Faisons lever le soleil qui vient


20 novembre 2014

Il est des semaines, comme cela, au cours desquelles l’attention préfère se perdre da ns le spectacle des astres, bien plus plaisant que celui des tourments, désormais quotidiens, de la vie politique française.

À l’heure où l’homme remontre son inimaginable capacité à surmonter ses limites pour atteindre quelque corps céleste dérivant dans l’immensité de l’univers, notre théâtre de l’ici-bas ne cesse plus de rejouer l’accablante tragédie d’une République déshonorée, trahie par ceux-là même que le peuple souverain a appelé à la conduite de ses destinées.

« Il est grand temps de rallumer les étoiles » : il y a bientôt deux ans de cela, le texte de congrès que nous avons adopté s’ouvrait par ces quelques mots solaires, empruntés à l’univers onirique de Guillaume Apollinaire. Ils avaient de quoi dérouter, peut-être. Ils portaient cependant une ambition politique formidable, tendue par la majesté de leurs atours poétiques. Après deux ans et demi de déroute gouvernementale, les gravités sont cependant lourdes, qui semblent mener inexorablement à la chute collective des forces du progrès social. Les doutes le disputent à la colère. Est-il concevable d’avoir ainsi tout gâché… encore une fois ? Sera-t-il seulement possible de rallumer les étoiles, après ces années de trop qui nous séparent de mai 2012 ? Où ne s’agit-il plus, déjà, que de lutter de toutes nos forces contre l’extinction des derniers feux de l’espérance ?

En cette croisée des chemins, pris d’un sérieux vertige devant des pistes – tracées d’avance – qui semblent toutes nous promettre les profondeurs brunes de l’ignorance et de l’intolérance, il nous incombe une responsabilité immense : celle de défricher un avenir pour la gauche. Entendons-nous : pour cette gauche qui n’a pas renoncé à l’égalité et à la justice sociale, à la force du partage, à l’émancipation des hommes, à la préservation de l’environnement. Cette gauche qui a des idées pour y parvenir. Cette gauche pour aujourd’hui et pour demain. Cette gauche convaincue que si l’homme sait conquérir les comètes, il doit aussi savoir tracer un avenir de fraternité et de solidarités pour l’humanité.

Prenant le problème à bras le corps, nous avons commencé, depuis plusieurs mois, à mettre autour d’une même table nos partenaires. Forts de propositions cohérentes, fruits d’un travail de réflexions engagé depuis plusieurs années, nous avons des propositions à faire, des idées neuves à avancer, capables de réchauffer le cœur des étoiles les plus assoupies. Bientôt, les élections cantonales arriveront. Saisissons ce moment, alors que la marée hésite encore entre continuer sa chute ou remonter, déjà. L’opportunité peut paraître modeste. Elle doit au contraire nous permettre de faire la démonstration de notre courage et de notre sens des responsabilités. Ne nous faisons donc pas surprendre. Anticipons l’échéance. Nous ne pouvons pas y aller à reculons, presque en nous excusant, pour sauver ce qu’il reste à sauver. N’abdiquons pas notre élan à rallumer les étoiles, que d’autres ont oublié chemin faisant. Repartons au combat, dès à présent, par un inlassable travail de terrain. Rappelons à nos concitoyens la couleur rouge de l’espérance.

En 1947, l’horreur de la barbarie tout juste achevée, l’avenir encore incertain, Louis Aragon écrivait ces quelques vers tendus vers l’espoir. Qu’il nous soit permis de les faire nôtres pour conclure :
« Avec des chansons couleur de nos plages
Et le bruit que font en tombant nos liens
Nous ferons lever le soleil qui vient
Il dépend de nous que notre passage
Change en or l’ordure et le mal en bien
Nous pouvons toucher les astres anciens
On cherche très loin le ciel des images
Le ciel est ici vous n’en savez rien
Le ciel tel que vos rêves l’enfantèrent
Le ciel est ici couleur de vos pas
Couleur des travaux couleur des combats »


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