Le député André CHASSAIGNE et le conseiller régional Eric DUBOURGNOUX :

A la rencontre avec les agriculteurs

La rencontre avec les agriculteurs et les responsables syndicaux agricoles, organisée par André Chassaigne à Saint-Gervais sous Meymont, le 30 septembre dernier avait pour triple objectif de rendre compte de son activité parlementaire sur ce sujet, de dresser un état des lieux concret de la situation des agriculteurs sur le territoire, et d’envisager collectivement différentes pistes d’action et d’intervention pour les échéances politiques à venir : volet agricole du projet de loi de finances pour 2010 en octobre, futur projet de loi de modernisation de l’agriculture annoncé au Parlement avant la fin de l’année, débats européens sur l’avenir de la PAC après 2013.


9 octobre 2009

Responsable du suivi des questions agricoles pour son groupe parlementaire, André Chassaigne est revenu en introduction sur ses dernières prises de position dans le cadre des débats sur le bilan de santé de la PAC en 2008 et au printemps 2009, et sur les différentes questions posées au gouvernement tant sur les modalités d’application du bilan de santé, que sur les difficultés que vivent les filières aujourd’hui. Il a également souhaité revenir sur le lien direct existant entre la mise en oeuvre des lois Chatel et de modernisation de l’économie, et la situation dramatique que vit l’ensemble du monde agricole. La grande distribution est sortie plus renforcée que jamais de la logique de libéralisation du secteur agricole introduite par ces deux textes. Ainsi, dans le cadre d’une contractualisation inégale, tout est fait pour faire pression à la baisse sur les prix payés aux producteurs.
Membre de la délégation parlementaire française sur le bilan de santé de la PAC auprès de l’Union Européenne, il a souligné l’intérêt du rapport porté par l’ensemble des parlementaires français qui défendait très clairement l’idée d’une PAC consolidée, avec des outils de régulation renforcés. Mais il a également mis en garde contre le double discours porté par certains au regard des contradictions avec les politiques européennes et nationales actuelles qu’ils mettent en place.
Il a également tenu à faire part de sa vision d’avenir pour l’agriculture européenne, nationale et du Massif-Central. « L’agriculture répond à un besoin fondamental de l’humanité : se nourrir. A ce titre, je considère que l’on doit sortir l’activité agricole du cadre des négociations de l’OMC. On ne vend pas des denrées alimentaires comme on vend des paires de chaussettes ! » a t’il précisé. C’est pourtant de cette façon que les promoteurs du libre-échange entendent faire de l’agriculture une monnaie d’échange dans les négociations internationales, en s’appuyant toujours sur la vieille théorie économique libérale de Ricardo selon laquelle chaque pays doit se spécialiser dans les productions où ses coûts sont les plus faibles. Cette dérive produit des effets terribles sur tous les systèmes agricoles, précipitent les agriculteurs et les territoires ruraux dans l’impasse, et remet en cause les principes incontournables de toute politique agricole responsable. Il a conclu son introduction au débat en précisant que la question de la pérennité de l’agriculture de montagne se tranchait bien à différents niveaux, européen d’abord et national ensuite.

Le débat s’est ensuite engagé avec la salle sur la vision globale de l’activité agricole. Si quelques-uns ne voyaient dans l’agriculture qu’une industrie comme les autres, pour la majorité des participants, sa fonction nourricière, ses implications sociales, territoriales, environnementales et en terme d’emploi ne peuvent la placer sur le même plan que les autres activités économiques. En conséquence, à plusieurs reprises les agriculteurs ont répété l’importance d’agir en faveur d’une régulation des marchés et de la production.
Les participants et André Chassaigne ont soulevé également la détresse des producteurs qui laissent tomber, se démobilisent, ou abandonnent leur exploitation. La situation de crise touche désormais toutes les filières de façon durable avec des revenus en baisse constante. Les participants se sont accordés sur le besoin de revendiquer l’exigence collective de prix rémunérateurs et de revenus dignes pour leur travail.

La crise laitière a naturellement constitué un fil conducteur des débats. Pour cette filière, l’état des lieux n’a pas été sans provoquer de vives réactions. Ont été abordées successivement les problématiques suivantes : la fluctuation des prix payés aux producteurs et la vente du lait très largement en deçà des coûts de production, les prix d’achat du lait AOC, le maintien des quotas laitiers et de leur attribution/répartition territoriale, la spécialisation territoriale des productions, le maintien des outils de stockage public et privé, les marges des transformateurs et des distributeurs, l’utilité des organisations de producteurs dans la contractualisation, les relations et les modalités de contractualisation envisageables, l’encadrement de l’activité de la grande distribution, les importations de lait et les ventes des surplus, les pratiques des transformateurs nationaux et locaux... Sur ce sujet, différentes pistes d’intervention ont été envisagées parmi lesquelles : l’interpellation des transformateurs locaux sur leurs relations avec les producteurs pendant la crise, la défense des soutiens spécifiques et différenciées aux zones de handicap et de montagne, la nécessité de préciser les missions de l’observatoire des marges, et de porter une véritable évaluation des pratiques commerciales et des prix et marges produit par produit, territoire par territoire, notamment sur la base d’études qui pourraient être confiées à l’INRA et à la DGCCRF, la remise en cause des dispositions des lois Chatel de 2007 et LME de 2008 et des orientations libérales de la PAC.

Le débat s’est ensuite orienté sur les politiques agricoles des collectivités territoriales. Eric Dubourgnoux, conseiller régional, est revenu sur les orientations de la politique régionale. Les agriculteurs et responsables syndicaux ont convenu de l’intérêt de définir à l’échelle territoriale des politiques qui orientent, qui aident à structurer les filières, qui agissent sur l’installation, et qui se fondent sur une participation constructive de l’ensemble des acteurs.
André CHASSAIGNE a conclu en assurant qu’il s’appuierait sur ce travail participatif dans le cadre de son travail parlementaire. Il a renouvelé sa satisfaction au regard de la qualité des interventions et du travail de coélaboration de propositions d’action concrètes en faveur du monde agricole.


Je contribue
La contribution

forum info modere