Assemblée Générale des Communistes du Puy de Dôme :

COMPTE RENDU

La conférence départementale des communistes du Puy de Dôme a été l’occasion d’un débat riche et serein pour la quarantaine de participants qui avaient fait l’effort de venir apporter leur contribution par ce beau et chaud samedi du 5 juin. Pour autant, de nombreuses questions posées sont restées sans réponses précises.


11 juin 2010

Ainsi dans son introduction sur « L’évaluation de nos choix faits lors de notre dernier congrès ordinaire et la poursuite de leur mise en œuvre » Boris Bouchet n’a pas manqué d’aborder les points cruciaux des pistes de travail proposées aux communistes :

« Le Front de Gauche doit-il perdurer ? Comment lui donner une dimension populaire ? Le Front de Gauche a-t-il vocation à rester une alliance électorale ou doit il devenir un rassemblement de plus long terme ? »

Ce qui ressort du 1er débat :

Le Front de Gauche a créé une saine émulation qu’il faut poursuivre en l’élargissant, il reste un outil pour rassembler, pour créer des fronts thématiques au-delà des élections et il peut être la base d’un front populaire de toute la gauche.

D’autant que l’heure est à l’action dans de très nombreux domaines comme les retraites et les services publics. Pour un jeune communiste, il faut concrétiser l’élan du Front de Gauche en s’impliquant dans la création de collectifs locaux pour des droits spécifiques et pour sortir de l’électoralisme.
Si donc l’idée de poursuivre le Front de Gauche, et de lui donner une autre dimension, est partagée, de nombreux camarades ont souligné la nécessité de préserver en même temps l’identité communiste et la pérennité du PCF.

Pour comprendre la société, la réflexion collective est incontournable, alors que tout pousse à l’individualisme, cela doit nous conduire à renforcer les partis et non pas à les effacer. La diversité est une richesse et non un handicap. L’adhésion directe au Front de Gauche, comme le propose le PG, pour aller vers un nouveau parti de type « Die Linke » n’est pas à l’ordre du jour.

Pour autant il importe de réfléchir à la création d’espaces de participation réelle pour ceux qui veulent rejoindre le front de gauche sans pour autant adhérer aux partis qui le composent.

C’est une question de démocratie et d’efficacité. Mais un cadre démocratique doit être trouvé qui permette que le poids respectif des différentes composantes ne soit pas nié, comme ça a été le cas dans les collectifs antilibéraux où la voix d’un individu valait celle d’une organisation constituée représentant parfois des centaines de membres.

Autre question soulevée par Boris : La victoire de la Gauche aux élections régionales permet de faire renaître l’espoir de battre la droite en 2012 :

« Nous voulons battre Sarkozy en créant les conditions, pour l’après Sarkozy, d’une nouvelle ère politique, sociale et démocratique.

Cela ne se fera pas sans créer les conditions d’une intervention populaire et d’une majorité sur un projet de changement à gauche.

Comment y parvenir dans le cadre d’une élection présidentielle qui crée les plus mauvaises conditions pour cela ?

Cette élection est tout à la fois une clé de voûte des institutions et un piège, poussant à une bipolarisation rangée derrière des chefs.

Comment desserrer cet étouffoir qui transforme les électeurs en supporters quand nous les voulons acteurs, qui vise à confisquer le débat de projet quand nous voulons qu’il domine ? »

Là encore, pas de réponse toute faite : Notre conviction est que l’émancipation sociale viendra du peuple, pas de transformation possible sans la participation et la maîtrise des gens eux-mêmes ; c’est pourquoi la question des contenus est primordiale.

Cette conception, au cœur de notre démarche peine à être mise en œuvre, mais les régionales ont montré la possibilité de nouvelles pratiques, alors il ne faut plus attendre, surtout avec le discrédit porté par la politique et souligné par l’abstention massive. Il importe avant tout de répondre à l’urgence sociale et de travailler un projet qui donne du sens à la politique et à la société.

Donc pas de précipitation ni de focalisation sur la présidentielle, le projet avant tout avec l’affirmation que les législatives ne doivent pas passer à l’arrière plan et doivent s’inscrire dans la dynamique Front de Gauche. Mais projet et candidatures sont liés fait remarquer un camarade. Impossible donc de contourner la présidentielle, mais nécessité de la boulverser : « La première chose à faire est de dénoncer ce régime présidentiel ».

Certaines pistes sont avancées :
« Le parti doit être présent et apparaître, dans ce cadre André Chassaigne serait le mieux placé ».
Pour un jeune camarade, « peu importe l’étiquette du candidat seul le résultat compte » . Un autre propose de « trouver un candidat issu du mouvement social, ce qui nous sortirait de l’électoralisme dont on a fait notre centre de gravité » . Il apparaît que chaque piste comporte aussi des risques et une solution est préconisée :

« Avoir une candidature collective, plusieurs personnes portant le projet du Front de Gauche, il s’agit de faire en sorte que le collectif apparaisse bien dans cette élection. »

Ce premier débat ne tirera pas de conclusions définitives, mais comme le dit une camarade « les communistes ont besoin de réponses collectives » et attendent du congrès qu’il avance dans ce sens.

Débat sur les transformations du PCF

En introduction Cyril rappelle les éléments du débat sur ce thème :

« la voie des transformations du PCF nous apparaît plus féconde que celle de la recherche de la Constitution d’un autre parti aux contours incertains »

Un but : penser et réaliser les conditions d’une organisation révolutionnaire à la hauteur des enjeux contemporains de dimension nationale, européenne et mondiale ».

1er axe, les idées. A partir de constats, « nous sommes, pour partie, identifiés à des solutions du passé et à des conceptions qui ne sont plus les nôtres » auquel s’ajoute « le manque de lisibilité et de crédibilité du projet communiste » des questions se posent :

Entre les réformes immédiates et la question du communisme, comment identifier la cohérence de notre projet politique ? Comment dire en termes simples les principes que nous défendons pour la transformation de la société ?
Sur le fonctionnement du parti, c’est bien au niveau de notre fonctionnement, des règles démocratiques que nous nous fixons, que nous devons travailler. La décennie qui vient de s’écouler ne manque pas d’exemple où nos règles démocratiques n’ont été ni satisfaisantes, ni même suffisantes.

Quelles procédures faut-il mettre en place pour assurer aux communistes de maitriser de bout en bout les débats et les décisions de leur Parti ?

Nous voulons faire de l’implication populaire, le cœur de notre action politique : Mais comment passer de la volonté à l’action ? Comment faire en sorte que la démocratie interne et l’implication populaire soient compatibles ?

Le débat interroge donc nos pratiques :

« Localement, que fait on en matière de démocratie participative ? » dit un camarade, en prenant exemple sur le dossier de l’incinérateur. La votation pour la poste a touché beaucoup de monde, comment multiplier ce genre d’initiatives ? Quand est-ce qu’on passe à la pratique en matière d’implication populaire ? 

Sur le projet :
« Le parti doit arrêter de dire qu’il faut faire preuve de créativité et ne rien faire ! » « Quelles propositions en matière de politique énergétique, industrielle et concernant l’attitude des médias ? »

La façon dont a été abordée la campagne nationale sur les retraites (tracts et affiches) est critiquée et tout le monde s’accorde pour se féliciter du tract et des affiches départementales.

Une proposition est faite pour que le site national du PCF mette à disposition des militants le matériel proposé par toutes les fédérations. La question du travail en réseau, ou d’une structure permanente qui permettrait un travail collectif horizontal est abordée. Ce serait indispensable sur les questions d’environnement et d’énergie qui montrent des différences importantes entre communistes.

Sur notre fonctionnement :

Pour plusieurs camarades un minimum de rigueur dans l’application des règles communes serait bienvenu. Le respect des règles définies entre nous est important pour le respect des décisions prises majoritairement. L’intérêt de veiller attentivement à nos organisations de bases est souligné « L’organisation et le renforcement du parti doivent être notre priorité ».

En même temps « il faut être en capacité d’adaptation, trouver des moments d’échange entre nous qui ne soient pas que la réunion, se saisir de toutes les occasions possibles » pour réaliser et faire vivre la proximité.

Comme nous y invite le texte préparatoire : « la qualité politique de la vie de nos organisations, leur ouverture sur la vie, sur le quartier ou l’entreprise, la capacité qu’elles ont ou pas d’être des moteurs d’initiatives et d’actions, est l’une des questions de la transformation du parti. »

Notre rapport aux médias au national comme au local fait l’objet d’un débat. L’ostracisme des médias étant très réel, il convient de former des camarades et proposer des portes parole par thème.

LA DÉLÉGATION :

Julien BRUGEROLLES
Claude CHAMEK
André CHASSAIGNE
Cyril CINEUX
Corinne NAJIM


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