LE PEUPLE des Indignés

De Madrid à New York, comme dans des centaines de villes à travers le monde, les Indignés ont manifesté à travers la planète pour dénoncer le poids de la finance et les politiques d’austérité qui, disent-ils, mènent le monde à la ruine et condamnent une partie de l’humanité à la pauvreté.


24 octobre 2011

Inspirés par les Indignados espagnols, galvanisés par le mouvement Occupy Wall Street, les premiers manifestants ont défilé en Nouvelle Zélande, suivis par les Européens avant de laisser la place aux New Yorkais.

En France, plusieurs milliers de manifestants ont défilé à Paris et dans une trentaine de villes de province. Plusieurs centaines d’Indignés se sont rejoints samedi après-midi sur la place de l’hôtel de ville à Paris pour une assemblée populaire répon¬dant à un appel international sous le mot d’ordre Tous ensemble pour un change¬ment mondial ! « C’est un mouvement qui cherche à créer un espace pour une réelle démocratie 7, a indiqué un porte-parole où se tenait la réunion des ministres des Finances du G20. « Il y a beaucoup de jeunes et à partir du moment où les jeunes se mobilisent, c’est extrêmement positif, c’est facteur d’espoir », a commenté Eric Coquerel, secrétaire national du Parti de Gauche, qui participait au rassemblement.

À Londres, où des heurts mineurs avec la police se sont produits à la mi-journée, 800 Indignés se sont rassemblés dans la City et ont reçu le renfort inopiné du fon¬dateur de Wikileaks Julian Assange. « Nous soutenons ce qui se passe ici parce que le système bancaire à Londres est le bénéficiaire d’argent issu de la corrup-tion », a lancé le fondateur de WikiLeaks sur les marches de la cathédrale Saint-Paul, où étaient massés les manifestants.
À Madrid, cinq colonnes sont parties des quartiers périphériques pour refaire le chemin jusqu’à la Puerta del Sol, la place emblématique qu’ils avaient occupée pendant un mois au printemps. « Le problème, c’est la crise, révolte-toi », proclamait une grande banderole en tête de la marche partie de Leganes, à une quinzaine de kilomètres au sud de Madrid. Une autre portait l’un des mots d’ordre favoris des Indignados : « Si vous ne nous laissez pas rêver, nous ne vous laisserons pas dormir ».

Des violences ont éclaté à Rome où la police a chargé des manifestants alors que des dizaines de milliers de personnes manifestaient pacifiquement, brandissant des pancartes Une seule solution, la Révo¬lution ! « Nous ne sommes pas des biens dans les mains des banquiers ».
À New York, le mouvement Occupy Wall Street, qui s’est nourri aux États-Unis du chômage des jeunes et de l’accroissement des inégalités, et occupe un parc depuis le 17 septembre, a appelé à un rassemble¬ment à Times Square.

En Europe, les Indignés sont descendus dans les rues un peu partout. Aux Pays-Bas, un millier de manifestants se sont rassemblés à La Haye, autant sur la place de la Bourse à Amsterdam, et un millier encore sur la Paradeplatz à Zurich, place emblématique de la finance suisse.

Cinq mois après l’apparition du mouve-ment, le 15 mai à Madrid, les Indignés ou d’autres groupes comme Occupy Wall Street ont ciblé tout particulièrement de hauts lieux de la finance mondiale, comme le quartier des affaires de New York, la City de Londres ou la BCE à Francfort, devant laquelle 5 000 à 6 000 personnes se sont rassemblées.

« D’Amérique jusqu’en Asie, d’Afrique à l’Europe, les peuples se lèvent pour revendiquer leurs droits et réclamer une vraie démocratie », affirme le manifeste du 15 octobre. « Les puissances travaillent pour le bénéfice de quelques-uns, ignorant la volonté de la grande majorité. Cette situation intolérable doit cesser. »


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