Suppressions d'emplois chez Michelin :

Les élus communistes clermontois demandent au gouvernement d'agir

L’annonce par le groupe Michelin d’un plan de restructuration touchant plusieurs sites en France, dont Clermont-Ferrand, est une mauvaise nouvelle pour notre ville, notre région.


7 juillet 2009

Nous assistons en réalité à un énième plan de suppression d’emplois. Après bien d’autres, Michelin s’appuie sur la crise pour diminuer les effectifs et augmenter la productivité et les profits.

Une fois de plus, c’est l’emploi industriel et les salariés qui payent la crise des capitalistes. Rappelons que cette entreprise a tout de même réalisé 357 millions d’euros de bénéfices nets en 2008, que pour les quatre dernières années, Michelin aura distribué près de 800 millions d’euros aux actionnaires, qu’en moyenne, depuis 20 ans, l’industrie génère 3 à 3,5 % de gains de productivité contre 1 à 2 % pour les services. Or, ce sont les gains de productivité qui génèrent de la croissance.

Cette décision illustre hélas l’inefficacité du plan de relance du gouvernement en particulier pour le secteur automobile.

Le gouvernement doit changer de logique politique. Il est nécessaire de modifier la définition du licenciement économique pour exclure notamment de ce champs les entreprises qui ont dégagé des bénéfices constitués des réserves, distribué des dividendes ou reçu des aides publiques. Il faut mettre en cause le pouvoir des actionnaires en donnant des nouveaux droits d’intervention aux salariés permettant à ces derniers d’intervenir dans les choix stratégiques.

« Le conseil municipal de Clermont-Ferrand se déclare solidaire des salariés de l’entreprise. La politique du gouvernement doit relever les défis de la situation économique actuelle et se donner les moyens de préserver l’outil industriel français.

Le conseil municipal demande à l’Etat d’intervenir auprès de Michelin pour que le plan social soit abandonné et que les salariés ne fassent pas les frais d’une crise dont ils ne sont pas responsables ».

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Déclaration du groupe

Tout comme Sarkozy et son gouvernement qui ont attendu le lendemain des européennes pour annoncer toute une série de mauvais coups allant de l’augmentation de l’âge de départ en retraite à la baisse de dépenses sociales, MICHELIN passe à la vitesse supérieure avec l’annonce de 3000 suppressions d’emplois en France dans les 3 ans à venir et la fermeture de l’usine de Noyelles-lès-Seclin.

Comme les autres, profitant de la crise, Michelin veut, pour maintenir son taux de profit, tailler dans les effectifs et augmenter la productivité.
Il en profite pour annoncer la « restauration de la compétitivité de l’entreprise » visant une rentabilité financière à 2 chiffres ! Comme les autres, il pratique le licenciement des intérimaires et des CDD, après avoir imposé congés et RTT aux salariés en CDI , après des mesures de chômage partiel et une politique salariale désastreuse, alors que chaque salarié du groupe a crée en 2008 plus de 140 000 € de richesses !

L’argent existe pour augmenter les salaires, développer et non supprimer l’emploi, et satisfaire les revendications et non réduire les acquis sociaux

Pour des centaines de familles subissant la crise économique, se profilent, avec l’annonce de Michelin, des difficultés financières, des vies bouleversées.

Qui peut croire que les mesures de reclassement internes à des centaines de kilomètres pour les salariés de Noyelles-les-Seclin représentent une solution alternative ?

Quant au 100 millions d’euros d’investissement prévu pour le site de Ladoux, ils sont annoncés depuis 2007. Même si cela va dans le bon sens, que représentent ces 100 millions d’euros par rapport au 16 milliards de chiffres d’affaires ? N’est-ce pas un petit artifice pour mieux faire passer son plan de suppressions d’emplois auprès de l’opinion publique ?

C’est l’emploi industriel et les salariés qui payent la crise des capitalistes. Pour mémoire, les dividendes versés aux actionnaires des entreprises industrielles représentaient en 1985 moins de 5% de la valeur ajoutée des entreprises. En 2008, ils s’élevaient à 24%. En 1993, les revenus financiers des entreprises représentaient 34% des revenus issus de l’activité productive, en 2008 ils ont bondi à 76%. Ces quelques chiffres montrent la réalité du cancer financier.

Le Président de la République au congrès de Versailles fait mine de s’indigner de voir l’industrie foutre le camp du pays et propose un emprunt pour des secteurs stratégiques et des priorités nationales.

Le dernier emprunt d’Etat Balladur de 1993 avait surtout enrichi les gros contribuables et dopé la croissance financière et il avait couté à la collectivité publique 90 milliards de francs tout en ne lui rapportant que 40 milliards !

Que ce soit chez Caterpillar, Continental, l’automobile, les banques, les services publics...il est plus que temps que les salariés obtiennent des pouvoirs nouveaux permettant aux salariés d’intervenir dans tout ce qui fait la vie des entreprises : choix industriels, gestion de l’emploi et des compétences, formation, utilisation de l’argent et du crédit, nature et localisation des investissements, organisation et condition de travail.

Il s’agit de passer des droits consultatifs à de véritables droits décisionnels dans la gestion des entreprises et notamment pour l’emploi.

Ce ne sont point des vœux ou des discours fustigeant le capitalisme fou dont les salariés ont besoin, ce sont des lois qu’il faut.

Les députés communistes ont déposé le 28 mai 2009 plusieurs propositions de loi pour lutter contre la crise et notamment une proposition de loi visant à modifier la définition du licenciement économique pour exclure notamment de ce champ les entreprises qui ont dégagé des bénéfices, constitué des réserves, distribué des dividendes ou reçu des aides publiques.

Cette loi a été repoussée par la Droite et le Modem. Or, si elle avait vu le jour, Michelin aurait eu bien plus de mal pour procéder à ces licenciements visant à accroître le profit et la rentabilité financière.

Michelin doit négocier une autre répartition des richesses, développer l’emploi et donc arrêter son plan social.


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