Yvette MERCIER :

Financer le sport pour tous ou le sport business ?

Le budget national du sport 2010 stationne à 0,22% du budget de l’Etat, nous sommes bien loin de l’effet d’annonce de Sarkozy de le porter à 3% ! En y regardant de prés, ce budget est en diminution et nombre de mesures sont inapplicables en l’état pour les associations faute de moyens sur le terrain.


10 mars 2010

Le budget national du sport 2010 stationne à 0,22% du budget de l’Etat, nous sommes bien loin de l’effet d’annonce de Sarkozy de le porter à 3% ! En y regardant de prés, ce budget est en diminution et nombre de mesures sont inapplicables en l’état pour les associations faute de moyens sur le terrain.

Le sport pour tous est massacré (-62% de crédits) et l’augmentation des crédits de haut niveau vient d’un placement de crédits internes au budget …

Au final le sport professionnel à dominante financière tirera son épingle du jeu, à l’inverse du sport pour tous qui commence à être touché et voit des associations disparaitre faute de moyens. Nous sommes bien loin de l’idée sarkozyste qui feignait de promouvoir le sport comme une activité nécessaire aux individus et devant être soutenue financièrement.

Actuellement, le sport n’est dans aucune des compétences transférées par l’Etat. Les communes, les départements et les régions financent les activités physiques et sportives sur la base de la clause de compétence générale. Ce sont les collectivités et les ménages qui supportent la plus grande part des efforts financiers. La crise économique actuelle impacte fortement l’engagement des collectivités, surtout si le gouvernement leur retire la clause de compétence générale.

Avec la révision générale des politiques publiques (RGPP) et le projet de réforme des collectivités territoriales, le gouvernement construit la privatisation et la marchandisation du sport et de l’EPS.

En Auvergne ?

En Auvergne, au sein du Conseil Régional le groupe communiste a soutenu les interventions en faveur des clubs intermédiaires, des écoles de formation ainsi que la bonification pour les clubs féminins. Nous n’avons jamais approuvé les subventions d’argent public allouées aux clubs professionnels de haut niveau tels que la JAV ou l’ASM.
Il faut savoir que depuis fin 2004, ces clubs professionnels bénéficient du droit à l’image (loi Landrin Ceveaux), ce qui leur permet de réduire de 30 % leurs cotisations à la protection sociale : une véritable niche fiscale. Je tiens aussi à vous part du fait que certains conseillers régionaux optaient pour des subventions au-delà du budget sportif initial en jouant sur ce droit à l’image sous le couvert de « l’effet volcan » !

Les clubs professionnels doivent -ils bénéficier d’argent public ? Le Conseil Régional doit il subventionner des clubs sportifs autonomes financièrement ?

Tout au long de ces 6 années qui viennent de s’achever nous avons demandé de privilégier le sport amateur.
Avec la suppression éventuelle à terme de cette niche fiscale dans le cadre du budget PLFSS 2010, M. SARKOZY, devant la levée de bouclier des présidents de ces clubs (notamment de football), a instauré en janvier 2010 un fonds d’aide a hauteur de 25 millions d’euros pour ces PME du sport. En bref ces clubs sportifs professionnels pourront puiser dans ce fond pour compenser le manque à gagner du à la suppression du droit à l’image.
Les salariés des PME auvergnates licenciés suite à la fermeture de leurs entreprises pour non intervention des banques apprécieront les efforts de l’état fait en direction des PME du ...sport business !

Le Front de Gauche propose :

- d’élaborer un schéma régional des équipements sportifs, en établissant un état des lieux des installations utilisées par les lycées et en réalisant un cahier des charges en partenariat avec les acteurs du mouvement sportif concernés notamment les professeurs d’EPS, les associations et les élus locaux.

- de définir un plan pluriannuel de financement des installations sportives nécessaires à la pratique sportive et à l’enseignement de l’EPS dans les lycées en partenariat avec les départements et les communes pour mutualiser les installations (collèges, écoles, lycées).

- de mettre en place une aide aux déplacements et aux transports nécessaires à la pratique sportive et à l’enseignement de l’EPS notamment pour les lycéens éloignés des installations sportives.

- de redéfinir en profondeur la politique de soutien aux clubs sportifs régionaux de haut niveau, en concertation avec le mouvement sportif (via la commission régionale du sport).

- de développer ses aides en faveur de la formation, qu’il s’agisse des sportifs eux-mêmes, des éducateurs, des arbitres, des dirigeants, et d’une manière plus générale de tous les bénévoles sans lesquels le mouvement sportif n’existerait pas.

- d’impulser le développement des centres médico-sportifs et la prévention pour la santé par la pratique sportive.

Quel avenir pour le sport scolaire ?
Alors que l’école garantit l’accès pour tous au sport, le sport scolaire est mis en danger par les décisions du gouvernementales.
Après avoir décidé unilatéralement le changement de statuts des cadres de l’UNSS, un nouveau coup dur est porté avec la suppression des championnats de France scolaire de sport collectif et d’athlétisme en junior et sénior.
Les composantes du Front de Gauche soutiennent la pétition lancée pour la défense du sport scolaire par le SNEP-FS


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