Accueil ERDF, guichet SNCF, hôpital, bureau de poste, ... : des attaques tous azimuts contre nos services publics

Se rendre à la mairie pour envoyer un recommandé car le bureau de poste s’est changé en agence postale communale. Se casser le nez devant l’agence des finances publiques ou de la CPAM désormais fermée l’après-midi. Devoir faire 40 kilomètres pour pouvoir accoucher. Voilà le lot d’un nombre grandissant de Puydômois, qui font face à une offensive tout azimut contre leurs services publics.


23 août 2016

Les services publics, unanimement salués après les attentats, sont une réponse à l’exigence de cohésion sociale, sont un des ciments de notre société et de notre modèle social ; pourtant engagé depuis longtemps, le recul des services publics, s’accélère ces derniers mois, mis à mal par la réforme territoriale et les baisses de dotation.

Tout cela se traduit par moins de service à la population, des territoires abandonnés, une économie fragilisée, un accès aux droits rendu plus difficile pour les victimes de l’exclusion sociale et/ou territoriale, pour les personnes âgées, et par une dégradation de l’emploi et des conditions de travail des personnels.

Et même si l’incompréhension et le découragement frappent une partie de la population, ceux qui voient le vent venir travaillent à la prise de conscience et au rassemblement pour la reconquête des services publics.
L’exemple d’EDF-GDF est en tout point éclairant. La casse progressive de ce service public livré à la concurrence, avec pour conséquences une dégradation continue du service et une hausse démesurée des tarifs, est une illustration des politiques qui découlent des traités européens mis en œuvre progressivement. En effet, c’est en vertu de deux directives, adoptées en 1996 et en 1998 en application du traité de Maastricht et respectivement transposées en droit français les 10 février 2000 et 3 janvier 2003, que le statut public d’EDF- GDF a été transformé en société anonyme en 2004 et que le statut des électriciens et des gaziers a été remis en cause. C’est encore en vertu d’une directive de 2003, émanant toujours du traité de Maastricht que les gestionnaires du réseau de distribution ont été séparés avec d’un côté ERDF, et de l’autre GRDF fusionnant avec SUEZ et devenant de ce fait un concurrent d’ERDF. D’où le changement récent de nom d’ERDF en ENEDIS pour ne pas créer de confusion avec EDF et favoriser ainsi les nouveaux distributeurs entrant sur le marché. Aujourd’hui, le démantèlement se poursuit avec la privatisation des centrales hydrauliques et la perspective d’une régionalisation de la distribution et par conséquent de la tarification.

C’est donc l’accès de tous à l’électricité dans les mêmes conditions et au même tarif qui est remis en cause. Contrairement aux affirmations mensongères des partisans de la privatisation, cette politique d’ouverture à la concurrence ne fait pas baisser les prix bien au contraire : depuis 2005, le tarif du gaz a augmenté de 63 % et celui de l’électricité de 30 %.

L’objectif de ces politiques libérales est de livrer les services publics à la concurrence pour faire grossir les profits des fournisseurs et des distributeurs, au détriment des usagers. Dans ces conditions, il ne faut pas s’étonner que le guichet SNCF ou l’accueil ERDF soient menacés pour cause de rentabilité insuffisante.

«  Quand on parle de services publics, on met le doigt sur un faisceau de problèmes. Ils sont à défendre coûte que coûte, dans tous les domaines. C’est un des ciments de notre société et de notre modèle social  »


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