Retour sur .... :

LUMINOX

21 emplois supprimés chez LUMINOX : un nouveau coup porté à l’industrie auvergnate. La grève menée par les salariées de COOPER Sécurité s’est achevée mercredi 19 octobre. Réunies en Assemblée Générale, les salariées de LUMINOX ont voté la reprise du travail après quatre semaines de grève pour s’opposer au Plan de Sauvegarde de l’Emploi (PSE)- le capitalisme a l’art et la manière de détourner les mots-.


21 octobre 2011

Ce conflit, qui aura vu des femmes courageuses se battre jour et nuit pour refuser l’inacceptable loi du profit, a finalement débouché sur un protocole d’accord portant sur la suppression de 21 postes de fabrication. L’accord accepté prévoit, entre autre, l’octroi d’une prime de 60 000 € net aux salariées concernées sans condition, la mise en place d’une cellule de reclassement ainsi que la reconduction du même protocole en prévision d’un nouveau plan social dans les deux ans à venir.

Une direction sourde.

La direction de COOPER Sécurité, ex LUMINOX, à Riom aura obtenu par la force son projet de délocalisation de la production riomoise. Durant ces journées de grève, le PDG de l’entreprise a misé sur le pourrissement du conflit, restant sourd aux revendications des salariées et usant d’intimidation et de tentative de division. Il aura même perdu son sang froid à quelques reprises. Il faut dire que Francesco Cagliero ne s’attendait certainement pas à un mouvement d’une telle ampleur quand, au mois de juin, il annonçait aux salariés son plan qui allait jeter dans la souffrance 25 femmes travaillant sur les lignes de production. Il espérait que chaque employée accepterait, sans discuter, de négocier son départ individuel. Les choses ne se sont pas passées ainsi puisque très vite, les salariés ont décidé d’agir à tous les niveaux pour que ce plan social ne voit pas le jour. Les journées de grèves auront permis aux salariées d’être unies et de mener une lutte exemplaire.

Le Front de Gauche au coeur de la lutte

Les élus communistes et du Front de Gauche ont été aux côtés des salariées de COOPER Sécurité. Au Conseil régional, au Conseil général et à Riom Communauté, ils ont présenté et fait voter des vœux et des motions de solidarité et de défense de l’industrie régionale. Ils ont également multiplié les courriers au préfet et à la direction. Le Front de Gauche, la section PCF de Riom aura été, avec l’UL CGT riomoise, à l’origine d’une pétition signée par plus de 1000 citoyens du territoire.

Des questions pour nos actions.

Avec les luttes, comme celles de Régional, GoodYear, T2C, Luminox, différentes les unes des autres, le PCF, ses élus et le Front de Gauche ont concrétisé leur volonté d’être au cœur des luttes. Les salariés eux même ont salué l’utilité d’avoir des élus relais des préoccupations de leurs luttes. A Luminox, nous avons butté sur la difficulté d’installer un rapport des forces empêchant les 21 licenciements. Pendant encore combien de temps le patronat et les actionnaires continueront-ils d’imposer leurs choix catastrophiques pour les salariés et l’économie de notre région, de notre pays. Un pays qui ne produit pas de richesse n’a pas d’avenir. Partant de ce principe, nous devrons travailler pour mettre toutes nos forces et nos propositions pour empêcher les actionnaires de faire la loi. Ainsi il paraît primordial de se poser partout les questions sur tous les gestes adéquats pour multiplier les initiatives, impliquer tous les pouvoirs publics et les populations. Il s’agit de renverser les rapports des forces et d’imposer d’autres choix et débouchés aux luttes.

Retour sur un drame humain
et territorial

La suppression de ces 21 emplois aurait pu résulter d’une météo économique qui ne soit pas vraiment au beau fixe. Sous l’effet de la crise, le groupe aurait pu subir de lourdes pertes. Sauf que le soleil brille sur les comptes de cette entreprise qui a enregistré un bénéfice de 8,7 millions d’euros. La productivité des ouvrières a même doublé en l’espace de trois ans. Pour arriver à de tels résultats, le « boss » n’a pas hésité à mettre en œuvre un « management » barbare développant la pression sur ses salariés en poussant à produire toujours plus. Flicage maximum, temps de pause réduits, la méthode Calgiero a de quoi révolté. Et pourtant, les salariées acceptent de jouer le jeu pour le développement de l’entreprise et espèrent ainsi vivre des jours meilleurs. Avenir dont elles ne verront jamais la couleur. En revanche, les actionnaires, eux, étaient en 2010 sur un nuage, se partageant la coquette somme de 25 millions d’euros.


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