Compte - rendu Conseil départemental du 23 septembre 2014

Réuni, le 23 septembre 2014, le conseil départemental de la Fédération PCF du Puy-de-Dôme a débattu de la situation politique et mesuré le contexte économique et social du pays, ainsi que les perspectives d’action pour notre parti.


10 octobre 2014

Contexte politique, économique et social

La rentrée politique a été marquée par le remaniement ministériel faisant suite aux déclarations d’Arnaud Montebourg dénonçant les choix du gouvernement qui « mènent à l’impasse ».Cette remise en cause qui tranche avec l’habitude d’avoir des ministres le petit doigt sur la couture du pantalon, a conduit un premier ministre fraîchement nommé, Manuel Valls, à constituer un gouvernement aux ordres, rétréci à un seul partenaire, le PRG, et où même l’aile gauche du PS est absente.
Ainsi, malgré les défaites électorales, malgré les sondages, malgré le sentiment du pays, malgré les doutes des ministres, malgré les frondeurs et surtout malgré la réalité économique et sociale de la France, François Hollande et Manuel Valls n’entendent pas changer de cap. Le déni démocratique est assumé à tous les étages ! « On ne change pas une politique qui échoue ».

Economiquement, le chômage atteint des records et avec lui, les dividendes exorbitants versés aux actionnaires. La croissance est nulle et avec elle, ou plutôt sans elle, les déficits publics se creusent. La réduction à marche forcée des dépenses publiques s’accompagne d’une volonté de baisser le pseudo « coût » du travail pour plaire à la finance et au patronat. Cela montre bien que lorsqu’on ne s’attaque pas au capital c’est au travail qu’il faut s’en prendre.

Quelques Chiffres :
- 6 millions de chômeurs inscrits à Pole Emploi, toutes catégories confondues
- La population active dépassant légèrement les 30 millions, ce sont donc 20% des personnes en âge de travailler qui sont privées d’emploi
- La part des chômeurs non indemnisés représente 60% des chômeurs
- 3,5 millions de contrats précaires (CDD, intérim, vacations, …)
- Les contrats de moins de 3 mois occupent 80% des contrats effectués dans l’année par les entreprises
- 2 millions de travailleurs pauvres avec des revenus de moins de 800€ par mois
- 5 millions de travailleurs à temps partiels dont 80% sont des femmes
- 300 milliards d’€ versés chaque année aux actionnaires et aux banques en intérêt qui ne servent à rien
- 80 milliards d’€ volés chaque année au budget de l’état par les pratiques de fraudes et d’évasions fiscales des grands groupes, des actionnaires et des plus riches.

Ces chiffres n’ont pas fait partie du discours de Manuel Valls, seule la « croissance » était répétée comme sur toutes les antennes. Les fondamentaux de l’économie sont évacués de la politique économique du gouvernement tout comme la question sociale. D’ailleurs, la politique économique du pays a été transférée au Medef.

Pour une autre répartition de la richesse, plus un sou au capital

Dans ce contexte, notre bataille contre le coût du capital est essentielle, nous devons continuer à marteler que « le principal boulet de la « compétivité » française, le cancer de la raison économique, c’est cette boulimie financière qui est un crime contre la société française, contre sa jeunesse, contre ses forces vives ». Un journal Entreprises sera disponible mi-octobre où nous décortiquerons la politique de l’offre du gouvernement et nos propositions pour libérer la société du capital, notamment la Sécurité d’emploi et de formation.

Pour un référendum sur la réforme territoriale

Cette orientation politique du gouvernement s’accompagne d’une transformation de notre organisation territoriale pour adapter le pays à la concurrence libre et non faussée européenne. La fusion programmée des régions, sans débat, participe de la même logique de réduction des dépenses publiques. [Une pétition pour un référendum sur la réforme territoriale est disponible et une réunion publique départementale avec le groupe Front de Gauche au Conseil Régional et l’ADECR est organisée le 20 octobre à 18h à Cournon-d’Auvergne -Espace Louise Michel].

Le calendrier électoral a été annoncé par Manuel Valls. Les élections départementales auront lieu en mars prochain, et les régionales à la fin 2015 dans un contexte politique et institutionnel sans précédent. Le redécoupage du Puy-de-Dôme fait que nous passons de 61 à 31 cantons avec 2 candidats de sexe opposé et 2 remplaçants de sexe opposé aussi sur chaque canton. Pour se maintenir au second tour, il faudra réunir 12,5% des inscrits, soit environ 20 à 25% des suffrages vu l’anstention.Il nous faut donc appréhender les nouvelles limites territoriales, et entamer un travail de recensement et de poids politiques, bref regarder quelles sont nos forces et celles des autres forces politiques de droite comme de gauche. Notre ambition est d’avoir un groupe. Julien Brugerolles animera un collectif sur ces élections, chacun(e) pourra faire appel à lui, tout comme il fera appel à certain(e)s d’entre vous pour étoffer ce collectif. Quel rassemblement ? Accord technique avec toutes les forces de gauche départementales ? la majorité départementale ?

Quel rassemblement majoritaire ? Quelle construction ? Quel contenu ?

Le succès de la Fête de l’Humanité et les prises de position et initiatives de notre parti depuis le mois d’août (dont le discours de Pierre Laurent à La Rochelle) montrent qu’il y a du ressort et ouvrent une nouvelle perspective, plus propice à la construction d’un large rassemblement.
Même si nombreux sont « groggys », désenchantés, pour beaucoup de gens de gauche, le gouvernement Valls II, la nomination d’Emmanuel Macron, les propos scandaleux de Rebsamen, le discours de Manuel Valls à l’université d’été du Medef, ont été vécus comme un moment de vérité où une limite a été franchie. Deux constats ressortent dans le pays, et notamment chez le peuple de gauche : la politique suivie n’est pas celle annoncée et l’orientation choisie conduit dans le mur.

Dans ce contexte, comment mettre un coup d’arrêt à cette politique austéritaire imposée sans débat et rendre possible l’affirmation d’une alternative, et passer ainsi de la juxtaposition des critiques à la construction commune.

Le sujet, n’est donc pas de se faire plus ou moins d’illusions sur les frondeurs socialistes ou les députés d’EELV qui se sont abstenus lors du vote de confiance. Nous savons bien que tous ne sont pas opposés au même degré à la politique gouvernementale et parmi eux tous n’ont pas les mêmes objectifs. Et nous savons aussi que bien au-delà des frondeurs déclarés, grandit l’idée que l’orientation Hollande-Valls mène dans le mur que ce soit dans le pays ou à l’Assemblée.

Il y a à gauche une force citoyenne que nous pouvons interpeller, avec qui nous pouvons marcher pour faire vivre la gauche, ses valeurs et celle essentielle du partage des richesses, pour créer des rassemblements majoritaires à gauche sur des contenus alternatifs au gouvernement et des objectifs qui permettent de l’emporter contre un adversaire de classe qui ne lâchera jamais prise de son plein gré. Pour cela nous devons parler à toute la gauche, il est donc décidé de rencontrer les forces politiques et syndicales du département. Concernant le Front de gauche, la relance est nécessaire, pour autant elle peut être difficile localement.

Il est décidé de nous adresser, sans préalable, ni condition à toutes les femmes et à tous les hommes qui ne se reconnaissent pas dans la politique actuellement menée, notre politique n’est pas de nous enfermér dans le seul dialogue avec le PS ou avec quelques autres partis que ce soit, mais de construire avec les millions de personnes qui ont voté Hollande et se sentent trahis.

C’est bien par nos initiatives que nous stimulerons un dialogue étendu à gauche contre l’austérité, pour qu’il permette un rassemblement efficace sur des propositions précises, et d’autant plus dans une période où le mouvement social et nos concitoyens sont « groggys », désenchantés, face à l’avalanche d’attaques, face aux « affaires », face au vaudeville bourgeois, et rompent avec la politique, avec l’héritage social conquis par les luttes. Notre obsession doit être de rassembler les forces qui contestent tout ou partie de la politique libérale du gouvernement.

Redonner ses lettres de noblesse à la politique

Pour beaucoup de nos concitoyens, la politique s’est éloignée de leurs préoccupations et elle s’est décrédibilisée. Les affaires, couplées aux reculades du gouvernement, cassent le lien avec le peuple et laissent place à une colère froide. L’expression popularisée par Coluche « Salauds de pauvres », est maintenant prise au 1er degré, même au sein du gouvernement comme en témoigne les propos de Rebsamen sur les chômeurs « fraudeurs » qui abuseraient de l’argent public. Alors que la pauvreté s’accrue depuis 2008, alors que le chômage explose, la seule solution serait d’accuser les pauvres et les privé-e-s d’emploi d’être responsable de leur sort ? Qui peut oser confondre le malade et la maladie ? Comment oublier les 24 milliards par an de fraude aux cotisations sociales ? Comment oublier d’expliquer que l’impôt sur le revenu, qui est un prélèvement progressif (les plus riches paient davantage) ne résume pas toute la fiscalité ? Pourquoi ne pas rappeler que d’autres prélèvements sont plus accablants ? Que l’on paye plus de TVA que d’impôt sur le revenu ? Que les dépenses « contraintes » (loyer, chauffage, électricité, autoroute…) se sont envolées ? Sans impôt pas de société, pas de pays, pas de collectivités, pas plus que sans cotisation il n’existe d’associations, d’amicales, de clubs, … C’est une question de justice sociale et d’égalité face à l’impôt. Comment accepter que les entreprises du CAC 40 payent 3% d’impôts et les PME 30% avec en plus le robinet du crédit coupé ?

Il faut rendre la politique aux citoyens et, pour cela, il faut construire avec les gens. Il faut se libérer du prêt-à-penser ambiant, prendre du recul, s’impliquer et construire concrètement. Prendre le contre-pied du conservatisme qui est en train de s’installer, des divisions fortes entre les gens, du manque de commun plus qu’évident. Il faut casser tous ces replis. Elus, militants, il nous faut montrer la politique, la revaloriser et déployer des actes de solidarité concrète en œuvrant aussi pour le droit aux loisirs, aux vacances et à la culture via des initiatives solidaires. « A certaines périodes de l’Histoire, il y a besoin d’accompagnement social. »

Projet de communauté urbaine :

Cyril Cineux a fait un point sur la communauté urbaine. Une réunion des communistes et des élus de l’ADECR de l’agglomération clermontoise aura lieu le mardi 14 octobre à 18h à la salle Victor Hugo à Clermont-fd.

Fête de l’Huma :
Si la fête de l’Humanité a été une réussite tant politiquement que financièrement et avec une participation de plus de 500 000 personnes, ce n’est pas le cas pour notre stand « Les 3 Bougnats ». Pour plus d’explications rendez-vous page 6 de Regards sur L’auvergne. Le conseil départemental a décidé de lancer une souscription autour d’un apéritif le vendredi 10 octobre à partir de 18h à la Fédération, en remettant à chaque donateur une carte des amis des 3 bougnats.

Relevé de décisions et d’orientations :
- Rencontres des forces politiques et syndicales du département ;
- Renforcement et déploiement de notre campagne sur le coût du capital avec un nouveau journal Entreprises (disponible mi-octobre) et nouvelles affiches ;
- Campagne pour un référendum sur la réforme territoriale, avec notamment une initiative départementale le 20 octobre à Cournon (18h - Espace Louise Michel)
- Concernant les questions internationales, une partie de notre prochain CD y sera consacrée ;
- Préparation des échéances départementales. Julien Brugerolles animera un collectif ;
- Réunir le maximum de communistes du département sous toutes les formes utiles, pour préparer notre conférence nationale des 8 et 9 novembre :
 Pascal SAVOLDELLI, responsable élection du PCF et suivi de notre fédération viendra les 21, 22 et 23 octobre sur notre département. Il nous faut donc organiser ce tour du département.
 Le CD insiste pour que les questions essentielles du rassemblement, de la préparation de la conférence nationale et des élections départementales soient à l’ordre du jour des prochaines réunions de sections et de mettre en place des comptes rendus de ces réunions.
 Un conseil départemental élargi est convoqué le 28 octobre à 18h à la fédération, afin et conformément à nos statuts d’élire la délégation du 63.


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