Résistance communiste : :

« Ils furent les premiers »

J’ai lu dans « Regards sur l’Auvergne » du 18 janvier dernier, un article aux débats intéressants mais, à la fin, surprenants ! Ecrit par un étudiant en Histoire, il traitait de la période si difficile, après la défaite écrasante et suspecte de 1940.


11 mars 2014

Les tout premiers résistants sur le terrain furent sans conteste les communistes malgré leurs rangs si éclaircis par les internements de 1939, les déportations en Algérie et le million huit cent mille prisonniers de guerre.

L’armistice aurait été signée le 22 juin 1940 et l’une des premières manifestations de la Résistance fût, en juillet-août de la même année, un tract distribué et affiché à Riom par de jeunes communistes et qui disait : « Les jeunes de France ne seront pas les laboureurs de l’armée hitlérienne !! » ce qui était l’intention allemande. Le texte avait été pris dans « L’Avant Garde », le journal national, évidemment clandestin, des JC.

Ces « pionniers » furent rapidement arrêtés et condamnés à des peines de prison.

C’était l’époque où nos concitoyens étaient désorientés, écrasés par la défaite, déroutés par les restrictions, submergés par la propagande pétainiste incroyablement envahissante.

Il était évident que ce n’était pas le moment d’engager de grandes actions dont, d’ailleurs, nous n’avions pas encore les moyens. J’écris nous car j’en étais, depuis mon évasion assez mouvementée d’un camp de prisonniers début 1941.

Nos publications, avec un matériel tout à fait rudimentaire (machine à écrire et stencils, manque de papier dont la vente était étroitement surveillée) voulaient redonner confiance, montrer que tout n’était pas perdu, qu’il y avait des patriotes qui agissaient clandestinement et qui se préparaient !
Car, parallèlement, nous cherchions à nous procurer des armes, des explosifs, et à connaître le départ et les itinéraires de convois de matériel partant pour l’Allemagne.

La police de Pétain et les Brigades Spéciales, furent hélas très efficaces et les arrestations se succédèrent, avec des condamnations d’abord à la prison, puis aux travaux forcés (10 ans pour moi) et à la peine de mort ( 3 prononcées puis commuées en travaux forcés à perpétuité) car les sections spéciales des tribunaux militaires avaient été créées.

Les inculpations étaient : « menées antinationales », « reconstitution de ligues dissoutes ». Jamais le terme de Résistance ne fut prononcé, pas plus que par la suite.

Un an plus tard, en 1942, deux camarades des JC du Puy de Dôme abattent un gradé allemand dans une rue de Clermont.

Vite arrêtés, condamnés à mort, ils furent exécutés. Il n’y avait pas encore le refuge des maquis, dont les débuts se situent en 1943.

A la Libération, deux statuts furent votés concernant l’un, les Internés et Déportés Politiques (otages, etc.) l’autre, les Déportés Résistants. Les ministères de l’époque classèrent les premiers résistants dans les Politiques.

Ainsi nous était refusée la qualité de Résistant, sous prétexte que nous n’étions que des opposants politiques.
C’était grotesque et surtout anti-communiste. Il a fallu de nombreuses années d’actions diverses pour obtenir justice. Mais, entretemps, beaucoup de camarades, privés de leurs droits, étaient morts.

Pour revenir à l’article de « Regards » la deuxième partie s’efforce de nous classer en « Opposant Politique » et non en Résistant, c’est-à-dire de justifier les positions de nos pires adversaires.

C’est triste, d’autant plus que l’auteur est une jeune communiste… ce qui me fait très mal !

Cependant, je ne suis pas étonné, car, à l’origine de ces positions, il y a certains professeurs d’histoire…..
Roger CHAMPROBERT
Section Clermont-fd
Résistant communiste

« Ainsi nous était refusée la qualité de Résistant, sous prétexte que nous n’étions que des opposants politiques.
C’était grotesque et surtout anti-communiste. Il a fallu de nombreuses années d’actions diverses pour obtenir justice. Mais, entretemps, beaucoup de camarades, privés de leurs droits, étaient morts. »


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