Compte rendu du :

Conseil départemental du 21 novembre 2013

Les membres du Conseil départemental se sont réunis le 21 novembre pour faire un point sur l’avancée des débats concernant les municipales de 2014 (23 et 30 mars) dans le Puy de Dôme : débats, contenus, projets de ville, forme de rassemblement et choix stratégiques.


9 décembre 2013

Les politiques d’austérité conduisent au désastre partout en Europe. Un des économistes les plus connus de la commission européenne vient de faire publiquement l’aveu de leur échec.

On aurait pourtant pu espérer que la majorité des Français ayant voté pour le changement, il y a un an, voit le gouvernement mettre en œuvre d’autres politiques que celles menées depuis des années par la droite. Mais celui-ci a malheureusement cédé aux injonctions du Medef et des marchés financiers et ainsi les politiques de rigueur se sont poursuivies.

La colère monte, détournée le plus souvent sur des sujets sociétaux comme les Roms, l’Islam ou le mariage pour tous. Mais elle est aussi détournée par les bonnets rouges bretons où se retrouvent pêle-mêle les auteurs de l’écotaxe et ceux qui la contestent, les patrons licencieurs et les salariés licenciés, le Front National et le NPA. Il faut donc tout à la fois réhabiliter l’impôt et exiger une réforme fiscale qui redonne à l’impôt sa valeur fondamentale de redistribution des richesses.

Mais cette sourde colère est aussi utilisée par les forces les plus réactionnaires et notamment par le Front National. Les manifestations contre l’égalité et le mariage pour tous, les propos outranciers, de gauche comme de droite, contre les roms, l’islamophobie grandissante et relayée complaisamment par la quasi intégralité des médias, le matraquage sur le coût de l’immigration, sur la relation entre l’immigration et la délinquance, tout ceci crée un climat de peur et de haine de l’autre. Nous avons quelquefois le sentiment de nous retrouver dans les années 30 quand nous voyons en Une d’un journal une ministre noire de la république être comparée à un singe. Nous avons ici le coeur de l’idéologie de l’extrême droite qui nie l’appartenance à l’humanité de ceux qui sont noirs, de ceux qui sont juifs, musulmans etc. Mais n’oublions pas que ceux qui étaient communistes n’étaient pas dignes de vivre non plus, que ceux qui croyaient en un Dieu ne l’étaient pas plus. L’histoire, dit-on, ne se répète jamais mais faisons attention à ce que les mêmes ingrédients ne produisent pas le même plat.

Face à cette actualité, le plus grand risque à l’heure actuelle est que les habitants de nos territoires qui ont le plus intérêt au changement ne se rendent pas aux urnes en mars 2014.

Comment notre parti et le Front de Gauche peuvent-ils contribuer à leur mobilisation et les rendre acteurs des projets qui engagent leur avenir ?

Le constat que la politique gouvernementale mène la France dans l’impasse est partagé par la majorité des gens de gauche, chez beaucoup d’électeurs et militants socialistes, écologistes et du Front de Gauche. L’austérité n’a pas de majorité dans le pays, et elle n’en a jamais eue. L’enjeu pour ces élections municipales n’est donc pas d’en faire un référendum de la politique gouvernementale mais bien de créer des rassemblements les plus larges possibles sur des contenus transformateurs travaillés avec les gens pour impulser un changement de cap par le bas.

De porte à porte en rencontres, de réunions en ateliers, nos concitoyens nous rappellent sans cesse que concernant les municipales et dans le contexte actuel, il est urgent de rassembler non autour de postures au sujet d’alliances mais bel et bien sur des projets locaux. Il est clair que si nous perdons de vue que le 1er objectif doit être de rendre possible ces rassemblements majoritaires sur des contenus, nous passerons à côté de leurs attentes. C’est pourquoi nous plaçons les contenus avant les stratégies, c’est pourquoi nous allons à la rencontre de nos concitoyens pour connaitre leurs besoins, leurs avis, leurs suggestions afin de transformer leurs aspirations en proposition politique concrète.

Il n’y a pas 2 sortes de communistes. A Paris, Marseille, Nice, Nantes, Thiers, Aubière, quelles que soient les formes de rassemblement au 1er tour, la même démarche et les mêmes objectifs sont partagés et nous mobilisent : rassembler et faire progresser des politiques de gauche à tous les niveaux.

Cette volonté se heurte parfois à celles de nos partenaires de gauche, en dehors même de toute discussion sur le fond des programmes qui impliquent de partir de la situation concrète de chaque municipalité.

Le Parti socialiste, qui pourtant ne cesse d’en appeler à « l’union de la gauche », s’y refuse dans certaines villes dont le maire sortant est Front de Gauche : Saint-Denis, La Courneuve ou Saint-Ouen sont dans le collimateur de candidats PS soutenus par des poids lourds de la majorité, tels Bruno Le Roux ou Claude Bartolone. Dans certaines villes, le Parti de Gauche se désolidarise du PCF, comme à Dieppe où il choisit l’option d’une liste autonome du maire communiste sortant avec EELV, ou à Grenoble et Rennes. Dans d’autres communes conjointement à la GA avec qui il mène des discussions nationales coupées des réalités locales, il refuse de participer au travail de co-élaboration de projet de ville et souhaite monter uniquement des listes « autonomes ».

Comment proposer dans certaines communes de larges rassemblements comme à St Germain Lembron (avec une tête de liste PG menant une liste sans étiquette), Aubière (avec une tête de liste Front de Gauche sur une liste PCF–PS–PG-EELV), à Cournon (avec une tête de liste PS sur une liste PS–PCF–EELV -), St-Hilaire-la-Croix (tête de liste Front de Gauche), à celles et ceux militants et électeurs socialistes, écologiques et au-delà, de se rassembler, de construire ensemble, et les exclure du rassemblement, voire les traiter de traitres dans d’autres communes ? Quelle cohérence ?

A la lueur de ces quelques exemples puydômois, centrer le débat sur « listes d’union » ou « autonomes » du PS est bien réducteur des considérations locales et antonyme au rassemblement qu’est le Front de Gauche. On ne veut pas alimenter la désespérance mais construire l’espoir. Il n’est pas juste de tracer un signe égal entre les gestions de villes comme Thiers, Chamalières, dirigées par des maires UMP et la gestion de villes comme Riom ou Ambert, par exemple. Dans notre département et en France, le FN ne se présente plus pour témoigner, mais pour diriger. Notre position contre la droite doit être sans faille, notamment à Issoire et à Lempdes. Renvoyer dos à dos la droite et la gauche est contre productif, lourd de dangers et n’ouvre aucun espoir à gauche.

La raison d’être du Front de Gauche n’est pas l’autonomie vis-à-vis du PS, mais faire bouger les lignes à gauche, déplacer le centre de gravité et le mettre sur une orientation qui permette de battre en brèche les politiques d’austérité et non de les rendre majoritaires. Nous ne croyons pas à la thèse des 2 gauches irréconciliables ni au mythe du recours. Nous voulons faire progresser dans le pays l’idée d’une autre politique que l’adaptation sociale libérale et d’une autre majorité et un autre gouvernement osant affronter le patronat et la finance.

Le Conseil départemental réaffirme que, pour les électeurs, le débat d’étiquettes est inaudible et désespérant pour le peuple de gauche. Ensuite, il ne justifie en rien la remise en cause de la dynamique unitaire et nécessaire du Front de Gauche. Et encore moins des déclarations d’exclusion du Front de Gauche prononcées par certains contre d’autres. Qui aurait d’ailleurs ce pouvoir ?

Le conseil départemental réaffirme l’utilité d’élus communistes et Front de Gauche. Pendant 6 ans, nos concitoyens auront besoin d’élus communistes et Front de Gauche pour se défendre et construire ensemble.

A Clermont-Ferrand, malgré les gestes nombreux et sincères du PCF (retrait candidature, ... ), l’intransigeance de la GA et du PG font mur et obstination autour de la candidature d’Alain Laffont qui ne fait pas consensus (cf. Appel du PCF et de la GU : rougeespoir.overblog.com). Chacun prend bien conscience de la gravité de la situation clermontoise. Aprés un mois de campagne sur la gratuité des transports, le SMTC envisage une tarification sociale.

A Riom, Thiers, Courpière, Blanzat, Amber, St-Eloy, ... les communistes travaillent à la co-élaboration de projet de ville avec des engagements clés constituant des points d’appui dans le bras de fer engagé contre les politiques d’austérité : des questionnaires, du porte à porte, des ateliers, des réunions, mobilisent et redonnent le goût de la politique à nos concitoyens. A Riom, après avoir refusé de mener conjointement ce travail de co-élaboration, la GA essaye de constituer une liste Front de Gauche sans les communistes riomois. A Thiers, l’enjeu est de rompre avec la gestion calamiteuse de la droite et toutes les forces de gauche thiernoises s’engagent derrière la candidature de Claude Nowotny.

Si, dans nombre de cas, le front de gauche est uni localement, la question de l’utilisation du nom et du logo « Front de Gauche » (déposé par le PG) est clair, nous avons un accord : si toutes les composantes du Front de Gauche ne sont pas sur une même liste, aucune ne pourrait utiliser le nom et le logo. Tout le monde doit respecter ses engagements.

« Il n’y a pas 2 sortes de communistes. A Paris, Marseille, Nice, Nantes, Thiers, Aubière, quelles que soient les formes de rassemblement au 1er tour, la même démarche et les mêmes objectifs sont partagés et nous mobilisent : rassembler et faire progresser des politiques de gauche à tous les niveaux. »


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