Lettre au Préfet du Puy-de-Dôme :

Cyril CINEUX secrétaire départemental du PCF interpelle le Préfet concernant la crise

Monsieur le Préfet,

La crise du capitalisme dévaste l’emploi et conduit de nombreuses entreprises à la fermeture. Les salariés ne veulent pas payer pour une crise qui a pour origine la recherche toujours plus frénétique de profits par les marchés financiers.


9 juin 2009

Cette crise interpelle tout particulièrement les citoyens sur la situation globale de l’emploi et du crédit. Il est maintenant évident pour tout le monde que ces deux piliers économiques sont intimement liés et qu’il convient d’avoir une réflexion approfondie pour, qu’à l’avenir, les mêmes causes ne produisent pas les mêmes effets.

Preuve est faite maintenant que l’argent public distribué sans contrôle, sans aucune condition, aux banques ou à des secteurs comme l’automobile ne sert ni l’emploi, ni les salaires. Au contraire, cet argent concourt à une nouvelle concentration du capital contre le travail. Comment occulter le fait que les actionnaires et les banquiers aient « pompé » l’an passé la somme astronomique de 314 milliards d’euros, sous forme de dividendes et de charges financières ?

Tous les financements publics massifs se font sans nouveau critère de conditionnalité et sans aucune garantie de contrôle permettant de réorienter la gestion des banques, la distribution et l’utilisation du crédit. C’est aberrant et économiquement contre productif !

Les conséquences sont dramatiques pour les salariés qui subissent le chômage partiel, la fin des missions d’intérim, les licenciements... Les PME, les artisans et les petits commerçants sont eux aussi particulièrement touchés. Outre qu’ils pâtissent beaucoup plus durement de la dégradation générale de la conjoncture que les groupes, ils doivent souvent faire face au comportement irresponsable des grands donneurs d’ordre et à l’intransigeance des banques.

Le Président de la République a affirmé récemment qu’il ne saurait y avoir d’aide publique distribuée sans engagement contre les délocalisations et par conséquent, sans responsabilisation en matière d’emploi sur les territoires. De plus, il a affirmé : « l’argent des banques, c’est votre argent ». De fait, les salaires, pensions et retraites qui chaque mois sont virés gratuitement sur les comptes courants bancaires constituent une des bases principales de leur activité, au côté du refinancement par la Banque de France et la Banque Centrale Européenne, sans compter les soutiens publics nouveaux.

C’est dans ce contexte que nous vous interpelons.

Après la non-reconduite des CDD et des missions d’intérim, c’est le chômage technique et les licenciements qui guettent une grande partie des salariés de notre département. Face au gâchis de l’argent public distribué sans aucun contrôle, les salariés et leurs représentants doivent donc disposer d’un droit suspensif sur tous les licenciements. Mais il faut aussi faire la lumière sur la situation de l’emploi et du crédit. Or, tout semble indiquer que tout se fait dans le secret, dans un face à face par trop bureaucratique entre les banquiers et l’Administration, et surtout sur des critères et avec une sélectivité qui n’ont rien de nouveau. La gravité et la singularité de la crise actuelle imposent de recourir à des critères d’efficacité sociale réelle pour l’emploi, la formation, les salaires, l’activité.

Le récent rapport d’activité de la Médiation du Crédit aux Entreprises (au 15 février 2009) apporte la confirmation qu’un bon nombre de PME dans notre région se trouvent en difficulté et rencontrent des problèmes de financement avec les banques.

Nous réitérons notre souhait que le Comité de suivi du financement de l’économie soit ouvert à l’intervention, aux propositions et au contrôle des salariés, de leurs organisations et des élus territoriaux avec l’originalité qu’ils apportent sur de nouveaux critères d’efficacité sociale à l’opposé de la recherche de rentabilité financière.
Nous vous redemandons de faire suspendre les projets de suppression d’emplois en cours dans le département afin de débattre de véritables contre-propositions.
Nous renouvelons l’exigence d’une conférence départementale de sécurisation de l’emploi, de la formation, du revenu, pour que des mesures alternatives aux suppressions d’emploi soient immédiatement prises impliquant une autre mobilisation des fonds publics et du crédit bancaire. Les suppressions d’emplois servant à augmenter les dividendes des actionnaires sont inacceptables, et dans ce cas il faut les interdire. En revanche, les entreprises en difficultés doivent pouvoir bénéficier d’un accès facilité à des crédits à taux bonifiés ou sans intérêts, voire dans certains cas à des aides publiques si des garanties sur le maintien de l’emploi sont réellement apportées.

Nous sommes porteurs de propositions concrètes et immédiatement applicables : la mise en place d’un pôle financier public constitué autour de la Caisse des Dépôts, avec les Caisses d’Epargne, les réseaux mutualistes, Oséo, la Banque Postale, Dexia, Natixis et des banques privées, la mise en œuvre d’un nouveau mécanisme de crédit au sein de ce pôle public financier garantissant une sélectivité qui favorise l’emploi et la formation et pénalise les opérations purement financières, la réorientation des aides aux entreprises en faveur de l’emploi avec des initiatives départementales et régionales, la création de nouveaux droits d’intervention des salariés et des citoyens dans les choix économiques des entreprises…

Sur tous ces points essentiels à une relance effective de notre économie, nous souhaitons pouvoir débattre avec vous. Un large débat doit aussi avoir lieu avec les citoyens. Le Parti Communiste Français prendra toute sa place sur cette question qui conditionne le modèle de société du XXIème siècle.

Restant à votre disposition, veuillez recevoir, Monsieur le Préfet, nos républicaines salutations.


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