Contre la casse du service public de La Poste :

André Chassaigne demande une commission d’enquête parlementaire

A l’occasion d’une conférence de presse, le 19 juin à Clermont-Ferrand, André Chassaigne a longuement exposé les raisons qui l’ont conduit à déposer une proposition de résolution pour la création d’une commission d’enquête parlementaire sur la politique de présence territoriale de La Poste.


30 juin 2009

Il a d’abord rappelé que les choix mis en œuvre par la direction de La Poste étaient la conséquence des politiques de libéralisation inscrites dans les traités européens depuis plus de vingt ans et qui ont progressivement démantelé l’ensemble de nos services publics. Face au désastre engendré par ces orientations, André Chassaigne n’a pas hésité à présenter cette résolution comme « un grand coup de pied dans la fourmilière » face au mécontentement que provoque les déclassements de bureaux de poste, ou leur transformation en « agences postales communales » (APC) ou en « relais poste » (RP) chez un commerçant.

Il a longuement expliqué le travail collectif qui a permis d’élaborer ce document. De nombreux syndicalistes, le collectif de défense et de développement des services publics de Thiers Ambert, des élus locaux mais aussi de simples usagers se sont activement impliqués dans l’élaboration de cette résolution qui retrace les étapes successives de la mise en concurrence qui vont déboucher sur la libéralisation totale du courrier en 2011.

André Chassaigne a vivement dénoncé la manipulation de la direction de l’entreprise qui brandit le chiffre de 17 000 points de contact sur tout le territoire en assimilant à des bureaux de poste de plein exercice les 4 153 APC, gérées par les communes et les 1 660 RP, gérés par un commerçant. La direction de La Poste oublie de préciser que les APC sont un nouveau transfert de charges sur les communes et qu’elles constituent une forte dégradation du service.

En effet, les nombreuses opérations qui étaient réalisées dans les bureaux de poste de plein exercice ne sont plus possibles dans une APC ou un RP. C’est notamment le cas des envois en Chronopost, des retraits de valeurs, des envois contre remboursement, sans parler des services financiers puisque les retraits sont désormais limités à 300 euros sur les livrets A et sur les CCP. Quand on sait qu’à ces contraintes s’ajoute une totale absence de confidentialité, on prend la mesure de la duperie que représente la propagande mensongère de la Poste.

C’est pour mettre un terme à cette politique catastrophique qu’André Chassaigne a déposé cette proposition de résolution. C’est aussi pour dénoncer les méthodes de harcèlement de la direction de l’entreprise envers les élus locaux pour les contraindre à accepter la transformation d’un bureau de poste en APC.

Des territoires entiers sont ainsi privés d’un vrai service public parce que La Poste est enfermée dans les exigences de rentabilité imposées par l’ouverture à la concurrence prônée par le traité de Lisbonne. Cette politique ne permet qu’une couverture limite du territoire telle qu’elle est définie dans la loi de régulation postale, votée en 2005,. laquelle interdit que plus de 5% de la population d’un département se trouve éloignée de plus de 10 kilomètres du plus proche accès au réseau postal. Compte tenu de l’ambiguïté entretenue par la direction de l’entreprise sur les points de contact, il est indispensable d’obtenir que ce plus proche accès soit un bureau de plein exercice.

Cette proposition de résolution, déposée sur le bureau de l’Assemblée nationale le 18 juin est également un outil militant à utiliser très largement pour dénoncer la politique de La Poste et faire vivre des propositions alternatives en faveur d’un authentique service public postal.


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