Cyril CINEUX :

Intervention au Conseil National du PCF

Voilà l’intervention que j’avais prévue de faire au Conseil National du PCF. J’ai eu la parole à 21h50 le samedi soir alors qu’il ne restait guère qu’une cinquantaine de membres du CN après toute une journée de succession d’interventions. Au bout de 3 mn, on m’a demandé de m’arrêter. Je n’avais pas fini mon intervention et je me suis mis un peu en colère faisant valoir qu’en toute modestie, les membres du CN pouvaient peut-être être intéressés par ce qui s’était passé dans le département où le Front de Gauche réalise son meilleur score national au 1er tour.
Même si je comprends qu’il faut un temps de parole limité pour tous, qu’il faut un 1er et un dernier, ce n’est pas tous les jours que l’on réalise un score de 20% sur un département, cela méritait peut-être de passer plus tôt dans la journée.
Bref, je vous livre l’intervention dans son intégralité.


1er avril 2010

Quelques éléments sur le Puy-de-Dôme, fruits d’une réflexion collective, notamment avec notre tête de liste André Chassaigne.

En Auvergne nous obtenons 9 élus pour le Front de Gauche contre 7 communistes en 2004. Dans le Puy-de-Dôme, avec un score frisant les 20%, nous obtenons 6 élus. Le Parti retrouve ses 3 élus sortants, le Parti de Gauche obtient 2 élus et la Gauche Unitaire 1.

Nous avions un atout important avec la personnalité de notre tête de liste, André CHASSAIGNE, reconnue comme un homme politique honnête, intègre, faisant de la démocratie le cœur de sa démarche. Mais au-delà de la personnalité d’André, que chacun connaît, d’autres éléments moins visibles ont contribué à ce résultat.

Au préalable, il faut préciser que nous n’avons pu aboutir à un accord avec le NPA, pourtant unitaire, mais qui concevait le rassemblement des forces de gauche d’abord comme un moyen de se distinguer et de valoriser le NPA en ne souhaitant pas aller sur un objectif partagé, ni sur une dynamique commune. D’ailleurs, le leader local du NPA avait écrit que ce rassemblement était l’occasion de serrer le nœud coulant autour du cou du PCF. La FASE lui a pourtant apporté son soutien.
Nous avons eu un autre désaccord avec le NPA : nous voulions élaborer notre projet avec les Auvergnats alors que le NPA voulait établir le programme entre états-majors à quelques uns autour d’une table.

C’est justement cette construction de notre programme qui a très fortement contribué à nous démarquer des autres listes avec notamment la crédibilité qu’apportait André sur cette façon de faire de la politique. Loin d’affaiblir nos propositions, cela nous a permis, au contraire, de les renforcer, notamment sur les questions agricoles et économiques.

Nous avons articulé systématiquement nos propositions régionales aux grands enjeux politiques nationaux, chacune de nos propositions étant confrontée à cette exigence de ne pas être en accompagnement du libéralisme, voire en bouclier de ce libéralisme, mais dans l’offensive, en portant le fer au cœur du choix libéral.

Cette volonté de faire de la politique autrement, en associant les citoyens, en faisant des aller retours entre le débat public et nos propres réflexions a été déterminante.

Ce choix nous a d’ailleurs conduits à ne pas faire appel à la diffusion postale, les délais nous obligeant à rendre notre copie début février alors que nous voulions nous laisser le temps de débattre avec la population. C’est ainsi que nous avons seulement finalisé notre pacte citoyen lors d’un forum le 20 Février avec tous les candidats pour aboutir à un projet pour l’Auvergne mêlant à la réflexion des 3 organisations du Front de Gauche, le débat avec les syndicalistes, les élus et les citoyens.

Avec plus de 550 000 journaux distribués dans la région (sans compter les tracts) nous n’aurions pu mener cette campagne sans l’immense mobilisation des militants du Front de Gauche et plus particulièrement des militants communistes. La Fédération du Puy de Dôme est une petite fédération de moins de 800 adhérents mais une fédération plutôt active, militante, où les relations avec les élus sont harmonieuses, où notre député participe activement et régulièrement à la vie de son parti et où n’existe aucun fonctionnement en tendance ou en clan. Les désaccords existent comme partout mais ils sont résolus la plupart du temps par la discussion, par l’échange, par le dialogue fraternel et le respect mutuel. Si j’insiste là-dessus, c’est que je crois vraiment que cette situation a beaucoup compté, dans une période difficile pour notre parti, dans la mobilisation militante que nous avons réussi à développer.

Notre capacité à mobiliser a été accentué avec l’ambition que nous nous sommes fixés. Dés le début de la campagne, nous avons dit que nous ne voulions pas jouer le rôle de figurants. Avec constance, nous avons développé cet argument que nous ne voulions pas nous résigner au fait que ce soit toujours le même parti à gauche qui arrive en tête, que les citoyens étaient libres de leur vote et que c’était à eux de choisir la gauche qu’ils souhaitaient.

Alors que les médias voulaient nous enfermer dans l’extrême gauche, cette constance a permis de nous sortir de cette petite gauche dans laquelle on nous confinait pour disputer le leadership à gauche. Ce choix stratégique nous a également permis de franchir un cap dans la mobilisation militante. Avoir la prétention de gagner la Région exigeait de la part de tous d’être à la hauteur de l’enjeu. Pourtant, nous avons eu le sentiment qu’au niveau national cette stratégie n’a pas toujours été comprise, les regards étant braqués sur la campagne en Ile-de-France.

Pardonnez-moi l’expression mais cette volonté « de jouer dans la cours des grands » a donné du cœur, du courage, de la fierté, de l’envie aux communistes qui n’ont rien lâché jusqu’au dernier moment. Nous n’aurions pas fait la même campagne et certainement pas eu le même résultat dans le Puy-de-dôme, si nous ne nous étions pas fixés cet enjeu.

Et même si cela a été insuffisant pour gagner la Région, cela nous a permis, sur le département du Puy-de-Dôme, de nous retrouver à 7 points de la liste socialiste et de celle de l’UMP conduite par Hortefeux.
Dernier élément qui a joué un rôle moteur pour créer la dynamique dans le Puy de Dôme, c’est la qualité du rassemblement que nous avons élaboré. Le parti de Gauche et la Gauche Unitaire étant principalement présents sur le Puy-de-dôme, nous avons décidé de montrer la réalité de notre rassemblement en réservant les 3 premières places de la liste aux 3 forces du Front de Gauche. Ce choix osé et courageux pouvait faire perdre 2 élus au Parti puisque nos 2 autres sortants se retrouvaient en 4ème et 5ème position. Mais ce choix a payé et a permis une vraie dynamique collective. Nous avons également veillé, entre les 2 tours, à ne pas mettre en péril l’élan du Front de Gauche en réduisant le rassemblement au seul trio PS/PCF/Verts.

Ce résultat, nous ne le devons pas seulement à notre tête de liste André CHASSAIGNE, à la façon dont il remplit son mandat de député, à sa volonté de faire de la politique autrement ; nous pensons vraiment que c’est l’alchimie réalisée avec la qualité de la liste de rassemblement que nous avons présenté, l’ambition qui nous a animé tout au long de la campagne, l’excellente mobilisation militante et la personnalité et les qualités de notre tête de liste qui a permis ce résultat de 19,24% sur le Puy-de-Dôme.


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Posté le vendredi 16 avril 2010 par Boussand Sylvie - PG03
Intervention au Conseil National du PCF

Dommage que cette intervention ait été tronquée à votre CN. La dynamique créée sur le Puy de Dôme au premier tour est la preuve que le FDG est l’outil adéquat pour s’attaquer à l’hégémonie du PS et de l’UMP. Avec succès grâce à la lisibilité donnée aux composantes du FDG en tête de liste, ce qui n’a pas été le choix fait dans d’autres départements, en particulier dans l’Allier. Avec le résultat que l’on connaît. L’apport d’André Chassaigne est incontestable, la représentativité et l’équilibre de la liste du PDD aussi.
Salutations aux camarades et bon courage dans les luttes à venir, elles sont nombreuses !