Les 90 ans du Parti Communiste Français

La Fédération et les communistes du Puy-de-Dôme, remercient toutes celles et tous ceux qui ont répondu à leur invitation de venir partager le verre de la solidarité et de la fraternité à l’occasion du banquet. Merci aussi aux syndicalistes qui sont venus en nombre et qui ne ménagent pas leur peine tant les difficultés sont grandes. Merci à l’association des amis de l’Huma de sa présence et de sa participation. Merci aussi à notre secrétaire national, Pierre Laurent, de sa présence lors de notre banquet qui a marqué la fin d’une riche semaine d’initiatives pour célébrer les 90 ans du Parti Communiste.


Marx en vacances à Clermont-Ferrand !

Pour fêter dignement les 90 ans de notre parti, il fallait du beau monde ! Pierre Laurent ayant accepté notre invitation à déjeuner quel communiste plus célèbre que Karl Marx pouvions nous recevoir ? Aucun !
C’est donc Marx en personne (hum….vous êtes certains que c’est lui ?) que nous avons retrouvé mardi 11 octobre sur la scène de la salle Boris Vian à la maison des congrès. Nous n’étions que 85 dans une salle qui contient 270 personnes, quel dommage. Le Comédien Yvan Morane jouait un texte d’Howard Zin « Karl Marx le retour »
Il était étonné Karl il ne comprenait pas pourquoi nous avions mis le monde dans cet état malgré ses recommandations. Il s’est aussi souvenu de son engagement, moteur, mais aussi fossoyeur de son foyer.
Il à demandé pardon à sa femme et ses enfants pour cette vie de déraison où la pensée émancipatrice efface l’ici et maintenant.
Il est ensuite retourné au paradis des grands penseurs et nous a laissé avec nos rêves d’un monde meilleur, mais certainement nous à-t-il laissé aussi le meilleur de sa pensée.

Patricia AUCOUTURIER

L’exposition

Quelle était riche et belle notre exposition pour le 90ème anniversaire de notre Parti. C’est toujours un défi que de réussir une telle exposition, ce pari a été gagné grâce aux nombreux acteurs qui l’ont confectionnée.

Un grand coup de chapeau à notre archiviste en chef, Maurice FRADIER qui durant plusieurs semaines dans son laboratoire qu’il affectionne, rechercha, tria, les documents qui devinrent l’ébauche de ce travail minutieux de recherche.
Retracer l’histoire de notre fédération depuis sa création en une exposition, fût pour de nombreux communistes la résurgence de souvenirs inoubliables, et un grand moment d’émotion. Emotion pour chaque communiste qui retrouve dans cette perspective son parcours militant, des jeunes années, des moments de joie et de bonheur mais aussi des heures tristes et dures.

Ce moment est donc aussi l’occassion de se souvenir de celles et ceux qui nous ont précédé, qui ont ouvert le chemin, qui ont vaillamment résisté pour nous permettre aujourd’hui de reprendre le flambeau.

Que soit remercié, ici, tous les artisans d’une telle réussite. Ce qui fit dire à un camarade, à la fin du banquet « Aujourd’hui, je suis fier de mon parti. »

Claude TIZORIN

Le Communisme est-il toujours un projet d’avenir ?

Un peu plus de 90 ans après le congrès de Tours, en 1920, près de 220 personnes dont un tiers de jeunes se sont rassemblés dans l’amphithéâtre de la faculté de lettres de Gergovia pour participer au débat : « Le communisme est-il un projet d’avenir ? ». Etaient présents à leurs cotés pour répondre à ce questionnement, Pierric Annoot (secrétaire général du MJCF), Henri Malberg (président des lecteurs de l’Huma), Christian Godin (professeur de philosophie) et Serge Wolikow (professeur d’Histoire contemporaine). Ce que l’on peut en retenir c’est que, oui, le communisme est un projet d’avenir. Projet d’avenir car il est une réponse de société générale et une véritable alternative au système capitaliste. En effet, face à la concurrence, les communistes défendent la solidarité ; face à la loi du marché, ils défendent l’Humain. Le communisme est le désir naturel de l’être humain, son aspiration, à une société plus juste, sans exploitation. Il est loin aussi de ce qui a pu se faire en URSS, car il n’est pas la prise du pouvoir d’un Parti ni d’un sauveur suprême, mais du peuple pour l’intérêt général ; il est l’avancé de la démocratie. Aujourd’hui face à la précarisation de leur vie, les jeunes prennent conscience qu’une réelle alternative au système capitaliste s’impose, qu’ils sont en droit d’exiger un avenir meilleur, de nouveaux droits telle la gratuité des transports ; et qu’ils sont capables d’imposer ce changement nécessaire qui pourrait bien être le communisme. C’est ensuite autour d’un verre que le débat a pu se poursuivre lors du pot offert par les Jeunes Communistes du Puy de Dôme qui se sont vus renforcés et grandis après ce débat et prêt à mener de nouvelles luttes, entre autre contre l’austérité que l’on tente de nous imposer face à l’urgence sociale qui grandit de jour en jour.

Thibault CHAMPROBERT

Marx, Lénine, Gramsci, Jaurès avec André TOSEL et Bruno ANTONINI

Cette rencontre invitait à une réflexion-débat sur les apports de trois figures majeurs du socialisme du XX° siècle, Lénine, Gramsci et Jaurès.

André Tosel, universitaire spécialiste de la pensée de Gramsci et de la philosophie italienne et Bruno Antonini, auteur d’une thèse sur Jean Jaurès, sont intervenus successivement samedi 15 octobre à l’Université Blaise Pascal.

Selon André Tosel, l’échec de la Révolution soviétique est le grand drame du XX° siècle. Il est nécessaire de s’approprier de manière critique cette expérience tragique de l’histoire du marxisme. S’agissant des deux théoriciens que sont Lénine et Gramsci, il est nécessaire de bien distinguer leur apport respectif liés à leur condition historique d’existence. Lénine est le grand artisan de la Révolution d’octobre tandis que Gramsci, co-fondateur du Parti Communiste italien, passe la plus grande partie de sa vie dans les geôles mussoliniennes. Autant l’un est homme d’action autant l’autre est condamné à l’immobilité. De plus, alors que Lénine tente de mettre en application, dans un contexte historique difficile, les thèses qu’il croit justes, Gramsci est le contemporain de Staline et des dérives cruelles du système meurtrier qu’il génère.

Dans un exposé très dense, André Tosel, développe six thèses qui expliquent le destin du mouvement communiste dans ces années de construction révolutionnaire :

1. L’histoire humaine a un sens : celle de son auto-production par le travail ;
2. La tragédie du travail humain est due à l’hégémonie du Mode de Production capitaliste, lequel génère la lutte des classes ;
3. Il existe une contradiction fondamentale entre les formes de vie secrétées par les formes du développement scientifique et technique et l’impératif catégorique capitaliste : accroître sans cesse les profits. En ce sens, il y a crise permanente et la Révolution russe est à comprendre à partir de cette troisième thèse ;
4. La construction du socialisme exige une organisation de masse afin d’affronter l’appareil de classe dominant. De là, la conception léniniste d’un parti qui soit le parti d’avant-garde de la classe ouvrière, capable de se transformer en appareil d’Etat.
5. Il revient au Parti d’exprimer d’autres exigences démocratiques ;
6. Le parti doit organiser une révolution culturelle afin que les masses accèdent à l’hégémonie.

Ce que Lénine reproche à la social-démocratie, c’est d’avoir été incapable d’organiser le monde nouveau susceptible de transformer la violence révolutionnaire en acquis. Cette constatation entraîne une rupture avec la conception sociale-démocrate à partir de laquelle Lénine développe sa conception personnelle du parti. Il faut, pense-t-il, partir de la spontanéité du peuple afin d’aller vers l’organisation de cette spontanéité via le parti afin de retrouver cette spontanéité transformée démocratiquement. Il va de soi que cette analyse correspond à une situation historique particulière bien déterminée. Il reste que l’on peut s’interroger sur cette violence et qu’est-ce qui a fait que cette violence révolutionnaire s’est transformée en violence d’état.
Gramsci, contemporain de Staline, se rend compte que la révolution piétine. Selon lui, il faut utiliser les contradictions du capitalisme, par exemple les techniques du taylorisme. Le concept d’hégémonie est d’origine léniniste dans une stratégie d’alliance. Pour Gramsci, placé dans une toute autre situation que celle de la jeune U.R.S.S, il faut obtenir des consensus de la population et créer des intellectuels organiques capables de transformer les conditions matérielles afin d’obtenir une réforme morale et intellectuelle.

Selon Bruno Antonini, l’idéal jaurésien imprime le réel d’aujourd’hui. Pour Jaurès, la question de l’appropriation du Mode de Production capitaliste se pose.

L’appropriation sociale de la production provient du travail. Rousseau est le père du socialisme français. Jaurès se sépare des radicaux qui ne mettent pas en question au nom d’un égoïsme naturel la propriété privée. Jaurès appelle de ses vœux un nouveau rapport à la propriété et il s’inspire à la fois de Proudhon et des socialistes utopiques.

Dans un article de L’Humanité du 12 février 1911, Jaurès soutient une politique de service public comme mode d’appropriation collective. Le socialisme jaurésien est républicain mais n’est pas marxiste. Bruno Antonini insiste sur ses emprunts à Ferdinand Lassalle en désaccord avec Marx quant au rôle de l’Etat qu’il conçoit à la manière de Hegel : l’Etat est méta-politique, au dessus des intérêts de classe. Pour Jaurès, le meilleur moyen d’être révolutionnaire, c’est d’être réformiste.

Ces exposés d’une haute exigence théorique ouvrent des pistes de réflexion et sans doute de débats pour tous ceux, communistes ou non, qui s’inscrivent dans une stratégie de Front de Gauche. Ainsi, qu’en est-il de l’hégémonie que revendiquait Gramsci pensant que la classe ouvrière et ses intellectuels organiques pouvaient instaurer un pouvoir via l’école, les medias, les églises … Qu’en est-il aujourd’hui quand l’idéologie néo-libérale règne en maître sur nos comportements individuels et collectifs ? André Tosel a regretté la désertion de la jeunesse dans le combat politique. Il parle du « divertissement dans le désespoir ».

Quant à nous, membres du Parti Communiste, une question se pose. Sommes-nous toujours dans l’héritage de Marx ou dans celui de Jaurès ? A lire nos propositions dans le programme partagé, nul doute que nous sommes devenus plus jaurésiens que marxistes. Enfin, il manquait une figure essentielle dans le débat, celle de Rosa Luxembourg, chez qui nous aurions pu trouver sans doute un autre éclairage. Mais l’après-midi n’y aurait pas suffi ! Puissent les interventions mensuelles des Amis de l’Humanité nous offrir toujours des échanges aussi riches que ceux permis par les apports d’André Tosel et Bruno Antonini. Qu’ils en soient remerciés.

Jean Knauf


Clermont1ere - JT du 07/10/2011 par Clermont1ere


Je contribue
La contribution

forum info modere