Contribution de Baptiste GIRON :

LA RETRAITE EST UNE AFFAIRE DE JEUNES

Depuis plusieurs mois une vague de rigueur s’abat sur l’Europe. La course au profit et à la spéculation dans laquelle s’enferment les Etats européens les conduit à mettre en place des plans visant à réduire les dépenses publiques. Ainsi, la Grèce se voit aujourd’hui forcée de contracter un emprunt sous condition de rigueur, entraînant entre autres le gel des pensions de retraites et d’importantes baisses de salaire pour les fonctionnaires… Une situation qui sert de prétexte au gouvernement français pour justifier sa prochaine réforme des retraites et sa politique d’austérité.


28 mai 2010

La retraite une affaire de jeunes !

Alors qu’Eric Woerth, ministre du travail affirmait il y a quelques semaines : « Je veux dire aux jeunes de 20 ans que c’est justement pour eux que nous faisons cette réforme », nous dénonçons l’hypocrisie d’une situation où ce qui est mis en place au nom des jeunes se fait une nouvelle fois sans eux, et surtout contre eux. C’est pourtant sur nous que reposera le financement des retraites à l’avenir, et nous qui subirons toute modification du système actuel. C’est donc en tant que jeunes que nous défendons le droit pour tous à une retraite à 60 ans, à taux plein, et financée par répartition. A l’inverse, le gouvernement tente de nous imposer une double peine en reculant l’âge de départ en retraite : le recul de l’âge d’entrée dans la vie active mêlé à l’allongement de la durée de cotisation et à la baisse des pensions, nous amènera à renoncer à une retraite à taux plein faute d’avoir pu cotiser suffisamment longtemps.

Un seul objectif : précariser plus !

Pour justifier cette réforme, le gouvernement emploie sans modération deux arguments principaux. Le premier étant le déficit budgétaire des retraites et la baisse démographique. En effet il serait de 0,2 du PIB aujourd’hui, et on nous annonce qu’il sera de 1,7 en 2050. De la même manière ces mêmes personnes déclarent que le rapport salariés/retraités passerait de 1 pour 1 en 2050, alors qu’il est de 2 pour 3 aujourd’hui. Prévisions fausses ! Pour obtenir ces résultats il faudrait que la croissance du PIB et le rapport démographique restent les même de 2007 à 2050. Or il est évident que d’ici 2050 la croissance économique et la démographie vont augmenter. Pour preuve : en 2009 il y avait 2,1 enfants par femme alors qu’en 2007 ce taux était à 1,9. Un autre argument est exposé par la droite sous nos yeux comme une évidence : l’augmentation de l’espérance de vie.
En effet pour cela le gouvernement a un slogan tout prêt : « si les gens vivent plus longtemps, alors ils doivent travailler plus longtemps ». Néanmoins ceci nie la réalité sociale qui est que la durée de vie n’est pas la même pour tous, elle n’est pas la même pour un PDG que pour un ouvrier, sans compter sur l’augmentation des maladies professionnelles et du stress au travail. En réalité si les salariés travaillent plus longtemps, ils vivront moins longtemps.

Le Collectif Unitaire des Jeunes

Comment lutter contre le fatalisme des jeunes ? Comment lutter contre le « de toute façon quand on sera vieux, on en aura plus de retraites » ?
C’est pourquoi, nous, jeunes communistes, nous nous sommes engagés dans la création d’un collectif unitaire des jeunes, rassemblant tous les syndicats lycéens et étudiants, toutes les organisations politique de gauche de jeunesse ainsi que plusieurs associations.
Pour unir nos forces, nous avons axé notre campagne sur 2 points. Le premier se place sur le fond de cette affaire, c’est à dire sur un choix de société. Car il s’agit bien de cela en réalité, savoir quelle forme d’organisation du travail et quelle vision de la vie avons nous. Pour notre part ceci se résume par :

« Travailler pour vivre et pas vivre pour travailler ! »

Ce qui permet aux jeunes de comprendre quel est l’enjeu de ce combat.
Cette campagne nous permet aussi de combattre le fléau qui s’abat sur les jeunes et qui sera amplifier par cette réforme : le chômage.
En effet à l’heure actuelle les jeunes sont très préoccupés par l’emploi, car 25% d’entre nous n’arrivent pas à trouver un travail à la sortie des études. Mais si on déclare que les travailleurs proches de la sortie doivent cotiser plus longtemps, qu’adviendra-t-il de l’emploi des jeunes ?
Cette réforme va booster considérablement le chômage des jeunes, car en faisant travailler plus longtemps les salariés déjà actifs, on empêche le renouvellement générationnel au travail. C’est donc sur cette question que les jeunes communistes veulent mener cette bataille, et ceci fut adopté par le Collectif des Jeunes puisqu’il porte désormais le nom de :

« Des emplois pour sauver nos retraites ».

Car l’emploi pourrait être la solution au déficit, car 100 000 chômeurs en moins c’est 1,5 milliards de cotisations en plus.

Pour cela, nous nous sommes accordés sur 3 propositions principales :

> la validation des années d’études et de formation dans le calcul des annuités ouvrant droit à la retraite, afin d’offrir à chaque jeune la garantie de pouvoir étudier sans être inquiété pour son avenir, même lointain ;

> la validation des périodes de stages, intégrée dans une véritable réglementation contraignante
(rémunération à 50% du SMIC dès le 1er mois, reconnaissance et encadrement dans la formation) ;

> la validation des périodes d’inactivité forcée, et la prise en compte de la situation des jeunes en situation d’insertion professionnelle pour qui l’enchaînement de stages, de CDD, d’emplois à temps partiels et de périodes de stages, d’intérim ou de chômage conduisent à accumuler des droits à retraite très incomplet.


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