COMMUNAUTE URBAINE DE CLERMONT : :

AFFAIRE DE SPÉCIALISTES OU DE CITOYENS ?

Au moment ou le malaise social s’amplifie, le gouvernement continue sa politique libérale. La mise en place de la Communauté Urbaine pose des enjeux essentiels sur l’avenir et la place des habitants et de nos communes. Nous avons posé 3 questions à Cyril CINEUX, le Vice-Président au projet communautaire.


20 novembre 2014

Clermont-Communauté étudie son passage en Communauté Urbaine dans environ 2 ans. Pourquoi as-tu accepté de conduire ce projet ?

J’ai accepté parce qu’en ayant cette responsabilité, c’est la possibilité de porter d’autres choix politiques, de proposer une autre voie que celle appliquée aujourd’hui.

Les politiques d’austérité accentuent le désespoir et des milliers d’habitant-e-s de l’agglomération subissent des difficultés de plus en plus grandes. Les collectivités locales sont le dernier rempart face à la crise et à la loi de l’argent.

J’ai accepté car piloter ce projet, c’est proposer une autre politique territoriale qui doit prendre en compte les besoins des habitant-e-s.

La réforme territoriale avec la loi MAPAM (Modernisation de l’Action Publique et d’Affirmation des Métropoles), n’est pas en faveur des habitants, des services publics et des communes. Comment concilier l’exigence de démocratie des territoires avec ta responsabilité de Vice-Président au Projet Communautaire ?

Il me semble essentiel que nos communes ne soient pas sacrifié et emporté avec leurs services publics, leurs politiques sociales dans un basculement douloureux pour tous. Face à cette loi qui veut en rabaisser sur la qualité de vie et le vivre ensemble, je ne conçois pas mon rôle de Vice-Président au projet communautaire sans les acteurs et les richesses de nos territoires.

Pour cela, il faut en faire une question publique, pas seulement entre les 21 Maires des communes de l’agglomération. C’est avec les habitants et leurs élus dans les communes que nous arriverons à définir les réponses aux besoins. Dans ce débat, un communiste pour mener ce projet peut-être un atout, d’autant plus que nous avons Christian Sinsard, Maire d’Aubière, qui, tout comme moi, ne lâchera rien sur les questions de démocratie et de respect des habitants et des communes.

Cette nécessité démocratique, c’est d’ailleurs une des conditions que j’ai exigé pour accepter la responsabilité de porter ce projet.

Et je souhaite, à contrario de la réforme territoriale, que les habitants et les élus des communes soient associé à la mise en place de la Communauté Urbaine de Clermont.

Quelles politiques publiques sont utiles aux habitants ? De quels services publics, les hommes, les femmes, les personnes âgées, les jeunes, les personnes handicapées ont besoins dans leurs quotidiens ? C’est la question centrale de toute collectivité territoriale. Le service public, « le patrimoine de ceux qui n’en ont pas » comme disait Jaurès, c’est le traitement égal de toutes et de tous sur tous les bassins de vie.

Par exemple, les villes de Clermont-Ferrand et Cournon ont chacune une régie publique de l’eau avec un personnel qualifié et compétent. La question d’étendre ces régies à l’ensemble des 21 communes de l’agglomération pour en faire profiter tous les habitant-e-s se posera donc naturellement. De même l’harmonisation fiscale sur les 21 communes ou encore le taux de logements sociaux que ce soit à Clermont-Ferrand, Aubière, Gerzat ou Cebazat feront débat.

Pourquoi les communistes ont un rôle à jouer dans le projet communautaire ?

Nous sommes, nous communistes, opposés à la réforme territoriale comme nous sommes opposés à la Ve République. Nous militons pour une 6eme République démocratique et sociale dans laquelle l’Etat jouerait pleinement son rôle.

En cela, les communistes et leurs élus ne portent pas le même débat et ne donne pas la même place aux habitants et aux élus de proximité que la Droite ou le PS dans l’élaboration et la construction des affaires publiques. Une des questions primordiales dans ce débat est donc celle de l’intervention citoyenne.

« L’Humain d’abord », ce n’est pas seulement répondre aux urgences sociales, c’est aussi une détermination forte pour placer le citoyen au cœur de tous les choix politiques. Il faut rappeler que ce sont les naufragés du système qui sont les abstentionnistes et les déçus de la politique. Nous ne résoudrons pas le vivre ensemble et l’utilité de décider ensemble sans développer une démocratie de proximité.

Et c’est sur l’exigence de débat public que les communistes peuvent être utiles. Et il n’y a qu’une seule méthode possible, c’est à partir des communes, des associations, des syndicats, des commerçants, des entreprises qui sont les forces vives des territoires que la Communauté Urbaine doit s’imaginer et s’inventer. La Communauté Urbaine doit être un outil au service d’un projet de vivre ensemble dans le respect de l’intérêt collectif.


Je contribue
La contribution

forum info modere