Compte rendu :

Conseil départemental du 3 avril 2013

Après le rapport introductif de Pierre MIQUEL, la première partie des discussions a porté sur la crise politique qui traverse la France mais aussi l’Europe : les liens entre l’argent et la politique, entre le monde de la finance et l’appareil d’état.


19 avril 2013

Pour sortir de la crise, la politique doit se libérer de l’emprise du fric !

L’affaire Cahuzac révèle un insupportable fossé : austérité pour les uns, évasion fiscale pour les autres. « On est représenté par des ministres qui n’ont jamais connu les fins de mois difficiles, qui vivent sur une autre planète ». Beaucoup avaient déjà du mal à placer quelques espérances en la politique, elle est maintenant marquée par la montée d’un sentiment de dégoût. L’affaire Cahuzac, mais aussi les scandales qui n’ont pas épargnés la majorité précédente, montrent la proximité entre des politiques, des financiers, des experts, des médias … bref, une véritable oligarchie politico-financière aux individus interchangeables. Et tout ceci dans un contexte où les effets sociaux de la crise économique se font durement sentir.

C’est cette même situation qui amène Beppe Grillo en Italie à rallier de plus en plus de partisans en Italie, sur fond de rejet brutal du « politique » et de corruption mais aussi, de populisme assumé et de déclarations xénophobes et homophobes. En France, le risque est bien entendu la montée de l’extrême droite, et les conditions sont réunies pour que le pire soit possible.

Il existe aussi un autre facteur commun dans les cas français et italien : la difficulté du mouvement social, qu’il soit syndical, associatif ou « spontané », à se fédérer et à fédérer. C’est pourquoi, nous devons travailler aux conditions de ce rassemblement pour élaborer des alternatives fondées sur les droits sociaux, la transition écologique et la démocratie ; travailler aux conditions d’une convergence des forces sociales, associatives et politiques, au moins sur des revendications et luttes concrètes ; et au final, travailler aux conditions d’une convergence de toutes les forces qui ont voulu le changement le 6 mai dernier et qui rejettent la loi du profit des capitaux, au détriment du progrès social et écologique. C’est de notre responsabilité historique que d’ouvrir cette perspective.

Les rassemblements contre l’ANI, celui du 5 mars mais aussi le prochain du 9 avril, doivent nous donner confiance dans la capacité du mouvement social à se mobiliser.

Il n’est pas vrai que ce nécessaire rassemblement se fera sans l’implication des électeurs de gauche et donc sans une forte proportion d’électeurs socialistes. D’où la nécessité, non pas de positionner le Front de Gauche dans l’invective et l’insulte, mais de rendre crédible une alternative à gauche avec des propositions concrètes et précises.

Et cette convergence doit pouvoir s’enrichir des résistances qui ont émergé dans beaucoup de pays du monde et qui ont su marquer leur société, à commencer par la Grèce, l’Espagne, le Portugal... C’est ce que nous nous attacherons à démontrer et à partager lors du meeting anti-austérité du Front de Gauche, le 11 avril à Clermont-Ferrand (cf page 5) et nous appelons chaque communiste à y participer.

Ne laissez pas la politique aux Cahuzac, engagez-vous !

La discussion se poursuit sur le refus du « tous pourris ». La crise ce n’est pas les « élus tous pourris » comme le chante le Front National, lui même éclaboussé dans l’affaire Cahuzac. L’ennemi c’est la finance.

Il existe de nombreux citoyennes et citoyens engagés pour des valeurs, à qui il a été confié des responsabilités d’élus et qui donnent beaucoup de leur temps et de leur énergie pour le bien commun. Les élus locaux dont la majeure partie sont bénévoles, souvent issus du monde du travail ont plus que très rarement des patrimoines financiers à faire fructifier dans des paradis fiscaux ! Il existe aussi des politiques audacieuses qui se mènent dans les collectivités locales pour combattre les inégalités, faire vivre la solidarité, développer la démocratie participative... Elles sont certes de plus en plus réduites par les contraintes que la finance veut imposer mais il ne faut pas compter sur nous pour dire que tout serait gangréné et tous seraient vérolés, nous ne donnerons pas du grain à moudre à l’extrême droite. Cela ne mène nulle part et conduit à accélérer « le bruit des bottes ».

Nous voulons agir au plan politique. Nous voulons que le pouvoir revienne au peuple et pleinement. L’heure n’est pas à diviser, à opposer, à écœurer. L’heure est à rassembler, à unir, à construire. La solution réside plus que jamais dans la mobilisation et l’intervention active de notre peuple.

Soyons attentifs à l’exemple grec avec la montée de Syriza qui ne repose pas essentiellement sur un rejet moral de la classe politique traditionnelle mais sur un mouvement populaire pour une alternative aux politiques d’austérité au sein de la zone euro.

Soyons aussi attentifs à l’exemple chypriote où pour la première fois, un parlement national a dit non aux instances européennes et au FMI, un tout petit pays s’est opposé au diktat de la troïka en refusant de taxer les dépôts inférieurs à 100 000€. Oui, il est possible de taxer les grandes fortunes plutôt que les simples citoyens pour éponger les pertes des banques !

Front de Gauche : en campagne contre l’austérité et pour le rassemblement !

La stratégie du Front de Gauche a été débattue car il y a des appréciations diverses en son sein. Par exemple, l’idée de la marche du 5 mai, si elle est appréciée, a été annoncé publiquement sans que toutes les composantes du Front de Gauche en ait été informé et ait pu en discuter. De la même façon, si les camarades partagent l’idée d’une marche pour réclamer une VIe République, ils ne partagent pas les proclamations de Jean-Luc Mélenchon de purifier l’atmosphère ou de passer un coup de balai. Avec cela, on en reste à la forme en occultant le fond, c’est-à-dire le besoin que le peuple se réapproprie le pouvoir démocratique mais aussi économique.

Le virage copernicien du PS, la volonté de concilier avec la dictature financière, comme le démontre l’ANI, la crise politique actuelle, la ligne économique du gouvernement provoquent des remises en cause dans les rangs mêmes du Parti socialiste et plus largement dans l’électorat de gauche. Nous le constatons chaque jour sur les marchés, dans les boîtes, …

Notre action doit donc viser le rassemblement, l’union et non pas la division et l’invective. C’est un climat de main tendue qu’il faut insuffler à la politique du Front de Gauche tant localement que nationalement, comme le faisait le candidat commun du Front de Gauche lors de la campagne de la présidentielle.

Nous devons donner un nouvel élan à notre campagne « L’alternative à l’austérité c’est possible », multiplier les assemblées citoyennes, les réunions publiques, bref, multiplier les lieux permettant l’implication citoyenne et leur maîtrise sur les choix politiques.

Municipales : Et si on s’occupait de projets, d’ambitions politiques … avant les photos ?

Le débat a aussi porté sur l’annonce unilatérale du PG de présenter des listes autonomes dans 60 villes dont Clermont-Fd. Nous ne lâchons pas notre orientation et notre ambition de partir d’abord des contenus, des réponses à apporter aux besoins des populations.

A l’heure où les électeurs de gauche boudent toutes les partielles qui mettent le plus souvent la droite et le FN en tête, nous voulons mobiliser les forces du changement et gagner la politique de gauche dont le pays a besoin. Mobiliser, débattre, construire des idées et les mettre au pouvoir, c’est ce que nous appelons faire de la politique, c’est notre démarche, c’est notre ambition.Dans un sondage CSA, les français nous donnent quelques pistes : 62% disent vouloir voter en 2014 sur des considérations purement locales, 19% pour s’opposer au président et 7% pour le soutenir.

Au 1er ou au 2nd tour, dans la diversité des situations que réservent les municipales, il faudra se rassembler, il faudra mettre en œuvre des politiques municipales de progrès, de développement des services publics, de logement, d’aménagement urbain, de réponses aux besoins locaux, …. Bref, c’est de projets que nous devons débattre en premier lieu. C’est ça non ? faire de la politique.

Le conseil départemental s’est terminé par un échange des différentes initiatives mises en place par section, ce qui a permis d’échanger sur les difficultés rencontrées par secteur, mais aussi d’être moteur de nouvelles initiatives.

CONSEIL DEPARTEMENTAL DU PCF – 03 AVRIL 2013
RELEVÉ DE DÉCISIONS ET D’ORIENTATIONS

Le conseil départemental décide de travailler à :

• à la mise en mouvement, au rassemblement à la convergence de toutes les forces, des citoyens, citoyennes qui ont voulu le changement au printemps dernier pour exiger d’en finir avec la politique austéritaire menée par le gouvernement, poussée par le Medef, la Commission européenne et les marchés financiers ;

• à la construction d’un nouveau contrat politique pour une politique de gauche répondant aux exigences populaires et pour sortir de la crise.

Pour cela, le Conseil départemental appelle les communistes :

• à tenir partout des rencontres publiques, des assemblées citoyennes, pour débattre des propositions concrètes pour lutter contre la domination de la finance ;

• à poursuivre et à amplifier la bataille contre le projet de loi transposant l’ANI et pour la sécurisation de l’emploi, que ce soit à l’Assemblée Nationale, au Sénat ou que ce soit dans les luttes et les mobilisations ;

• à participer au meeting européen anti-austérité du Front de Gauche, le 11 avril avec notamment André Chassaigne, Président du groupe Front de Gauche à l’Assemblée Nationale, Pierre LAURENT, président du PGE (Parti de la Gauche Européenne), Zoé KONSTANTOPOULOU, députée de Syriza et Klaus ERNST, député de Die Linke. C’est un appel à la mobilisation la plus large possible aux citoyen-ne-s, aux acteurs du mouvement social, associatifs, aux forces qui veulent le changement de politique ;


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