est dans notre élément : le contact, la lecture, le conseil, le choix, la culture… Mais Bertelsmann et Najafi nous ont transformés en boutiquiers. On a longtemps pensé qu’on n’était pas délocalisables, mais on a fini par comprendre qu’aux yeux de ces financiers on était dématérialisables.  »
La création d’une société coopérative ouvrière de production (SCOP), s’est concrétisée aprés plusieurs mois de lutte.
Epaulés par le représentant régional du mouvement des scop, par le ministère de l’économie sociale et solidaire, aidés par le centre national du livre et l’association pour le développement de la librairie de création (ADELC), soutenus par leurs clients qui constitueront une association des amis des Volcans et récolteront prés de 50 000€ pour contribuer à la reprise, les libraires investissent toutes leurs indemnités de licenciement et la moitié de leurs droits au chômage, soit prés de 300 000 €, dans ce qui devient leur propriète collective. Ce qui permet, aux côtés de l’engagement personnel des salariés, de l’engagement bancaire et des collectivités de redonner un nouveau départ à une librairie héritiére d’une histoire séculaire en plein coeur de Clermont-Ferrand.
Derrière le maintien et le renouveau de la Librairie et ses salariés, derrière leur détermination à faire vivre ce lieu, connu et apprécié de tous, il y a aussi cette fierté de ne pas laisser aux seuls financiers le rôle de maîtrise de l’économie.

« Nous sommes la seule librairie issue de chapitre à repartir avec autant de salariés qu’à la fermeture. C’est nécessaire, il nous faut des livres et des salariés compétents qui veulent faire ce métier où, certes, on ne gagne pas beaucoup d’argent, mais où il y a de la passion. On va essayer de faire un travail intelligent avec des animations, des choix ... Mais aprés, ce sera aux clients de venir, de perdre leurs habitudes d’acheter chez les géants du commerce électronique comme Amazon. Ils ont voulu qu’on sauve notre librairie à Clermont, on le fait, mais la balle est aussi dans leur camp ... »

Faisons-en aussi une grande bataille citoyenne des consom’acteurs que nous devons être !

Jean-Christophe CERVANTES
Section Clermont-fd


Je contribue
La contribution

forum info modere