De pôle emploi au Medef !


10 décembre 2014

Pour faire entendre un autre son de cloche face à la semaine d’action du Medef qui voulait "dire la souffrance des patrons", la fédération PCF du Puy-de-Dôme a organisé un rassemblement le 8 décembre à 14h avec une manifestation de pôle emploi en direction du medef sur le thème "les vrais assistés sont au Medef".

Nous étions une soixantaine pour demander des comptes sur l’utilisation du CICE et présenter nos propositions pour une autre utilisation de l’argent et la création d’emplois dans le pays.

Nous y étions pour protester contre la semaine d’initiative du grand patronat, qui est en réalité une semaine d’indécence. Gattaz parle de la prétendue souffrance des patrons, nous, nous parlons de la souffrance, réelle, de millions de Françaises et de Français sans emploi, à temps partiel, en situation de précarité, avec des salaires réduits au minimum et des amplitudes horaires poussées au maximum.

Nous sommes aussi venus demander des comptes. Combien d’entreprises touchent le crédit impôt compétitivité emploi (CICE) ? Et pour combien de création d’emplois ?

Nous avons écrit au préfet pour lui demander la liste des entreprises qui ont touché le CICE et les montants versés pour chacune d’elles. A ce jour, nous n’avons toujours pas de réponse.

Mais nous avons quelques chiffres de grands groupes. Par exemple, PSA Peugeot Citroën touchera 120 millions d’euros en 2014 après en avoir déjà touché 80 en 2013. Pour Orange, ce sera 118 millions d’euros, Auchan en touchera 55.

Mais pour combien de création d’emplois ?

Qui sont les vrais assistés aujourd’hui ? C’est plus de 200 milliards d’euros qui sont versés aux entreprises sous forme d’exonérations de cotisations, de crédit impôt compétitivité emploi, de crédit impôt recherche…

Ce sont bien les grandes entreprises qui sont sous perfusion d’argent public pour tirer toujours plus de profits au bénéfice des actionnaires.
Nous n’acceptons pas l’indécence de ces grands patrons qui touchent des fortunes, qui se négocient des parachutes dorés et des retraites en or. Nous n’acceptons pas les mensonges du Medef. Il nous explique que les entreprises sont écrasées par la fiscalité et que les impôts ne cessent d’augmenter. C’est faux le rendement de l’impôt sur les sociétés est en diminution.

Mais Pierre Gattaz souffre. Beaucoup. Dans un récent billet publié sur son blog, il craint qu’on lui reproche de se livrer à une « surenchère » permanente. C’est vrai que le président du Medef s’exprime après sa proposition de ne plus justifier un licenciement et aussi celle de supprimer l’impôt sur la fortune.

Pierre Gattaz veut s’en expliquer et écrit : « Je suis ouvert au débat et suis prêt à en discuter mais nos politiques évitent soigneusement d’entrer dans le débat et se contentent de dire que ce n’est pas le moment d’en parler. » Nous ne voulons pas laisser Pierre Gattaz à la merci de tels tourments. Nous sentons bien qu’il suffirait de bien peu de choses pour l’apaiser. Pierre Laurent a donc répondu favorablement à la proposition d’un débat public et contradictoire. Cette confrontation aura lieu au siège de l’humanité et sera retranscrit dans les colonnes du journal le 12 décembre. Je vous invite donc à commander des à présent votre numéro de l’huma du 12 décembre.

Pierre Gattaz, le terriblement malheureux patron des patrons, 341° fortune de France avec « seulement » 125 millions d’euros, qui n’a augmenté que de 29 % son salaire en mai 2014, Pierre Gattaz donc, explique sur tous les médias où il est régulièrement invité que nous aurions une fiscalité inversée qui pèserait donc plus sur les entreprises que sur la consommation. Jamais personne ne lui apporte la contradiction. Or c’est un mensonge. Nous n’avons pas de fiscalité inversée puisque la TVA rapporte six fois plus que l’impôt sur les sociétés. L’impôt sur le revenu rapporte deux fois plus que l’impôt sur les sociétés et seulement deux fois plus parce qu’il y a tellement de niches fiscales dans les hauts revenus que ceux-ci échappent en grande partie à l’impôt.

En réalité, c’est la sous imposition du capital en France, le coût du capital qui est à l’origine de la crise actuelle. Ce n’est pas le coût du travail. Répétons-le, le travail est une richesse, ce n’est pas un coût. Les frais financiers des entreprises, c’est près de 290 milliards d’euros alors que les cotisations sociales sont à moins de 160 milliards d’euros.
C’est bien le coût du capital qui pèse sur les entreprises et sur la création de richesses.

C’est bien pour cela qu’il faut mettre le système bancaire et financier au service de la création d’emplois, de la formation, de l’efficacité sociale. Il faut mobiliser le crédit au service de l’emploi en changeant les critères d’attribution du crédit pour aider les investissements créateurs d’emplois, respectueux de l’environnement, produisant de la qualité et pénaliser fortement la spéculation.

Certains, comme le premier ministre, ironise sur la gauche archaïque et sur une prétendue gauche moderne. Mais posons-nous la question, qui est archaïque et qui est moderne ?

Alors que le combat pour le progrès social est à l’origine de la gauche, alors même que la lutte pour conquérir de nouveaux droits pour les salariés fait partie intégralement de l’ADN de la gauche, ceux qui, aujourd’hui, poursuivent ce combat seraient archaïque ?

Mais la gauche archaïque, c’est celle qui renonce à conquérir de nouveaux droits, c’est celle qui repousse l’âge de la retraite alors que deux tiers des salariés de plus de 55 ans sont au chômage et que des millions de jeunes cherchent un emploi,

la gauche archaïque, c’est celle qui considère comme normal d’avoir 10 millions de chômeurs et précaires dans ce pays avec les immenses richesses qu’ils recèlent,

la gauche archaïque, c’est celle qui donne des milliards d’euros au grand patronat sans aucune contrepartie, sans aucun engagement,
la gauche archaïque, chers amis, chers camarades, la gauche archaïque, c’est celle qui se soumet au capital et à la finance.

La gauche archaïque, elle est, aujourd’hui, malheureusement, à la tête de notre pays.

Nous sommes, nous, la gauche du progrès, la gauche de transformation sociale et écologique, la gauche qui ne se résigne pas, qui résiste, qui ne s’avoue pas vaincu face au capital.

Nous sommes la gauche qui croit encore à la lutte des classes, non par dogmatisme mais justement par réalisme. Il n’y a qu’à voir comment se comporte le Medef dans ce pays pour comprendre que la lutte des classes existe.

Permettez-moi d’ailleurs de citer Jaurès lorsqu’il disait : « le système capitaliste, le système de la propriété privée des moyens de production, divise les hommes en deux catégories, divise les intérêts en deux vastes groupes, nécessairement et violemment opposés. Il y a, d’un côté, ceux qui détiennent les moyens de production et qui peuvent ainsi faire la loi aux autres, mais il y a de l’autre côté ceux qui, n’ayant, ne possédant que leur force-travail et ne pouvant l’utiliser que par les moyens de production détenus précisément par la classe capitaliste, sont à la discrétion de cette classe capitaliste.

Entre les deux classes, entre les deux groupes d’intérêts, c’est une lutte incessante du salarié, qui veut élever son salaire et du capitaliste qui veut le réduire ; du salarié qui veut affirmer sa liberté et du capitaliste qui veut le tenir dans la dépendance. »

Oui, entre le grand patronat et les salariés, il y a une lutte, entre ceux qui veulent faire toujours plus de profit et ceux qui veulent vivre dignement.
Et avec ces derniers, nous voulons ouvrir une perspective de progrès social, construire un rassemblement porteur d’une alternative à la politique de ce gouvernement. Personne à gauche n’a voté pour cette politique de soumission à la finance.

La Finance dehors, l’Humain d’abord !

Nous lançons un appel, à tous les gens de gauche, à tous ceux qui ne réduisent pas la gauche à Manuel Valls, à toutes celles et ceux qui refusent d’austérité, nous les appelons à se rassembler pour lutter contre l’indécence du Medef et contre la politique de soumission à la finance de ce gouvernement.


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