Regards n°824 :

Compte rendu du conseil départemental du 2 avril 2015

Le conseil départemental a débuté légitimement sur l’engagement des communistes au cours de ces dernières semaines. Alors que le contexte pour ces élections était peu favorable et les conditions ubuesques, les efforts de rassemblement, de mobilisation et le travail accompli par notre collectif humain et militant, en 1 mois de campagne, ont produit des résultats qui sont la plus belle des réponses au traitement médiatique dont nous avons fait l’objet.


4 mai 2015

Le nouveau paysage politique issu des élections départementales se caractérise par une abstention forte qui se double d’un phénomène de non-inscription et de désinscription électorale et touche majoritairement le peuple de gauche, sidéré par la tournure prise par ce quinquennat, alors que la droite et le FN mobilisent leurs électorats de plus en plus poreux, toute la gauche est sanctionnée.

Ces élections départementales sont une victoire pour la droite. L’UMP réalise 27 % des voix et en additionnant l’UDI et les divers droites on obtient 36 %. 66 départements sur 100 sont donc maintenant dirigés par la droite. Il est clair que ce résultat est plus du à la faible mobilisation des électeurs de gauche qu’à son dynamisme propre ou à une soi-disante « droitisation » de la société.

Mais la droite partage sa victoire avec le Front National. Ce n’est pas parce que les sondages l’annonçaient plus haut ou à la tête de certains départements que ce résultat n’est pas une victoire pour lui. Il a réussi à présenter plus de 1900 binômes et a enraciné son vote. Consacré à longueur d’antennes et de bulletins d’info, il a même réussi le tour de force de ne pas faire de campagne sur une grande partie du territoire avec des candidats fantômes et d’autres aux prises de position homophobe, raciste, antisémite qualifiées de « dérapage » par les médias alors même que c’est le fond de commerce et le fond de la pensée du Front National. Sa progression continue de s’accompagner d’une banalisation de son parti et de ses idées, d’une perméabilité de ses idées et « en fin de compte d’un désarmement républicain comme d’un désarmement de la gauche ».

Le grand parti de ces élections : c’est l’abstentionnisme. Las des injustices et du mépris affiché scrutin après scrutin, des votes foulés aux pieds, la moitié de nos concitoyens tirent leur révérence du débat politique. Il apparait aussi que 15 années de luttes pourtant ardemment menées et plus dramatiquement perdues mettent à mal un ressort essentiel du vote et de l’engagement : l’efficacité de la mobilisation collective.

Ainsi, malgré des aspirations à la justice sociale, plus grandes et diversifiées que jamais, l’exécutif socialiste fait à nouveau fi de cette défaite électorale et entend poursuivre quoi qu’il en coûte les réformes libérales contre lesquelles il a été élu. Pourtant, malgré un redécoupage taillé sur mesure et n’en déplaise aux discours des « ténors » du PS sur la « désunion de la gauche » et « la France [qui] vire à droite » qui ont tourné en boucle, la réalité des résultats s’explique par le dégoût et le rejet provoqués par les renoncements successifs du gouvernement contraires aux engagements de campagne.

Cette absence de remise en question à la tête de l’exécutif et l’apparition d’un «  tripartisme  » (PS, droite, FN – soit les partis acquis au néo-libéralisme) savamment entretenu, sont une véritable tentative de verrouillage de toute alternative à gauche.

Nous assistons à une transformation du paysage politique qui met le FN au cœur du débat politique et médiatique. Manuel Valls et la direction socialiste espère ainsi, l’affrontement avec le FN au deuxième tour de l’élection présidentielle. Pour ce faire, il faudrait que le FN élimine la droite du second tour et que le PS soit présent au second tour. Pour remplir cette dernière condition, il ne faudrait qu’un candidat de gauche au 1er tour de l’élection présidentielle qui rassemble l’intégralité des voix de gauche !

Le gouvernement emmène le pays et la gauche dans le mur, sans mesurer le fait que même s’il y a eu un bon report à gauche pour ces départementales, la surdité récurrente du gouvernement rend particulièrement difficile la mobilisation en sa faveur que ce soit au 1er ou au 2nd tour comme en témoigne plusieurs anecdotes de campagne, la défiance de plus en plus grande envers la politique et le 2nd tour des départementales qui ne mobilise pas suffisamment ceux qui restent en marge pour battre la droite. Nous ne pouvons occulter ce débat et le piège lancé avec les appels d’union de la gauche.

Concernant les résultats du PCF et du Front de Gauche : nous réalisons nationalement un score de 9,4 % qui peut même se monter à 11,9 % en comptant l’ensemble des binômes où au moins l’une des composantes du Front de gauche était présente au premier tour. Sur l’ensemble des 448 cantons où le Front de Gauche se présentait avec Europe écologie-Les Verts, nous recueillons en moyenne 13,6 % des voix.
Déjouant tous les pronostics et même si nous perdons le département de l’Allier dans un mouchoir de poche, à 48 voix, nous conservons le Val-de-Marne et nous restons la troisième force politique en nombre d’élus avec 176 conseillers départementaux en métropole, dont 167 PCF et apparentés, ce qui démontre que l’utilité des élus communistes est reconnue dans un certain nombre de territoires. Le FDG se développe sur de nouveaux territoires tout en se consolidant sur les terres de fortes influences communistes. L’assisse, le rôle et le poids des élus sortants a été déterminant dans les résultats pour notre organisation mais aussi les autres.

Dans le Puy-de-Dôme, il faut noter la remise en route du Front de gauche dont nous avons été le moteur notamment en termes de candidature puisque nous sommes de très loin le parti qui a fourni le plus de candidats dans ce rassemblement. Nous avons également réussi à construire une démarche commune avec Europe Ecologie-les Verts, jugée plutôt positivement par les camarades et le peuple de gauche. Le Front de gauche réalise un score de 14,63 % sur le département mais n’obtient que cinq élus dont un seul communiste, Jacky GRAND. Nous échouons à 43 voix à Aubière et à 121 voix dans les Monts du Livradois où nous arrivons en tête de la gauche et réalisons pourtant le meilleur score du Front de gauche au 1er tour : 30%. L’enjeu de la 5éme circonscription est soulevé avec une attention particuliére, analysant que les appétits sont importants à droite comme à gauche pour faire tomber notre député.

Les résultats dans notre département ne sont pas à l’image du reste du pays puisque la gauche fait mieux que résister et que le PS avec les « goutebeliens » font jeu égal avec la droite. Celle-ci réalise 30 % et gagne 10 élus. Il semble que la droite dite modérée, la droite plutôt giscardienne soit plus efficace que la droite d’Hortefeux et de Sarkozy. Même s’il est en dessous de son étiage national, le FN fait un résultat inédit dans le Puy-de-Dôme avec 18,49 % et en se retrouvant présent au second tour dans 4 cantons (Clermont 1/ Billom/ Thiers/ Pont du Château) même s’il est sévèrement battu dans ces cantons.

Dans ce contexte, la question du rassemblement a rythmé les interventions du Conseil Départemental .

« Comment ouvrir une perspective de gauche en rupture avec le projet Hollande, Valls, Macron ?  Quels enjeux ? Quelle stratégie de rassemblement et pourquoi faire ? Quelles propositions ? Pour quelle stratégie politique ? A quelles conditions ? Comment et avec qui ? »

Questionner les chemins du rassemblement, c’est aussi évaluer la situation du Front de gauche. Même si « 55 % des électeurs de Mélenchon ne sont pas allés voter », le Front de Gauche est toujours un espace identifié, certes abîmé, mais présent dans le paysage politique pour contester le tripartisme. Ce n’est pas rien, c’est un acquis précieux, quand bien même il n’a pas réussi à décoller pour ces élections départementales, un socle et une assisse s’installe.
« Il y a besoin de dépasser le Front de gauche par une autre dynamique en s’ouvrant à de nouvelles forces ». A Clermont-fd, c’est la capacité du rassemblement (FDG – EELV) qui permet des résultats de 14 à 19% et de faire tomber les caricatures des uns en « productivistes » ou des autres en « mangeusr de graines » pour laisser la place à la construction commune. Ce rassemblement ou plutôt rapprochement, puisque l’accord n’était pas global mais portait uniquement sur certains cantons trouve de l’écho et permet de recréer l’espoir.
Il faut donc se mettre en réflexion sur le besoin de construire une gauche nouvelle et n’occulter aucun débat avec une conviction : rassembler tous ceux qui, aujourd’hui, contestent l’orientation de ce gouvernement. Il y a la possibilité, l’urgence et la nécessité de construire un mouvement « multiforme » qui unit ses composantes, sans les dissoudre, sur des éléments communs qui les identifient, en respectant l’autonomie de chacun, pour construire un nouvel horizon politique.

L’enjeu est d’éviter la catastrophe en 2017 et de travailler à rassembler les écologistes, les frondeurs, le Front de gauche, le mouvement social etc. Bref, redonner de la force et de l’efficacité à la mobilisation collective.

Le rassemblement n’est pas une union ou une fusion, il nécessite du temps et doit se construire sur des contenus et des propositions concrètes au service de notre peuple. La démarche des municipales avec la signature de protocole d’accord et d’engagement clairement à gauche a été soulignée.

Il est proposé et décidé de rencontrer toutes les forces de gauche du département, de s’appuyer sur les chantiers de l’espoir [appel de plus de 500 personnalités, pour mettre en dynamique tous ceux qui contestent la politique du gouvernement et qui recherchent une véritable alternative] et de participer à la manifestation interprofessionnelle du 9 avril.

Elections régionales :

Reste la question électorale, avec la préparation des régionales de décembre prochain. Le débat est ouvert. Une rencontre régionale du PCF aura lieu le 4 avril et à la mi-juin, un conseil national définira une orientation nationale suite aux rencontres régionales PCF, FDG et avec les autres formations de gauche autour de deux objectifs «  Ne pas laisser les régions basculer à droite et prendre très au sérieux le risque FN. Rassembler à gauche pour des pactes régionaux de progrès social, écologique et démocratique.  »

La dernière partie de la discussion à porter sur notre organisation : Cyril souhaite mettre fin à son mandat de secrétaire départemental. Entre 2 congrès statutaires, il est donc décidé d’organiser une conférence départementale extraordinaire, le 6 juin à St-Bonnet-és Allier, et de remplacer le secrétaire départemental par un binôme de camarades, à l’exemple de ce qu’il se passe dans la fédération du Cantal, mais aussi pour des raisons techniques et financières. La proposition est faite qu’il soit composé d’un secrétaire fédéral en titre, Pierre MIQUEL et d’un porte-parole, Boris BOUCHET, accompagnés d’une direction collégiale avec le secrétariat et le conseil départemental.

Cette proposition, retenue par le conseil départemental, s’inscrira, si la conférence départementale en est d’accord, dans une période d’expérimentation jusqu’au prochain congrès statutaire (juin 2016) où nous pourrons en faire le bilan. Cette conférence de transition doit aussi et surtout, nous permettre de nous poser collectivement la question des objectifs de la fédération, de son organisation tout comme ceux des sections dans un nouveau contexte.

La question de la responsabilité d’animation et de direction des membres du conseil départemental a été posée : aujourd’hui, les tâches assumées par le Conseil départemental reposent sur les épaules de quelques uns, principalement le secrétariat, il est proposé de construire et resserrer le Conseil départemental autour d’un partage des responsabilités pour plus d’efficacité. Ainsi, chaque membre du conseil départemental est invité à réfléchir et travailler sur nos responsabilités collectives et individuelles ainsi que sur la capacité du conseil départemental à impulser des initiatives innovantes et fédératrices, bref à travailler l’espoir, les perspectives et le rassemblement.

Quels liens entre fédération et sections, et vice versa ? Quelle activité fédérale ? Comment chacun apporte sa pierre à l’édifice ? Quel travail collectif ? Quelle place pour les jeunes communistes ?

Quelle campagne d’adhésions, de renforcement ? Comment aider à la constitution des luttes ? Quelle activité dans les lieux de sociabilisation, dans les quartiers ? Quelle présence sur les luttes ? Quelles actions de solidarité concrète ? Quels objectifs par section ? Quels points de repères et de structuration de l’activité du parti ? Quelles initiatives fixes et annuelles ? Un débat public ? Un banquet républicain ? Une vente de fruits et légumes ? Quel travail et présence de terrain hors campagne électorale ? La diffusion du journal entreprises et de journaux de section ? Quel lien avec les élus ? avec l’Adecr ? Quelles délimitations géographiques des sections, en lien avec les bassins de vie, l’histoire des territoires et les redécoupages ? Quelle articulation entre projet et initiatives ? Quelle communication ?
Voici de manière non exhaustive, les éléments de discussions et réflexion portés par le conseil départemental qui sont donc à mener maintenant à tous les étages du parti : cellule, section, bassin de vie, circonscription… À chaque territoire de juger de la pertinence du périmètre pour réunir les camarades et réfléchir ensemble. Afin d’organiser la conférence, d’aider aux débats et fournir des pistes et orientations aux sections, un collectif de préparation a été mis en place.


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