« Accord pour l’emploi » :

Le droit du travail dynamité

Cet accord sur le droit du travail est une régression fondamentale du droit du travail que les quelques petites et marginales avancées ne peuvent en rien justifier. Son contenu se situe simplement dans l’adaptation aux exigences du patronat pour faciliter les licenciements et accentuer la flexibilité.

"Lorsqu’on restaurera l’esclavage, la CFDT négociera le poids des chaînes."

Susan George
(présidente d’honneur d’ATTAC)


24 janvier 2013

Alors qu’il fallait, selon la feuille de route fixée par le gouvernement, en refaire la «  forme normale  » d’embauche, le CDI est un peu plus ébréché, et les diverses formes de précarité (CDD, temps partiel) pas réellement dissuadées. Les salariés toujours plus considérés comme variable d’ajustement des choix patronaux continueront ainsi de voir augmenter leur précarité et par la même leur insécurité.

Après avoir touché 20 milliards d’aides publiques, le Medef en veut toujours plus : licencier plus vite, plus facilement, moins cher et sans contrôle. Pour les patrons la sécurité c’est maintenant ! ?

Et les quelques syndicats habitués à peser le poids des chaînes devraient changer de balance : Qu’est ce qu’une taxe pour les contrats courts à côté du droit fondamental de licencier sans motif ? Qu’est ce qu’une « complémentaire » santé à charge des salariés, à côté de l’acceptation de pactes de compétitivité baissant les salaires, allongeant les durées de travail et augmentant le nombre de chômeurs ?

Alors que la démocratie sociale fait partie de ses priorités, le gouvernement peut-il raisonnablement envisager d’inscrire dans la loi un texte approuvé seulement par trois syndicats, dont deux risquent fort de perdre prochainement leur représentativité, et rejeté par deux des plus influentes centrales ?

Alors que la rentabilité financière des entreprises est en hausse, le chômage explose et le pouvoir d’achat baisse freinant ainsi la relance économique. Combien faudra t-il de hausses consécutives du chômage, dont les conséquences sociales sont dramatiques pour changer une politique économique aujourd’hui catastrophique en Europe ?

Désormais, c’est aux salariés, à l’ensemble de la société, de s’emparer du dossier. Tout comme la question de l’austérité, la lutte contre les licenciements et la précarité mérite le plus large débat citoyen. À gauche, comme parmi les syndicats, les propositions alternatives pour une véritable sécurité sociale professionnelle ne manquent pas. N’en déplaise à Mme Parisot qui croit voir la fin «  d’une philosophie de l’antagonisme social  », une majorité de Français, selon un récent sondage, considère toujours la lutte des classes comme une réalité. Et cette nouvelle offensive patronale contre le droit du travail ne peut que leur donner raison.

Face à l’urgence sociale, à la précarité galopante, il faut des garanties nouvelles pour les salariés, des emplois stables et bien rémunérés, des droits nouveaux d’interventions sur la stratégie des entreprises, un parcours professionnel attractif et sécurisé, une protection sociale de haut niveau.


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